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Nationale

Un Conseil des ministres sans la révision de la constitution

Un Conseil des ministres sans la révision de la constitution

Depuis quelques jours, des informations de presse font état de la tenue le 27 août prochain d’un Conseil des ministres, avec pour ordre du jour des dossiers concernant la rentrée sociale et scolaire. C’est ainsi que des médias nationaux affirment que ce Conseil sera réservé uniquement aux affaires touchant à la rentrée scolaire, d’autant que des syndicats des travailleurs, au nombre d’une dizaine, attendent de pied ferme la concrétisation des promesses faites par la ministre.

On affirme, d’autre part, que le Conseil des ministres sera l’occasion propice pour le Chef de l’Etat de mettre en œuvre des recommandations et des instructions, notamment dans les volets sociaux. Le gouvernement attend le quitus du président Abdelaziz Bouteflika pour lancer des chantiers de réformes ou appliquer un nouveau programme, ainsi que son approbation dans le dialogue timide que certains membres du gouvernement de Abdelmalek Sellal tentent d’y instaurer avec des partenaires sociaux.

Pour ces médias, le Conseil des ministres devrait également évoquer l’avant-projet de la loi de Finances 2015, dont certains dispositifs soulèvent déjà de grosses polémiques et des interrogations, notamment au sujet des baisses d’impôts pour des activités des sociétés d’importations et la hausse des taxes pour des entreprises de production locales. En fait, pour les observateurs, ce Conseil sera exclusivement social ou économique, d’autant que des dossiers lourds font l’actualité ces derniers temps, comme les scandales de la propagation de la fièvre aphteuse, les politiques hâtives des relogements et la hausse vertigineuse des produits alimentaires, notamment dans les circuits des fruits et légumes.

Le plus surprenant dans la diffusion de ces informations, c’est l’absence de toute référence sur la révision de la Constitution, alors que le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, avait promis dès la fin de ces consultations le 8 juillet dernier, qu’il rédigera un rapport de synthèse sur ces rencontres avec quelques 144 personnalités entamées en juin dernier avant de le déposer sur le bureau du président de la République. Ce rapport de synthèse devrait contenir les propositions majeures que partagent la majorité des partenaires politiques, des chefs syndicalistes ou des acteurs de la société civile sur la révision de la Loi fondamentale, notamment au sujet des articles liés à la durée des mandats, aux fonctionnements des institutions, aux prérogatives du chef du gouvernement, ainsi qu’à l’élargissement des attributions et des missions d’autres institutions comme le parlement avec ses deux Chambres ou des organes de contrôle, comme la Cour des comptes.

Surprenant, dans le sens, où le chef de l’Etat avait promis dès son investiture controversé d’ouvrir ce chantier d’importance qu’il ne cesse de brandir depuis son premier mandat en 1999. Il fera vite en lançant ses consultations sous la houlette d’Ouyahia, presque en parallèle avec les démarches de l’opposition. Alors que les observateurs et des milieux politiques pensaient que l’affaire sera bouclée dès le mois de septembre, voilà qu’Ouyahia se met à ralentir la cadence en déclarant qu’il mettra plus d’un mois et demi pour faire sa synthèse.

D’autres sources pensent bien que Bouteflika devrait « ralentir » davantage la mission d’Ouyahia. Ces sources font état déjà d’une nouvelle instruction du chef de l’Etat adressée à son chef de cabinet, afin de poursuivre ses contacts et d’approfondir ses consultations avec des partenaires politiques et sociaux. Tout le monde sait que Ouyahia n’a pas pu convaincre plusieurs personnalités et partis politiques d’envergure de participer à ses consultations, comme Mouloud Hamrouche, Ali Benflis ou les membres de la coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique.

Le refus de ces pôles politiques signifie, aux yeux de Bouteflika, un échec de son ambitieux projet de « pondre » une Constitution consensuelle. D’où sa volonté à reconduire la mission de son chef de cabinet afin qu’il poursuit son dialogue directement ou indirectement avec l’opposition.

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