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Nationale

Un désaveu au «travel warning»

Un désaveu au «travel warning»

« La politique américaine à deux vitesses est à considérer avec beaucoup de prudence », a dit un politologue. Les intérêts et les enjeux politiques d’abord et financiers ensuite ne sont pas à négliger dans beaucoup de cas.

Et la dernière note du Département d’Etat américain, datée du 13 décembre en cours, mettant en garde ses ressortissants contre des déplacements en Algérie, va justement dans ce sens.

Publié en ligne depuis 1998 sur son site, le Département d’Etat semble la mettre à jour chaque six mois de façon robotique sans même vérifier à nouveau les données sur la situation en Algérie.

L’amalgame entretenu autour de la sécurité des ressortissants américains dans le monde « fait vivre « . Il constitue une véritable manne financière. Les compagnies d’assurances -pour ne citer que celles-là- engrangent des sommes colossales du fait de la présence de ressortissants américains dans certains pays dits « insécurisés ».

Ainsi, une note a été publiée en fin de semaine par le Département d’Etat mettant en garde (pour la énième fois) les citoyens américains contre les déplacements dans « les régions reculées du sud et de l’est de l’Algérie « , ainsi que dans des parties isolées de « la région de la Kabylie « , en raison « d’une forte menace d’attentats terroristes et d’enlèvements « , est-il écrit.

Le dernier avertissement émis par le même département concernant les déplacements des Américains en Algérie date du 1er mars dernier.

En plus des régions montagneuses de la Kabylie où il est précisé que la menace d’attentats terroristes ou encore d’enlèvements n’est pas écartés, le document met en garde les ressortissants américains précisément contre les déplacements dans les régions reculées de l’extrême Est ou encore du Sud où l’instabilité des pays frontaliers reste de mise et semble avoir préoccupé en premier lieu les rédacteurs américains de la mise en garde.

La mise en garde omet de préciser avec clarté que toutes les villes algériennes sont sures. Un avertissement qui n’a pas laissé indifférents les services du ministère des Affaires étrangères lesquels ont aussitôt réagi, qualifiant cette mise en garde de « prismes déformants et de clichés désuets ne reflétant pas la réalité « .

Dans un communiqué publié jeudi, le département de Ramtane Lamamra précise que cette mise en garde « traduit, comme à l’accoutumée, la propension de ses rédacteurs à percevoir la situation en Algérie à travers des prismes déformants et des clichés désuets qui ne reflètent en rien la réalité de la situation sécuritaire en Algérie « .

Il rappelle dans ce contexte que « la sécurité de l’Algérie est structurellement et durablement établie grâce à la politique de réconciliation nationale prônée par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, et au lourd tribut que l’Algérie a payé pour défaire le terrorisme, ainsi qu’à la mobilisation et à la vigilance de tous les instants dont continuent de faire preuve l’Armée nationale populaire et les corps de sécurité sur toute l’étendue du territoire national « . Plus d’indemnités de risque

Des sources diplomatiques basées à Alger ont fait savoir que le Département d’Etat américain a récemment supprimé la prime de risque réservée aux diplomates américains en poste à Alger. Ainsi, les rémunérations des diplomates et autres conseillers en poste dans la capitale algérienne n’incluent plus la prime relative au risque qu’encourent les représentants des Etats-Unis durant leur présence sur le sol algérien.

Une prime que les conseillers à la sécurité de la Maison-Blanche semblaient avoir remis en cause dans la mesure où tous les voyants étaient au vert et classaient -contrairement à la note du Travel warning – l’Algérie comme un pays sûr du point de vue sécuritaire.

Et qu’il était donc inutile de verser au personnel en poste dans les bâtisses américaines à Hydra et ailleurs une indemnité liée au risque encouru in situ et qui se « situerait entre 20 et 40% « , à en croire la même source. Ce qui, de prime abord, aurait même déplu au personnel et forcément aux compagnies se nourrissant de ce risque.

Autre témoignage, celui souligné récemment par le sous-directeur et porte-parole du Bureau presse et diplomatie pour le Proche-Orient au département d’Etat, Paul Watzlavick. Le responsable avait séjourné au début du mois en cours à Alger où il a rencontré, entre autres, des journalistes à l’ambassade américaine.

Il avait clairement dit que « l’Algérie n’est pas une zone dangereuse mais au contraire elle contribue, grâce à sa politique de réconciliation nationale, dans la stabilité et la sécurité de la région ». Watzlavick avait relevé que tout en faisant face à « des problèmes économiques, l’Algérie a préservé sa sécurité et sa stabilité, devenue de surcroît un partenaire incontournable pour Washington, dans la lutte contre le terrorisme ».

Ce qui de prime abord signifierait que les Etats-Unis, dont le combat contre le terrorisme a été aligné depuis plusieurs années -du moins depuis les attentats du 11 septembre 2001- entre autres sur la vision d’Alger, considèrent que le plus grand pays d’Afrique ne constitue nullement une menace pour la stabilité de la région.

Au moment où des observateurs avisés n’écartent pas aussi que ces mises en garde, qui s’apparentent plus à du « réchauffé », constituent une stratégie visant à faire un clin d’œil au voisin de l’Ouest.

La région sud du pays notamment, très prisée en pareille période par les touristes, n’arrange pas toujours les affaires des barrons occidentaux du secteur dont le business florissant sur la rive nord-est africaine de l’Atlantique est un secret de Polichinelle.
Dans la note du Travel warning, les ressortissant américains ont invité à éviter les voyages terrestres à travers le Sahara algérien ou encore de passer la nuit à l’extérieur des principales villes et des lieux touristiques.

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