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Nationale

Un demandeur d’asile algérien en Irlande interdit d’université

Un demandeur d’asile algérien en Irlande interdit d’université
Un avenir suspendu à une carte de séjour

Elève brillant au lycée, Arezki Yachir, un jeune algérien de 18 ans, établi en Ireland du Nord, a été interdit d’accès à l’université  faute de pouvoir régulariser sa situation et bénéficier de bourses d’études.

Sorti du lycée avec une moyenne qui lui a ouvert la voie à des offres de plusieurs universités, Arezki voulait intégrer la prestigieuse Queen’s University de Belfast pour un cursus en criminologie. L’université avait accepté de l’inscrire pour entamer sa scolarité le 21 septembre, a fait savoir ce samedi 19 septembre un membre de sa famille contacté par le Jeune Indépendant.
Or, le ministère de l’éducation  l’informa qu’il n’était pas éligible pour une bourse ou une aide  devant couvrir ses frais de scolarité compte tenu du fait que sa situation dans le pays n’était pas légale. Seuls les demandeurs d’asile ou refugiés en situation régulière bénéficient de l’aide du gouvernement pour la durée de leur scolarité.

Vivant avec ses parents dans le Nord de Belfast, Arezki a fait sa scolarité en Irlande du Nord depuis 2014 au Blessed Trinity College.
Il s’est vu signifier par le ministère de l’intérieur de quitter le pays lorsqu’il a atteint ses 18 ans. Arezki dont les parents se sont installés en Irlande du Nord vers la fin 2013 a saisi le tribunal de l’immigration pour faire appel contre cette décision. L’affaire est en examen mais le jeune algérien risque la détention entre temps, a indiqué sa famille.
Selon des médias locaux, son père avait fui l’Algérie lorsqu’il a reçu des menaces de mort s’il ne fermait pas sa boutique de boissons alcoolisées.

« J’ai vécu ici depuis mon enfance, j’ai pu réaliser une excellente scolarité grâce à de merveilleux enseignants, mais le fait de ne pas pouvoir rejoindre l’université jusqu’à ce que j’obtienne une résidence ou une carte de séjour est traumatisant pour moi », a affirmé le jeune Arezki au micro de la BBC.
« Au mon arrivée ici, je ne parlais pas un traitre mot d’anglais mais j’ai pu petit-à-petit faire mon chemin pour terminer le collège avec des A (NDLR : soit la plus haute note dans le système britannique) et mon GCSE (General Certificate of Secondary Education (équivalent du BAC) avec les mêmes moyennes», a-t-il ajouté, soulignant qu’en dépit des offres reçues de plusieurs universités, il a opté pour la Queen’s university en raison de son excellente réputation et son classement dans le monde.

« Je ne reproche pas au ministère de l’éducation de ne pas pouvoir m’aider car en tant que personne sans papiers il ne peut couvrir ma scolarité », a-t-il encore dit.
Ce qui a compliqué sa situation est la fermeture des tribunaux en raison de la Covid-19 pour que son cas soit examiné dans les meilleurs délais.

Un député du Sinn Féin, John Finucane, a  pris son affaire en main et a plaidé en faveur de sa régularisation, qualifiant d’«inacceptable la décision du ministère de l’intérieur de compromettre l’avenir d’un brillant demandeur d’asile en détresse, capable de servir à l’avenir le pays ».
Un avocat lui a été désigné par le parti pour plaider sa cause devant les juridictions locales.


Le député John Finucane

Aux dernières nouvelles, un homme d’affaires irlandais, qui a préféré gardé l’anonymat, a offert de payer sa première année de scolarité à l’Université.
Par ailleurs, un mouvement de solidarité s’est constitué pour venir en aide au jeune algérien.
Une page Facebook a été ouverte pour amener les bienfaiteurs à l’aider et à collecter l’argent nécessaire à son inscription, ce qui constituera une assurance contre son éventuelle expulsion du pays.

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