Tunisie : L’UGTT boycotte le dialogue national de Kaïs Saïed – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Tunisie : L’UGTT boycotte le dialogue national de Kaïs Saïed

Tunisie : L’UGTT boycotte le dialogue national de Kaïs Saïed

La centrale syndicale tunisienne, la plus puissante organisation des travailleurs dans le pays, ne participera pas au dialogue national initié par le Président Kaïs Saïed en vue de refonder l’Etat et ses institutions. C’est ce qu’ont annoncé ce lundi ses représentants à l‘issue d’une réunion de l’instance dirigeante du syndicat.

Selon un communiqué de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) « le dialogue proposé (NDLR: le chef de l’Etat) ne répond pas aux attentes des forces nationales pour mettre en place un processus patriotique permettant de sortir de la crise ».

Ainsi, l’organisation syndicale a lancé un appel à la grève générale, motivé par la perspective de remettre au centre du débat la crise économique qui n’a pas été évoquée lors des récentes sorties de Kaïs Saïed, concentré sur le contenu politique de son agenda de transition.

Pour le moment aucune date ni durée de la grève n’ont été fixées par le comité administratif de l’UGTT. Des sources syndicales contactées par le Jeune Indépendant ont affirmé que ce mouvement de grève aura lieu avant les vacances scolaires, probablement au mois de juin.

Sami Tahri, le Secrétaire général adjoint et porte-parole de la centrale syndicale a souligné le refus de l’UGTT à tout retour vers la situation d’avant le 25 juillet 2021.

« Nous barrerons la route à tous ceux appelant au chaos et à l’ingérence étrangères sous-prétexte de défendre la démocratie à laquelle ils ont tant porté atteinte en exploitant les institutions de l’Etat », a-t-il déclaré en lisant un communiqué officiel de l’Instance administrative de l’UGTT.

D’après Mosaïque FM, le bureau exécutif de centrale syndicale aura la tâche de choisir les dates de la grève et de les annoncer lors de la conférence de presse qui se tiendra mercredi prochain à Tunis, tout en expliquant à l’opinion publique, à travers un communiqué, les situations économique, sociale et politique.

Point positif pour la démarche présidentielle, l’autre invité de marque du Président, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a fait savoir ce lundi qu’elle prendra part au Dialogue national.
La LTDH pose une seule condition celle de « rejoindre le Comité juridique de la Commission consultative, une des instances créés vendredi dernier pour assurer la réécriture de la constitution et de la loi électorale.

Il est à rappeler que l’UGTT et la LTDH sont lauréats du Prix Nobel de la paix 2015, pour leur rôle joué dans la transition post-Révolution de janvier 2012.

L’UGTT avait proposé en septembre dernier, un plan de sortie de crise qui rétablirait le fonctionnement normal des institutions publiques.

L’organisation avait proposé notamment la formation d’un mini-gouvernement composé de compétences non concernées par les prochaines élections. Ce gouvernement restreint devra être formé en concertation entre la Présidence de la République et les organisations nationales.

Dans le domaine de la lutte contre la corruption, l’UGTT appelle au développement d’une approche visant à cibler la corruption à tous les niveaux. Le document comprend également des propositions pour lutter contre l’évasion fiscale et le commerce parallèle.

Par ailleurs, Kaïs Saïed attend une réponse du syndicat du patronat l’UTICA s’agissant de la participation au dialogue national.

La Tunisie et son Président, font face à une crise politique inédite suite au gel, le 25 juillet 2021 des activités du parlement tunisien, puis sa dissolution le 31 mars dernier. S’en suivra aussi la dissolution du haut conseil de la magistrature et une prise en main de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) par le Président.

L’objectif de ce dernier est de mettre en place un agenda de transition, qui a débuté par une consultation populaire sous la forme d’un sondage sur Internet, puis par un projet de révision de la Constitution et des mécanismes électoraux, validés par un référendum qui devrait, en principe, être organisé le 25 juillet prochain, pour être parachevé par des législatives qui devraient être organisées avant la fin de l’année 2022.

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