Transporteurs : Les revendications transmises au gouvernement
L’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) a transmis au Premier ministre les principales préoccupations et propositions des professionnels du transport de voyageurs et de marchandises. Des copies ont également été adressées au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi qu’aux ministres concernés. C’est ce qu’a indiqué, ce mardi, un communiqué de l’organisation.
L’ONTA a fait savoir que la plate-forme de revendications structurée autour de « mesures urgentes », « actions à moyen terme » et « réformes stratégiques à long terme » a été élaborée à l’issue de la réunion organisée, la semaine dernière, avec le Premier ministre, en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de la ministre du Commerce intérieur, ainsi que des représentants du secteur du transport privé. Elle a ajouté que la mouture finale a été officiellement transmise avant-hier à qui de droit. L’ONTA a précisé que « ces préoccupations seront également examinées dans le cadre des ateliers de concertation proposés par le Premier ministre, en vue d’aboutir à des solutions pratiques et durables pour le secteur ».
Parmi les principales revendications, l’ONTA a souligné « l’urgence absolue de revoir et de revaloriser les tarifs du transport de voyageurs, qu’il s’agisse des autobus ou des taxis, en tenant compte des spécificités de chaque mode et de la réalité des coûts d’exploitation ». Elle a précisé que « l’augmentation continue des charges opérationnelles a créé des déséquilibres profonds, devenus intenables sur le terrain ».
A ce titre, l’organisation a réclamé que « toute fixation ou révision des tarifs repose sur une étude officielle rigoureuse, encadrée par des experts indépendants et des cabinets de comptabilité agréés, conformément aux textes réglementaires ».
Par ailleurs, elle a adressé à la ministre du Commerce intérieur une question juridique : « Le transporteur privé est-il un opérateur économique libre, soumis aux règles de la concurrence et du marché, ou un prestataire de service public tenu à des obligations sans bénéficier de mécanismes de compensation, comme c’est le cas des entreprises publiques ? »
L’ONTA relève la pertinence de ces interrogations, assurant que « l’évitement persistant de la question tarifaire par les autorités de tutelle a conduit à une situation de quasi-faillite pour de nombreuses familles de transporteurs, notamment dans le transport urbain ».
En outre, l’Organisation a rappelé que « les augmentations successives des prix du carburant entre 2015 et 2020 ont atteint un taux cumulé avoisinant 104,80 % ». A l’inverse, « les ajustements tarifaires décidés à l’époque, notamment une hausse de 10 %, se sont révélés inapplicables dans la pratique ». L’ONTA a précisé que « par sens de responsabilité et afin d’éviter tout conflit avec le citoyen, les transporteurs urbains ont renoncé à appliquer ces augmentations », tandis que « les hausses accordées aux taxis et aux lignes inter-wilayas sont restées symboliques et déconnectées des coûts réels ». Cette situation a eu, selon l’ONTA, « un impact direct sur les coûts de maintenance, devenus excessifs, sur l’état du parc roulant et sur la stabilité sociale des familles de transporteurs ».
L’ONTA a tenu à ajouter que « les transporteurs privés représentent près de 95 % du secteur national et assurent quotidiennement le déplacement de plus de 12 millions de citoyens ». Elle a souligné que « les tarifs pratiqués en Algérie figurent parmi les plus bas au monde, sans bénéficier d’aucun système de compensation publique ».
Face à l’état préoccupant du parc national de transport, l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) a lancé un appel pour la mise en place d’un programme de renouvellement du matériel roulant et de soutien à la maintenance, tout en mettant en garde contre l’importation d’autobus sans étude préalable des besoins. L’ONTA dénonce également l’exclusion des transporteurs des programmes de logement et réclame une révision des conditions d’accès, ainsi qu’une réduction du taux d’assurance à 65 % pour cette catégorie.
Pour le transport de marchandises, elle demande la création de parkings sécurisés dans toutes les wilayas et une réforme des opérations portuaires afin de réduire les délais. Concernant les taxis, l’organisation souligne la nécessité de réactiver les commissions techniques et de résoudre le problème des licences des « moudjahidine », tout en proposant des mécanismes de financement sans intérêts pour le renouvellement des véhicules, notamment dans les zones isolées.
L’ONTA insiste enfin sur la qualité et la sécurité des véhicules importés et réaffirme son engagement à défendre les droits et la dignité des transporteurs, dans un esprit de dialogue responsable au service de l’économie et du citoyen.