-- -- -- / -- -- --
Nationale

Un ancien chef de la diplomatie marocaine recadré Pour s’être exprimé sur la situation en Algérie

Un ancien chef de la diplomatie marocaine recadré Pour s’être exprimé sur la situation en Algérie

Le palais royal a sèchement recadré dimanche le président de la Confédération générale des entrepreneurs du Maroc (CGEM), Salaheddine Mezouar, un ancien ministre des Finances et des Affaires étrangères. Mais, surtout, il était, avant son élection à la CGEM, le président du parti « Rassemblement national des indépendants », une des formations politiques influentes dans l’échiquier politique marocain, avec 40 sièges au Parlement. Son intervention dimanche à Marrakech à l’occasion d’une conférence de la World Policy Conference, sur la situation en Algérie, a été mal interprétée par le gouvernement marocain et par le palais royal, qui y ont vu une ingérence dans les affaires internes de l’Algérie.

Salah Eddine Mezouar avait lors de son intervention d’abord salué le « mouvement pacifique » que connaît l’Algérie, puis estimé que « l’armée au pouvoir se devait de composer avec le peuple pour ouvrir la voie à la démocratisation du pays ». Il poursuit : « Les mutations majeures et structurelles que connaît le Maghreb sont porteuses d’espoir », avant de faire remarquer que « les transformations politiques et socio-économiques que vit actuellement la région du Maghreb témoignent de sa prise de conscience de son rôle central et de son importance en tant que levier de croissance et acteur de changement ». Suffisant pour recevoir une bonne volée de bois du département des Affaires étrangères dirigé par Nacer Bourita. « Le gouvernement (…) dénonce la démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie de M. Salaheddine Mezouar, qui a cru devoir commenter la situation interne en Algérie », précise le ministère des Affaires étrangères marocain, qui a précisé que la déclaration de Mezouar « a soulevé des questionnements au niveau de la classe politique et de l’opinion publique quant à son timing et ses véritables motivations ».

Pour ce ministère, la CGEM « ne peut se substituer au gouvernement dans la prise de positions sur les questions internationales et notamment le développement dans ce pays voisin », et a expliqué que la position du royaume du Maroc à ce sujet est “claire et constante”. “Le royaume du Maroc a, en effet, décidé de s’en tenir à une attitude de non-ingérence par rapport aux développements en Algérie. Le Maroc s’abstient de tout commentaire à ce sujet. Il n’a ni à se mêler des développements internes que connaît ce pays voisin ni à les commenter de quelque manière que ce soit”, souligne le communiqué. Tout de suite après la réaction officielle marocaine, cet ancien chef de file du RNI, un parti de cadres supérieurs fondé en 1978 par Osman, sous l’instigation de Hassan II pour casser les partis de la gauche marocaine, notamment l’USFP, et morceler les voix des électeurs pour qu’il n’y ait jamais de majorité absolue au Parlement, avait démissionné de la CGEM.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email