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Op-Ed

Tunisie, le wait and see !

Au lendemain des élections tunisiennes, considérées unanimement comme une réussite démocratique pour nos frères et voisins, les titres de presse épuisent tous les stocks de pommade. On n’en finit pas sur les Unes de presse qui ont font le sujet de l’heure. La démocratie aura longue vie sur la planète de l’homme.

Un Algérien ose même le « Nous sommes jaloux de la Tunisie ». Toujours est-il que le « papelard » qui a opté pour une titraille aussi « moralisatrice » comme « La Tunisie montre la voie » reste le plus intriguant.

Bien entendu, et comme de circonstance le canard est français, la culture moralisatrice est française et l’activisme direct dépassant le cadre de l’information est aussi français. Ce n’est pas le plus étrange. Une méthodologie française dans le journalisme. Ce qui l’est, étrange, par contre, dans ce titre, c’est le sous-entendu du sens qui ne dit pas de façon assumée à qui la Tunisie montrerait la voie.

Nos frères tunisiens ne peuvent pas montrer la voie aux Arabes en guerre programmée. Faut qu’ils cessent de faire et de se faire bataille de sang avant pour chercher une quelconque voie qui alimente leur veine de paix.

A ceux-là, la Tunisie ne peut pas donner l’exemple, car nos frères tunisiens sont passés par les sentiers du sang et du feu. Feu Bouazizi est le premier révolté immolé sur l’autel des printemps arabes. Aussi, les images scandaleuses du jeune tunisien décapité par les salafistes pour s’être converti au christianisme ou pour apostasie est l’autre preuve qui nous révèle la réalité de la société tunisienne couvant intelligemment en son sein un foyer dormant de violence qui ne va certainement pas faire dans la tolérance des urnes une fois que l’étau sur le mouvement international des frères musulmans se desserre un peu.

L’alerte est générale. Il ne faut certainement pas oublier que c’est Ghenouchi, lui-même, qui a tenté de persuader Morsi de se retirer du pouvoir pour sauver l’international islamisme des « frères « .

Aux Suédois non plus, la Tunisie ne va pas montrer la voie, voyons.
Pour résumer, la Tunisie, ce pays bien dorloté, bien toléré par l’Occident n’a au bout du compte montré la voie qu’à elle-même, étant une base arrière de quelque chose qui sera définie avec le temps.

Un choix rusé, politique et non philosophique.Non dans l’acceptation de toutes les croyances de la société tunisienne officialisant le pèlerinage de la Ghriba qui accueille chaque printemps plus de 5 000 juifs israéliens. La Tunisie serait par conséquent dans une case du wait and see d’un mouvement actif sur tous les fronts (Libye, Egypte, Soudan, Yémen, Irak, Syrie, Palestine…) et qui a besoin de souffler quelque part.
Mais aussi étrange que cela puisse paraître, la Tunisie pourrait bien montrer des voies, pas une seule, mais des voies à la France.

D’abord parce que les deux « souverains » qui présidaient aux destinées des deux pays respectifs ont fui. Louis XVI a montré la voie à Ben Ali. La France a guillotiné son Louis XVI, la Tunisie laisse tranquille son ex. Leïla a suivi la voie de Marie-Antoinette concernant la mainmise sur le pouvoir. La révolution française a guillotiné Marie-Antoinette, le printemps tunisien a « gracié » Leïla.

La Tunisie pratique aujourd’hui un destour des plus tolérants au monde. Pour prétendre être président de la République tunisienne, il suffit principalement de justifier sa nationalité tunisienne par la naissance.
La France aura-t-elle un jour le courage politique de penser à cette voie-là qu’elle considère de félicité ?

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