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Monde

Un Erythréen pris pour un Palestinien tué par des Juifs

Un Erythréen pris pour un Palestinien tué par des Juifs

Psychose en Israël. L’escalade des violences dans les Territoires palestiniens a coûté la vie à un Erythréen, pris par erreur pour un assaillant, brutalisé par une foule d’Israéliens avant d’être touché par les tirs d’un garde, dans un climat de peur et d’animosité grandissantes.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a réclamé lundi la fin des violences, exhortant les deux camps à « la retenue » et confirmant qu’il allait rencontrer dans les prochains jours le Premier ministre israélien Benjamin Netanhayu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

De son côté, Israël a commencé à ériger un mur de béton entre un quartier palestinien et un quartier juif d’Al-Qods-Est, la partie palestinienne de la ville sainte occupée depuis 1967. Ce mur, qui devrait faire 300 mètres de long, sera temporaire, amovible et uniquement destiné à parer les jets de pierres et d’engins incendiaires sur les juifs dans un secteur tendu, affirment les autorités israéliennes.

Mais il a immédiatement suscité les comparaisons avec l’imposante barrière de séparation dont Israël a entrepris la construction pendant la deuxième Intifada pour se protéger des attaques venues de la Cisjordanie occupée.

Devenue pour les Palestiniens l’un des symboles les plus détestés de l’occupation israélienne, ce « mur » a été condamné comme contraire au droit international par la Cour internationale de Justice de La Haye.
Les blocs de béton ont été mis en place à l’insu de Benyamin Netanyahu qui a ordonné qu’on suspende la prolongation du mur, rapportait la presse.

Le quotidien Yedioth Ahronoth, toujours critique du Premier ministre israélien, écrit cependant que le mur est emblématique de « l’hystérie » à laquelle cèdent les pouvoirs publics. 

Al-Qods-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat, et la Cisjordanie occupée sont en proie depuis le 1er octobre à une escalade qui fait craindre un nouveau soulèvement de grande ampleur. Les attentats commis par des individus isolés contre des soldats, des policiers ou des civils israéliens se sont multipliés y compris en Israël.

Dimanche soir, un homme a de nouveau semé la panique en entrant armé d’un pistolet et d’un couteau dans la gare routière de Beersheba (sud). Cet Arabe israélien de 21 ans, a tué un soldat de 19 ans, s’est emparé de son fusil M-16 et a tiré sans discrimination avant de tomber en martyr.

Dans la confusion, un agent de sécurité a ouvert le feu sur un Erythréen de 26 ans qui essayait de se mettre à l’abri et qu’il a pris pour un assaillant.

Des vidéos montrent ensuite celui qui semble être l’Erythréen allongé dans son sang et des témoins lui asséner des coups de pied dans la tête. Certaines personnes s’interposent. L’Erythréen a succombé plus tard à ses blessures.

La police israélienne considère comme « extrêmement grave » l’agression de cet homme qui ne représentait « aucun danger », a dit une porte-parole. Le commandant local de la police a ordonné qu’on retrouve ceux qui ont frappé l’Erythréen.

L’Erythréen est le premier abattu dans de telles circonstances en Israël depuis le début de la flambée de violences. A plusieurs reprises ont été rapportées des situations dans lesquelles des foules en colère cherchaient à se faire justice. Les appels à la haine réciproque se multiplient.

Les autorités peinent à contenir un mouvement essentiellement mené par des jeunes lassés de l’occupation israélienne et échappant à tout contrôle.

Sur le plan international, outre les futures rencontres de John Kerry avec les dirigeants israélien et palestinien, le Conseil de sécurité de l’ONU a commencé à examiner un projet français de déclaration, non contraignante, appelant à un retour au calme et au maintien des règles régissant l’ultra-sensible esplanade des Mosquées à Al-Qods-Est occupée.

L’une des idées avancées et attribuée par Israël à Paris est celle d’une présence internationale sur l’esplanade. Israël l’a rejetée et a convoqué l’ambassadeur français en Israël.

L’idée semble cependant condamnée, le secrétaire d’Etat américain ayant indiqué que les Etats-Unis « ne cherchent pas à ce que des parties extérieures » viennent sur l’esplanade. 

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