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Culture

Un auteur prolifique et exceptionnel

Un auteur prolifique  et exceptionnel

Décédé ce mardi 30 août à Paris, à l’âge de 76 ans, l’écrivain et psychanalyste algérien Nabil Farès sera inhumé samedi à Marseille dans le Sud de la France.

Plus qu’un écrivain, anthropologue et psychanalyste, Nabil le fils d’Abderrahmane Farès, président de l’Exécutif provisoire algérien en 1962, est une référence aussi bien pour ses pairs que pour les universitaires (étudiants et enseignants) de la faculté des lettres, de la sociologie et de la psychanalyse.

Son décès, dans un hôpital parisien selon l’éditeur Ramdane Achab, nous rappelle qu’il est l’un des auteurs algériens des plus prolifiques. Ses premiers romans, la trilogie la Découverte du Nouveau monde : Yahia, pas de chance (traduit en tamazight par Achab Ramdane), Un passager de l’Occident, Le Champ des oliviers, Mémoire de l’absent, paraissent à l’édition Seuil entre 1970 et 1974.

Des œuvres qui le propulsent vers une carrière reconnue d’écrivain exceptionnel à dimension maghrébine, mais universelle aussi. A en croire Nourredine Saadi (ouvrage collectif La littérature maghrébine de langue française, sous la direction de Charles Bonn, Naget Khadda et Abdallah Mdarhri-Alaoui, Paris, EDICEF-AUPELF, 1996), « s’il fallait approcher Nabile Farès par le raccourci, s’imposeraient de l’écrivain et de son œuvre des cycles enlacés autour des thèmes du déplacement, de la migration, des exils et des ruptures ».

Ce qui est fort juste en raison de son parcours individuel et d’auteur. Toujours selon l’écrivain N. Saadi, l’une des singularités de Farès est qu’il « participe activement aux bruits de fond de la littérature maghrébine.

L’appartenance culturelle ne tient pas lieu d’une nationalité de l’auteur ou de quelque ordre normatif. Le Maghreb est l’espace référentiel de l’œuvre qui constitue selon l’auteur sa géo-graphie : « mot, terme qui a défini un territoire, une langue, une histoire, une métaphore de sens, de la raison, du solaire, de l’éclipse, de l’ obscur, de la lumière, de l’ impensé ».

Un des autres aspects de la maghrébinité littéraire de Farès : elle « s’inscrit dans un projet de littérature ouvrant à l’universel sa propre historicité ». Nabil Farès restera à jamais marqué par la colonisation et la guerre de libération nationale, lui qui a participé aux grèves des lycéens de 1956 avant rejoindre les rangs du Front de libération nationale.

Après l’indépendance nationale, il s’installe en France où il poursuit ses études, il devient alors maître de conférences en littératures comparées à l’université Grenoble III. Avec l’Histoire, la mémoire, l’enfance, la féminité…, l’exil devient l’un des leitmotivs dominants de ses œuvres.

Poète et dramaturge également, il offrira en 2011 Il était une fois, l’Algérie/Conte roman fantastique dans lequel il se demande comment « maintenir la vie contre les gouffres, les envies de nuire, de tuer, mourir, être autrement, quitter la haine, celle de soi, des autres, du monde, de la terre entière ». Un ouvrage sur l’Algérie incarnée par une enseignante de français enlevée par les islamistes. 

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