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Tunisie: un juriste pour engager le dialogue national

Tunisie: un juriste pour engager le dialogue national
Sadok reçu par Kais Said

Le président tunisien Kaïs Saïed a nommé le professeur de droit constitutionnel, Sadok Belaid, en tant que président coordinateur du comité consultatif pour la nouvelle République avec pour mission notamment d’engager les reformes devant conduire à la refondation des institutions y compris le parlement dissous, auparavant  dominé par le parti Ennahda.

Sadok Belaid avait été invité le 20 mai au palais présidentiel où il a eu une entrevue avec Kaïs Saïed, indique un communiqué de Carthage. A la même date était publié au Journal Officiel tunisien, un décret présidentiel détaillant la composition de ce comité qui sera formé de trois commissions : Une commission consultative des affaires sociales et économique. Une commission consultative juridique et une commission du dialogue national.

La première commission sera présidée par le bâtonnier de l’ordre national des avocats de Tunisie et aura pour membres des représentants des principaux syndicats nationaux (UGTT….) et de ceux de l’Union nationale des la femme tunisienne et de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.

La commission consultative juridique regroupera les doyens des Facultés de droits, de sciences juridiques et politiques et elle aura pour mission de travailler sur une éventuelle réforme de la constitution et du code des élections. La commission du dialogue national qui regroupe les membres des deux autres commissions, sera en charge des contacts avec les partis politiques et des organisations représentatives nationales. Elle aura comme mission de soumettre au président tunisien un rapport final avant le 20 juin prochain.

Jeudi dernier, le chef de l’Etat tunisien s’était engagé hier lors d’une entrevue avec le président de l’ISIE, Farouk Bouaskar, à aplanir les difficultés, en vue d’assurer la tenue du référendum dans les meilleures conditions.

Dans une allocution prononcée à l’ouverture du Conseil des ministres, le président de la république a dit « s’appuyer sur la profondeur populaire pour passer d’une constitution qui allait conduire à l’implosion de l’Etat, à une constitution traduisant véritablement la volonté populaire ».

Saïed a promis « une nouvelle république reposant sur des fondements solides, garantissant l’unité de l’Etat, sa pérennité, et les droits des Tunisiens à une vie décente ».

La démarche du président essuie des tirs groupés de la part de l’opposition qui reproche une conduite des affaires aux antipodes des valeurs constitutionnelles.

Dimanche dernier, des centaines de tunisiens ont manifesté dans la capitale pour dénoncer “les agissements du président Kaïs Saied”, qui gouverne et légifère par décrets depuis près d’un an. Les manifestants à ce rassemblement initié par la nouvelle alliance politique “Front de salut national”, ont demandé un retour à la démocratie et le respect de la Constitution.

Le Front de Salut national regroupe déjà cinq partis politiques, dont le parti islamiste Ennahdha ainsi que plusieurs organisations de la société civile tunisienne. Fondé le 26 avril dernier, le groupe souhaite “sauver” la Tunisie de la crise profonde qui a suivi la prise de pouvoir de Kaïs Saied.

Qui est Sadok Belaïd ?
Né en 1939, il est professeur de droit et il a été à la tête de nombreuses institutions internationales dans le domaine juridique . En 2011, il devient membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique et planche sur le projet de nouvelle constitution tunisienne. Connu pour être proche du président Béji Caïd Essebsi, il s’est illustré par des position hostiles envers le parti Ennahdha.

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