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Op-Ed

Trump quitte l’accord avec l’Iran, un pas vers la guerre ?

C’est désormais officiel, les États-Unis ne font plus partie de l’accord signé avec l’Iran et soutenu par les Nations unies. Donald Trump qui a pris cette décision, a annoncé par la même, qu’il rétablissait les sanctions contre ce pays à leur plus « plus haut niveau ».

Quelles sont les conséquences d’une telle décision ?
D’abord au sein du bloc occidental, c’est-à-dire les USA et l’UE ? Les observateurs n’hésitent pas à estimer qu’elle ouvrira une période de vives tensions avec les alliés du vieux continent, pour qui, le texte conclu en 2015 après 21 mois d’âpres négociations, constitue un double enjeu économique et sécuritaire, sans parler sur le plan politique, de la remise en cause de l’ordre multilatéral auquel s’attachent les dirigeants européens, qui se veulent après tout, maitres de leurs destins. 

Anticipant la décision de Trump, le chef de la diplomatie allemande Heiko Mass n’est pas aller par le dos de la cuillère, prévoyant le pire en déclarant : « qu’un échec ne conduise à une escalade » au Moyen-Orient.

Et justement c’est ce Moyen-Orient qui en est le centre des enjeux, cette fois pas uniquement avec les pays de l’OTAN mais plutôt dans le voisinage immédiat de l’Iran. Les rivalités entre Riyad et Téhéran d’un côté et Téhéran et Tel-Aviv de l’autre, pèsent lourdement sur la stabilité dans les régions du golfe Arabo-persique et la Mésopotamie de manière générale. En somme, la décision de Trump risque d’aggraver les choses d’autant que la situation est déjà propice au conflit généralisé étant amorcée par les conflits au Yémen et en Syrie.

D’autre part, la stratégie militaire occidentale tout comme sa diplomatie sont mis à rude épreuve par le retour en force d’une Russie déterminée à recadrer l’histoire sur « le grand échiquier » et ils ne sont pas les seuls.

Dans plusieurs rapports stratégiques les experts sont unanimes que « L’ensemble des recompositions à venir au Proche et au Moyen-Orient s’inscrit dans un contexte dominé par l’influence de la Russie, de l’Iran et de la Turquie ».

Faut-il s’attendre à une réelle escalade au Moyen-orient, avec pour conséquence directe un conflit mondiale ? Il est encore trop top pour l’affirmer bien que la mégalomanie du président américain, qui semble déterminé à faire sauter tout les verrous, ne laissent aucun doute sur la probabilité élevée d’un éventuel dérapage ou provocation. Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem occupée et les frappes contre la Syrie confirment le degré d’improvisation de l’administration Trump, pour qui une frappe contre l’Iran n’est pas à écarter.

Cette option trouverait un alibi dans la politique à venir de l’Iran, orienté vraisemblablement vers un caractère souverainiste en riposte à la provocation américaine. Le président iranien Hassan Rohani à déclaré qu’il a « ordonné à l’Organisation iranienne de l’énergie atomique de prendre les mesures nécessaires […] pour qu’en cas de nécessité nous reprenions l’enrichissement industriel sans limite » d’autres part, des voix se multiplient à Téhéran en faveur d’une reprise de l’enrichissement. Cette démarche ouvrira la voie vers les hostilités, car il est évident que dans le voisinage immédiat de l’Iran, ni Israël et encore moins la Turquie et les pays du Golf ne toléreront le voisin perse fort d’une puissance nucléaire qui pourrait changer complètement les équilibres géostratégiques dans la région.

Un conflit généralisé à l’horizon ? Le scénario est envisageable, ses tenants y voient le meilleurs moyens d’imposer un nouvel ordre aux perdants, mais lesquelles ? 

* Mohamed Nazim Aziri est un journaliste-auteur et présentateur de l’émission “Questions d’Actu” sur la chaine de télévision “Canal Algérie”.

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