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Nationale

Un crime d’Etat prémédité

Un crime d’Etat prémédité

La médiathèque Abane-Ramdane relevant de la wilaya d’Alger a abrité hier une remarquable conférence donnée par le Dr Ameur Rekheila sur les massacres du 8 mars 1945. Historien chercheur, le Dr Rekheila, auteur d’un ouvrage sur le même sujet, a mis en lumière l’atrocité de cette horrible tragédie, la situant
dans la longue et terrifiante chaîne de répression menée par le colonialisme contre le peuple algérien.

Ainsi, pour le Dr Ameur Rekheila, cette odieuse épreuve du 8 mai 1945 infligée au peuple algérien appartient à la série des châtiments que le colonialisme n’a cessé d’infliger en réponse à toute contestation ou velléité de résistance depuis son invasion en 1830.

« Les massacres du 8 mai 1945 ont cependant un autre dérivatif débouchant sur le caractère prémédité de cette opération », martèle le conférencier en déclarant, plus explicite : « C’est un crime d’Etat prémédité ».

Il argumente en faisant savoir que dès le mois d’avril 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale n’avait pas encore pris fin, la France coloniale a envoyé des dizaines de milliers de soldats à Alger, dans le Constantinois, dans l’Oranie et même dans le Sud algérien, suite aux intentions du Mouvement national algérien d’organiser des manifestations.

« L’aviation y a pris part avec pas moins de vingt-huit appareils », précise-t-il, en relatant que si ces massacres ont débuté le 8 mai, cette boucherie s’est prolongée jusqu’à la fin du mois d’août.
Pour lui, le nombre de victimes était de 60 000 selon les Américains, de 90 000 dénombrés par les Oulémas et de 45 000 d’après le Parti du peuple algérien.

« Ce denier nombre est largement dépassé, car les populations ont fui dans les montagnes, il y a eu 18 000 martyrs uniquement à Kherrata. Des études et des recherches sont menées actuellement pour recenser les victimes de ces massacres.

Le public a été nombreux à suivre cette conférence. On notait la présence de moudjahidine à l’instar de Badis Omar, de Ouacef, secrétaire général de la kasma de l’Arbatache, de chercheurs en histoire comme Hamid Rabia, Omar Chalabi, expert en histoire de

La Casbah et préparant un ouvrage sur le soufisme. On notait également, à l’initiative de la responsable de la médiathèque Abane-Ramdane, Malika Nalouf, un grand nombre de collégiens et de lycéens.

Ce jeune auditoire a assisté ainsi en direct à un cours d’histoire très instructif qui lui restera profondément en mémoire et sera le garant de la connaissance de l’histoire de notre pays pour les générations futures.

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