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Nationale

Transformation numérique : L’interconnexion intersectorielle appelée à s’accélérer

Transformation numérique : L’interconnexion intersectorielle appelée à s’accélérer

L’interconnexion intersectorielle constitue l’une des prochaines étapes de la transformation numérique engagée par les pouvoirs publics. Après l’inauguration du Portail national des services numériques, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fixé un délai d’un mois pour accélérer ce processus, afin de faciliter l’exploitation de cette plateforme, insistant sur la nécessité d’intensifier les efforts notamment au regard du fort engouement et du succès enregistrés depuis la mise en service du Centre national des données. 

 

Contacté par Le Jeune Indépendant, Karim Brouri, expert en écosystèmes innovants et technologiques et membre du Comité national chargé des startups, estime que la décision du Président, annoncée lors de la réunion du Conseil des ministres, tenue dimanche, s’inscrit dans la continuité d’un vaste chantier de modernisation de l’administration, dont la portée dépasse largement la seule mise en ligne d’une plateforme numérique. Car la transformation numérique de la gouvernance repose avant tout sur une stratégie globale visant à assurer une interconnexion fluide entre les différents ministères, administrations et organismes publics, au service aussi bien des citoyens que des opérateurs économiques, a-t-il expliqué.

L’expert a souligné qu’un tel projet mobilise à la fois des dimensions technologiques, organisationnelles et humaines, mettant en avant que sa mise en œuvre nécessite du temps, compte tenu des besoins en compétences, de l’évolution des méthodes de travail et des changements qu’implique une telle transformation au sein des administrations.

À cet égard, il a estimé que les progrès enregistrés au cours des dernières années étaient le résultat d’un engagement constant des pouvoirs publics. Il a cité notamment la création du Haut-Commissariat à la numérisation, ainsi que les investissements réalisés dans les infrastructures numériques.

Brouri a souligné que l’inauguration, le 5 juillet, de la plateforme nationale « Dzair Digital Services », regroupant les applications gouvernementales, s’inscrit dans une dynamique plus large marquée par le développement de l’intelligence artificielle, du Cloud, de la cybersécurité, des centres de données et du réseau national de fibre optique.

Selon l’expert, les différents projets engagés progressent de manière parallèle et nécessitent un temps de maturation avant de produire pleinement leurs effets. Il considère ainsi que la récente instruction du président de la République visant à accélérer l’interconnexion intersectorielle constitue une impulsion supplémentaire pour renforcer la coordination entre les différents secteurs.

 

 

Nécessité d’adapter le cadre réglementaire

 

 

Par ailleurs, il a rappelé que la transformation numérique ne se limite pas au développement de plateformes ou d’applications. Elle implique également l’adaptation progressive du cadre réglementaire. Au fur et à mesure de l’avancement des projets, certains textes devaient être révisés ou complétés afin d’accompagner les nouvelles pratiques numériques, a-t-il tenu à noter Karim Brouri.

Il s’est montré confiant quant à la poursuite de cette dynamique, « la plateforme nationale est désormais opérationnelle et plusieurs services numériques commencent à être progressivement déployés », a-t-il mis en avant. Toutefois, il a estimé que les prochaines étapes seraient déterminantes, notamment avec la mise en place de l’identité numérique et de la e-citoyenneté.

Selon lui, ces dispositifs permettront aux citoyens d’accéder de manière plus simple et sécurisée aux différents services publics, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé, de la sécurité ou des démarches administratives.

Au-delà de la simplification des procédures, l’expert a considéré que la transformation numérique pouvait également renforcer la participation citoyenne, estimant que les outils numériques offriraient, à terme, de nouvelles possibilités d’interaction entre les citoyens et les collectivités locales, favorisant ainsi une gouvernance plus participative.

S’agissant de la sensibilisation, l’expert a relevé que la jeune génération maîtrise déjà largement les usages du numérique. Selon lui, l’enjeu ne réside donc plus uniquement dans l’apprentissage des technologies, mais davantage dans le développement d’une culture numérique.

Cette culture passe notamment par « une meilleure éducation financière, une plus grande formalisation des pratiques commerciales, la protection contre les arnaques en ligne, le renforcement de la cybersécurité ainsi que la lutte contre le cyberharcèlement », a-t-i expliqué.

Le succès de cette transformation dépendra avant tout de l’utilité concrète des services proposés. « Les plateformes numériques devront répondre efficacement aux besoins quotidiens des citoyens et leur offrir une réelle valeur ajoutée afin d’encourager leur adoption », de l’avis de l’expert. Cette approche, centrée sur les besoins des usagers, contribuera, selon lui, à renforcer la gouvernance, la souveraineté numérique du pays et la qualité des services publics.

À titre d’exemple, il a cité la nouvelle plateforme du ministère de l’Enseignement supérieur destinée à l’orientation des nouveaux bacheliers. S’appuyant sur l’intelligence artificielle, cette solution accompagnera les futurs étudiants dans le choix de leur spécialité en tenant compte de leur profil et de leurs perspectives d’insertion dans le monde économique et professionnel.



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