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Nationale

Un ex-policier condamné à mort pour avoir tué deux jeunes hommes

Un ex-policier condamné à mort pour avoir tué deux jeunes hommes

Après avoir commis un meurtre en 1999 sur un policier, une affaire qui n’a pas été élucidée et a été classée par la justice, B. Lotfi, 46 ans et lui-même policier jusqu’en 2005, date à laquelle il a été révoqué pour absences répétées et non justifiées, a été arrêté en janvier 2016 pour avoir assassiné son voisin, âgé à peine de 16 ans.

Les investigateurs de la brigade criminelle de la Sûreté d’Alger ont découvert, au cours de l’enquête préliminaire, que l’arme à feu Beretta 9 mm ayant servi au deuxième crime, appartenait finalement à la première victime assassinée en 1999.

Reconnu coupable d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, mis en cause a été condamné mercredi dernier à la peine capitale par le tribunal criminel d’Alger, que présidait magistralement le jeune juge Abdeslam Rachid.

Le coupable a tenté, tout au long de son passage à la barre, de faire croire aux membres du tribunal criminel, notamment au représentant du parquet général Lamari Mohamed, qu’il ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales au moment des faits.

L’accusé semblait ne se rappeler que des événements à son avantage et disait ne pas se souvenir lorsqu’il était interrogé sur des faits qui le culpabilisaient.

Il répondait à toutes les questions posées notamment par le président et le procureur par la négation : « Je ne sais pas monsieur le président. J’ai des difficultés pour me rappeler des faits monsieur le procureur. Je ne jouissais pas de toutes mes facultés mentales au moment des faits ! «

A titre d’exemple, il a déclaré au président en charge du dossier qu’il ne rappelait pas sur les principales causes qui l’ont poussé de mettre fin aux jours de ses proies mais par contre il se remémorait qu’il a été révoqué de la sureté nationale pour absences injustifiées !

La représentante de la partie civile constituée au profit de la famille du jeune assassiné, s’est longuement étalé sur les faits sans toutefois faire vivre l’assistance dans les moments du drame commis par le bourreau. Elle a demandé est ce que la peine soit lourde vu la gravité des faits reprochés au mis en cause que ce soit au cours de l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire.

Le procureur général a dressé un dur réquisitoire contre le mis en cause arguant qu’il ne mérite ni clémence ni indulgence du tribunal criminel : « L’inculpé que vous avez en face de vous monsieur le président, est un dangereux individu qui a commis l’irréparable en mettant fin aux jours de deux jeunes hommes dont n’avait que 16 ans pour des motifs qui ne tiennent pas debout. Il reproche à la première victime qui était sorti pour prendre de l’air de ne lui avoir pas rendu « Salam « . et à sa deuxième proie de l’avoir dérangeait ! « .

Le représentant du ministère public, a par ailleurs, affirmé que : « Le meurtrier veut esquiver à la peine criminelle en tentant de nous faire croire qu’il souffrait et souffre même actuellement de problèmes psychiatriques alors que les quatre expertises effectuées sur sa personne ont conclu qu’il est entièrement responsable de ses actes « .

Le même procureur, qui a requis la peine de mort contre A. Lotfi, a en outre tenu à souligner : « Le criminel, qui a été présenté devant les instances judiciaires au lendemain de son arrestation après avoir assassiné son voisin, a avoué son forfait sans hésitation aucune, tout en précisant la manière avec laquelle il a achevé sa victime « .

Coincé par le réquisitoire du procureur, l’avocat de la défense s’est contenté de demander l’application de l’article 53 bis du code pénal et l’article 592 du code de procédures pénales relatifs aux circonstances atténuantes.

Ces dernières n’ont pas été accordées par le président en charge du dossier, les deux conseillers et les deux membres du jury au cours des délibérations.

Le verdict a été applaudi par les parents et proches des deux victimes lesquelles ont insisté au cours de leurs interventions devant le président d’audience, très attentif d’ailleurs, sur les préjudices moraux causés suite à l’assassinat des leurs.

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