Ukraine : Les rappels nécessaires de Lavrov – Le Jeune Indépendant
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Ukraine : Les rappels nécessaires de Lavrov

Ukraine : Les rappels nécessaires de Lavrov
Russian Foreign Minister Sergei Lavrov attends a joint press conference with International Committee of the Red Cross (ICRC) President following their talks in Moscow on March 24, 2022. (Photo by Kirill KUDRYAVTSEV / POOL / AFP)

Sergueï Lavrov met les points sur les I. Aux détracteurs de la fédération de Russie, il apporte les éclairages nécessaires et oppose les vérités qui contredisent tout le narratif occidental à propos de l’Ukraine.

Démystifiant le discours pro-ukrainien tenu par les puissances atlantistes et celles de l’Occident intégral, le chef de la diplomatie russe explique que ce discours part du postulat russophobe pour établir un argumentaire pseudo-pro-ukrainien.

Tout le monde se souvient de la vague hystérique qui a suivi le début de l’opération spéciale russe en Ukraine. Des monuments de la culture universelle ont été jetés aux orties pour la simple raison qu’ils sont russes. Ainsi, explique Lavrov, « la stratégie occidentale se basait sur le principe de l’isolement total de la Russie. La plupart des actions entreprises par l’Occident depuis le début de l’opération militaire spéciale russe ont été élaborées dans l’esprit d’un ultimatum lancé à Moscou sur tous les axes, y compris en ce qui concerne le règlement du conflit en Ukraine ».

Ce complexe de supériorité occidental antirusse a contribué au blocage de toutes les tentatives de médiations dans le conflit, notamment celle des Turcs. Même le plan présenté initialement par Zelensky quelques jours après le début de l’opération spéciale russe, le 24 février 2022, a été bloqué et refusé par le Premier ministre britannique de l’époque, Boris Johnson. C’est dire la grande liberté qu’ont pris les Occidentaux dans le traitement de la partie ukrainienne, la considérant comme inféodée aux ordres de l’Occident intégral.

Revenant sur la bonne foi de la Russie dans la question ukrainienne, Sergueï Lavrov a précisé que Moscou ne mène de « négociations clandestines » avec personne sur la situation en Ukraine, c’est l’Occident qui refuse d’organiser des entretiens sur une base équitable. Pis, le chef de la diplomatie russe a rappelé que « si l’accord du 20 février 2014 avait été mis en œuvre et qu’un gouvernement d’unité nationale avait été créé, l’Ukraine se serait retrouvée dans les frontières de 1991 ».

C’est pour ça que « les propositions de paix de Vladimir Poutine sont le résultat d’une analyse sobre et constructive de la situation actuelle » a martelé Lavrov qui balaye d’un revers de main les tentatives de sponsorisation du président Zelensky dont le mandat a pris fin légalement il y a plusieurs semaines, mais qui refuse d’organiser des élections présidentielles. Revenant sur la conférence dite de paix de Bürgenstock en Suisse, les 15 et 16 juin dernier, le ministre russe des Affaires étrangères a estimé que l’objectif définitif n’était pas de baliser les chemins de la paix, mais surtout de « prendre une photo de famille avec le maximum de personnes posant ».

Et battant en brèche le complexe de supériorité occidental, Sergueï Lavrov a tenu à rappeler que Moscou n’est pas aux abois pour quémander une paix à minima ou un armistice avec Kiev et ses sponsors atlantistes, bien au contraire. « Si quelqu’un pense que lorsque nous serons invités à la deuxième séance, nous y courrons immédiatement, il se trompe. Nous sommes prêts à parler uniquement sur un pied d’égalité », a-t-il précisé. Ici, le propos s’adresse plutôt aux zélés d’Europe et des Etats-Unis qui comptent faire gagner la guerre à l’Ukraine jusqu’au dernier Ukrainien.

Et comme pour préciser davantage son idée, le chef de la diplomatie russe, rajoute : « si, à un moment donné, nos voisins occidentaux reconsidèrent leur politique sans issue, nous serons prêts à les écouter ». En décrypté, cessez d’armer un Etat moribond et arrêtez de le pousser à des actes de terrorisme sur le sol russe, et là, le dialogue sera possible. Autrement dit, c’est l’Occident intégral qui refuse le dialogue en ayant recours à des actions à la limite du terrorisme.

C’est pour cela que la Russie offre deux options à la Biélorussie et à tous ses voisins. A l’initiative de l’Union Russie-Biélorussie, Moscou précise par la voix de Lavrov que « les armes nucléaires tactiques russes déployées en Biélorussie sont un moyen sûr de protéger les frontières occidentales » de cet espace en construction. Aussi, les Russes entendent lancer une « initiative sur le système de sécurité eurasiatique ». Celle-ci concerne, selon Lavrov, « tous les pays du continent qui souhaitent étudier les perspectives d’un système équitable sans aucune ingérence extérieure et sans écouter les voix d’outre-Atlantique ».

C’est justement cette architecture qui intéresse davantage les Russes. D’ailleurs, sur le plan des échanges économiques, 92% des paiements avec la Biélorussie se font en monnaies nationales, 90% avec la Chine et plus de la moitié avec l’Inde, rappelle Sergueï Lavrov. C’est donc une Russie résolument tournée vers l’avenir qui marque son empreinte et qui dit à un Occident intégral atteint de cécité stratégique que la paix est un cheminement qui vient à travers le dialogue et non pas par les armes et les sanctions.

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