-- -- -- / -- -- --


Nationale

Transition énergétique et croissance verte : L’Algérie et le GGGI ouvrent une nouvelle ère de coopération

Transition énergétique et croissance verte : L’Algérie et le GGGI ouvrent une nouvelle ère de coopération

L’Algérie franchit un cap stratégique dans sa politique environnementale en devenant le 52e État membre de l’Institut mondial de la croissance verte (GGGI). L’inauguration officielle de son bureau à Alger, ce mardi, en présence de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, scelle un partenariat de premier plan pour accélérer la transition vers l’énergie solaire et l’économie durable.

Dans son discours prononcé au siège du ministère des Affaires étrangères, aux côtés de l’ancien secrétaire général des Nations unies — aujourd’hui président de l’Assemblée et du Conseil d’administration de l’Institut mondial de la croissance verte —, Ban Ki-moon, et en présence de la délégation diplomatique accréditée en Algérie, le secrétaire général du ministère, Lounès Magramane, a replacé les enjeux écologiques dans le contexte d’une profonde reconfiguration géopolitique mondiale. À ce titre, il a soutenu avec aplomb que « la crise climatique s’impose, de nos jours, comme une priorité majeure de l’agenda international ».

Sur les volets environnemental et économique, l’orateur a, par ailleurs, rappelé que l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, a engagé une transition énergétique ambitieuse, axée sur le développement de l’énergie solaire. Cette orientation, a-t-il précisé, s’inscrit dans une approche tenant compte des spécificités de l’économie nationale, des impératifs de justice sociale et de la création d’emplois.

En effet, l’Algérie déploie un vaste programme pour atteindre 15 000 mégawatts (MW) d’énergie solaire d’ici à 2035, soutenu par d’importants investissements. Pour ce qui est de la coopération avec le GGGI, Lounès Magramane a qualifié cette organisation de « partenaire stratégique de choix » pour l’Algérie et pour l’Afrique. Il a mis en avant le fait que l’institution bénéficie d’une solide reconnaissance internationale, notamment grâce à l’engagement de son président, Ban Ki-moon, en faveur du développement durable et de la croissance verte.

« Cela s’annonce comme un partenariat fructueux, mutuellement bénéfique », a-t-il déclaré, soulignant, dans le même temps, le rôle cardinal de la coopération multilatérale dans la réponse aux crises environnementales actuelles. Selon ses dires, les mécanismes internationaux de financement constituent bel et bien « un levier essentiel » en vue d’accompagner les efforts de transition écologique et de développement durable.

Prenant la parole à son tour, Ban Ki-moon a exprimé sa gratitude au ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, saluant les démarches engagées pour la finalisation des procédures relatives à l’établissement du bureau du Global Green Growth Institute en Algérie. À ce sujet, il convient de noter que la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a procédé, hier après-midi, aux côtés de Ban Ki-moon, à l’inauguration officielle du nouveau siège de l’organisation.

« Le fait que l’Algérie soit devenue le 52e État membre du GGGI témoigne d’un engagement fort en faveur du développement durable et de l’action climatique, tout en ouvrant un nouveau chapitre dans notre partenariat », a-t-il mentionné.

Dans ce contexte, il a salué les efforts consentis par l’Algérie en matière de protection de la nature, estimant que le pays dispose de tous les atouts nécessaires pour s’imposer comme « un acteur régional de premier plan » dans les domaines de la transition énergétique et de la croissance verte.

L’ancien secrétaire général des Nations unies a expliqué que l’ouverture de ce bureau à Alger devrait permettre de booster la coopération dans de multiples domaines stratégiques, en particulier la promotion du développement durable, la préservation de l’environnement, l’encouragement à l’utilisation des énergies renouvelables, le déploiement de l’économie verte, la gestion des ressources hydriques, ainsi que la sécurité alimentaire.

Selon Ban Ki-moon, la collaboration avec l’Algérie constitue un atout que le GGGI se doit de valoriser. Qualifiant le pays de partenaire influent et de référence en la matière, il a argué que l’Algérie jouit d’une estime particulière auprès de nombreux pays du Sud, allant jusqu’à la décrire comme un véritable « héros » de la coopération Sud-Sud.

Les enjeux environnementaux face aux priorités économiques

Revenant sur les enjeux du développement durable, Ban Ki-moon a indiqué que « la transition vers un modèle de croissance verte et une économie durable, à la fois respectueuse de l’environnement et socialement inclusive, représente l’une des plus grandes opportunités économiques de notre époque ». Dans le même sillage que le secrétaire général Lounès Magramane, il a souligné l’interdépendance entre les défis climatiques, la stabilité géopolitique et la prospérité économique. « Nous devons garder à l’esprit que ces défis climatiques sont étroitement liés à la stabilité géopolitique et à la prospérité économique », a-t-il affirmé.

« En 2015, l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de développement durable (ODD) ont démontré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque la communauté internationale se rassemble autour d’un objectif commun », a-t-il rappelé. Pour rappel, cet accord est considéré comme l’un des accomplissements majeurs de sa carrière, scellant, aux yeux de nombreux observateurs, un engagement multilatéral sans précédent sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce registre, Ban Ki-moon a plaidé pour un renforcement de la coopération multilatérale, estimant que la lutte contre le changement climatique exige l’implication de l’ensemble des États. Il a rappelé que les principales puissances économiques et industrielles portent une responsabilité particulière, en raison de leur contribution historique aux émissions mondiales. « Nous avons également besoin d’une coopération Sud-Sud et triangulaire plus forte pour accélérer le partage des connaissances et des solutions », a-t-il martelé.

Revenant sur le rôle du GGGI, Ban Ki-moon a avancé que cette organisation, créée à l’initiative de son pays, la Corée du Sud, demeure de taille modeste comparativement à d’autres institutions internationales. Cela étant dit, il a insisté sur sa capacité à porter des projets d’envergure grâce à « l’expertise et à la qualité de son capital humain ». À cet égard, il a fait savoir que, depuis sa création en 2012, l’organisation a contribué à « mobiliser plus de 18 milliards de dollars d’investissements verts et a accompagné de nombreux gouvernements dans la mise en œuvre de solutions concrètes en faveur du développement durable ».

L’ancien secrétaire général de l’ONU a, en outre, insisté sur la dimension cruciale de la sécurité hydrique, considérant l’approvisionnement en eau comme l’un des principaux défis de la région. Ban Ki-moon a conclu son allocution en réitérant sa conviction que les crises contemporaines doivent être abordées dans un esprit de solidarité internationale, déclarant se considérer avant tout comme un citoyen du monde.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email