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Nationale

Un entrepreneur avide victime d’une escroquerie

Un entrepreneur avide victime d’une escroquerie

Deux escrocs notoires maliens appartenant à un réseau international d’escroquerie ont été interpellés, avant-hier, par les gendarmes d’Ouled Chebel (Alger) suite à une grosse affaire d’arnaque dont a été victime un entrepreneur algérien, rapporte la Gendarmerie nationale.

Cet Algérien a réceptionné, il y a quelque temps, une lettre recommandée envoyée depuis Bamako par une femme qui s’est présentée comme étant l’épouse d’un haut cadre de l’Etat malien, mort, selon la femme, il y a quelques semaines, explique la Gendarmerie nationale.

D’après l’enquête des gendarmes, la femme escroc a expliqué dans sa lettre qu’elle a hérité de 2 millions d’euros de son époux avant sa mort, et qu’elle a pu introduire cette somme en Algérie grâce à l’aide d’un diplomate africain qui travaille dans une ambassade à Alger.

Mais ne pouvant récupérer les 2 millions d’euros qui se trouvent dans cet ambassade, la fausse épouse du haut cadre malien a demandé l’aide de l’entrepreneur algérien en lui laissant le numéro de téléphone de son fils, le nommé M. I. qui, lui, est établi à Oran. En revanche, la Malienne a promis à l’entrepreneur sa part du gâteau au cas où il arrive à faire sortir les deux millions d’euros de l’ambassade.

C’est ainsi que l’entrepreneur a effectivement contacté au téléphone le « fils » de la femme escroc, lequel lui a confirmé l’histoire lors d’une petite conversation avant qu’un rendez-vous ne soit fixé à Alger. La rencontre entre les deux hommes devait avoir lieu dans la maison de l’entrepreneur, sise dans la commune d’Ouled Chebel, indique la gendarmerie.

Lors de ce face-à-face, l’entrepreneur a promis d’aider la famille malienne en lui faisant savoir qu’il est en mesure de faire sortir de l’ambassade la somme en euros, mais en contrepartie il a exigé une commission de 10% qui représente sa part du gâteau. Les deux hommes se sont mis d’accord et c’est le début de l’arnaque. Dans cet accord, l’entrepreneur devra faire parvenir une somme de 32 millions de centimes à un émissaire (diplomate) de l’ambassade d’un pays africain à Alger qui, avec cet argent, l’aidera à récupérer les 2 millions d’euros.

Le rendez-vous à Bab Ezzouar avec le faux diplomate malien

Le jour suivant, le jeune Malien a donné un second rendez-vous à l’entrepreneur, cette fois à Bab Ezzouar pour lui présenter l’émissaire africain qui travaille dans une ambassade.

C’est ainsi que l’entrepreneur a ramené avec lui la somme exigée et en contrepartie l’émissaire lui a livré une valise noire, dont elle devait contenir les 2 millions d’euros. En recevant la valise, l’entrepreneur a été sommé par ses arnaqueurs d’éviter de l’ouvrir. Ils lui ont fait savoir que l’argent qu’elle contenait était couvert d’un produit chimique qui pourrait abîmer les billets si le vent ou l’eau s’introduisaient à l’intérieur de la fameuse valise.

L’arnaque est flagrante, explique la Gendarmerie. L’entrepreneur a été escroqué. Il ne s’est pas rendu compte qu’il venait d’être victime d’une arnaque de pointe. Pis, l’entrepreneur a emmené la valise chez lui, et ce en compagnie du jeune Malien.

Ce dernier a informé l’entrepreneur de la nécessité d’acheter un liquide chimique pour pouvoir dégager le produit qui protège les billets, mais que ce liquide, qui coûte cher, est en vente uniquement dans les laboratoires à Oran. Pour convaincre sa victime, le Malien a expliqué qu’il connaissait une femme employée dans un labo à l’hôpital d’Oran et que cette dernière était en mesure de les aider à avoir cette potion à bas prix.

Et quel est le prix de ce liquide ? Selon les investigations menées par les gendarmes, l’entrepreneur a déboursé 500 millions de centimes pour acquérir ce produit. En effet, convaincu des dires de l’escroc, il s’est rapproché de ses amis pour collecter les 500 millions de centimes. Ainsi, il a remis la somme de 500 millions de centimes aux deux Maliens. Les jours ont passé, les deux Maliens n’ont pas donné signe de vie. Le doute commença alors à s’installer chez l’entrepreneur.

Dix jours après, les Maliens réapparaissent pour exiger une autre somme à l’Algérien. Cette fois, sentant le roussi dans cette affaire, il s’est rapproché des gendarmes d’Ouled Chebel pour déposer une plainte contre ses arnaqueurs qui, au total, lui ont subtilisé 532 millions de centimes pour une fausse histoire de deux millions d’euros. Les gendarmes, après des investigations menées à Alger et Oran (dans le cadre de l’extension d’expertise), ont pu interpeller les deux Maliens pour faux et usage de faux et escroquerie. Ils ont planifié le scénario avec la complicité de la fausse épouse du haut cadre malien qui, elle, réside dans un autre pays et non pas à Bamako.

Durant les investigations, les gendarmes ont découvert qu’il s’agit d’un réseau international qui sévit dans l’axe Alger-Oran et dont les activités se prolongent jusqu’à l’étranger. Les mis en cause ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Boufarik qui a ordonné leur mise en détention, conclut la Gendarmerie nationale.

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