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Nationale

Un ex-député écope de 8 ans de prison pour espionnage

Un ex-député écope de 8 ans de prison pour espionnage

Il fournissait des informations sur l’état de santé du président de la République et sur le limogeage du général Toufik Médiene à des diplomates espagnols 
En faisant appel de la peine prononcée contre lui, ni l’inculpé, encore moins ses avocats n’ont douté un instant que le verdict allait passer de cinq à huit ans de prison.
Les yeux étaient braqués mercredi dernier vers la salle 4 de la cour de juridiction d’Alger où s’est déroulé le procès, après appel de Belkacemi Ahmed qui a occupé des postes de responsabilité au sein de plusieurs institutions d’Etat.
Le mis en cause, qui a occupé respectivement les postes de conseiller au ministère de l’Enseignement supérieur, conseiller au ministère de la Jeunesse et des Sports puis représentant de la jeunesse algérienne au niveau de l’Union africaine, a été reconnu coupable d’avoir fourni des informations d’ordre politique et sécuritaire à deux diplomates espagnols.
L’inculpé, qui est incarcéré à la prison d’El Harrach depuis 2016, a tenté par tous les moyens fallacieux d’esquiver les questions du président, faisant croire qu’il n’était pas conscient de la gravité de son acte.
Chose à laquelle le président Ammour Youcef lui rétorqua de cesser de se soustraire à ses responsabilités : « Dites la vérité ! Cessez de dribbler ! Répondez aux questions sans détours, c’est dans votre intérêt ! ».
L’incriminé, qui faisait partie d’un parti d’opposition, a fourni des informations importantes à deux diplomates espagnols, Pedro et Emilio, sur l’état de santé du président de la République Abdelaziz Bouteflika et sur ses déplacements à l’étranger pour se soigner, sur le décollage de l’avion qui transportait le président, sur les discours du vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP Gaïd Salah et sur le limogeage du général Toufik.
Cet ex-député à la retraite, qui continuait à percevoir un salaire mensuel de 24 millions de centimes, est également inculpé pour avoir envoyé par SMS la liste nominative des cadres de la Présidence de la République et la gestion interne des différents services de cette importante institution étatique.
Pis encore, il informait ses « amis » sur les opérations menées par les éléments de l’ANP dans la cadre de la lutte antiterroriste.
Il leur a cité à titre d’exemple l’opération de ratissage dans laquelle 215 terroristes ont été abattus par les services de sécurité dans plusieurs régions du pays, allant jusqu’à commenter que « le bilan était positif ! »
Lors de son passage à la barre, le mis en cause a nié tous les faits relatifs à l’espionnage et tenté de faire croire au président, qui ne l’entendait nullement de cette oreille, que « toutes les informations envoyées aux diplomates étaient déjà publiées dans Maghreb confidentiel ».
Le concerné perdra de sa ténacité lorsque le président l’interrompit : « Continuez votre phrase ! Pourquoi vous vous êtes arrêté là ? Vous dites ce qui vous arrange, n’est-ce pas ! »
Le 14 novembre 2016, Pedro vous a envoyé un message dans lequel il vous a dit : « Bonsoir mon ami, on a bien apprécié ton rapport ! »
Furieux, le président questionne : « De quel rapport s’agit-il »
Et l’accusé de répondre : « Je lui ai envoyé un rapport sur le Sahara occidental et le rôle que devait jouer l’Algérie ! »
A la question de savoir s’il percevait des salaires par rapport aux informations qu’il fournissait, il a déclaré : « Je percevais 250 euros par information ! ».
Appelée à la barre pour donner sa version des faits, l’ex-épouse du mis en cause a maintenu les mêmes déclarations faites au niveau notamment de l’instruction judiciaire : « Je ne pouvais pas rester bouche cousue. Il me faisait de fracassantes déclarations sur les relations douteuses qui le liaient aux attachés diplomatiques de l’ambassade d’Espagne. J’ai lu dans le Pc des rapports détaillés sur entre autres le président de la République, le limogeage du général Toufik et sur la lutte antiterroriste et que j’ai copiés sur une clef USB que j’ai remise par la suite aux éléments du DRS qui lui ont tendu une souricière ».
Le procureur général a requis la réclusion à vie contre le mis en cause, estimant que ce dernier est entièrement responsable des faits qui lui ont été reprochés, notamment en ce qui concerne celui de porter atteinte à la sécurité de l’Etat en fournissant à des étrangers des renseignements pouvant porter atteinte à la Défense nationale et l’Algérie.
Les avocats de la défense ont insisté subsidiairement sur la relaxe au bénéfice du doute, arguant que l’affaire a été bel et bien maquillée par l’ex-épouse de l’inculpé.
 

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