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Culture

Tragédie du stade du 20-Août 1955: Soolking se dédouane, Merdaci démissionne

Tragédie du stade du 20-Août 1955: Soolking se dédouane, Merdaci démissionne

La ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a présenté ce samedi  sa démission au chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah qui l’a acceptée, a indiqué un communiqué de la présidence de la République. Mme Merdaci avait été nommée au poste de ministre de la Culture en avril dernier. Depuis sa nomination, elle a subi de fortes critiques suite à ses nombreuses déclarations à polémique. Or, cette fois, il aura fallu ce drame pour la pousser à déposer sa démission et à se retirer du gouvernement. Cette démission survient deux jours après le limogeage du DG de l’ONDA, suite au drame du stade du 20 aout 1955.
Pour sa part, le rappeur Soolking a affirmé, au lendemain de la tragédie, qui a fait cinq morts et une vingtaine de blessés, que ni lui ni son n’était orchestre n’était au courant de ce qu’il s’était passé.
« J’ai appris avec effroi le décès de cinq innocents à la suite d’une bousculade qui s’est produite peu avant 20 heures à l’extérieur du stade, hier soir. A cela s’ajoute un nombre important de blessés », a-t-il dit. Il poursuit :
« C’est une tristesse incommensurable qui nous a tous envahis à l’annonce de cette tragédie. Nous sommes tous dévastés et sous le choc, mais nous savons que ce n’est rien devant la douleur que peuvent ressentir les familles et les proches des victimes. » Concernant les commentaires postés sur les réseaux sociaux, selon lesquels il était au courant de ce qu’il s’est passé mais a tout de même décidé de faire son concert, il a déclaré « Ni moi : ni les artistes m’accompagnant sur scène n’ont eu connaissance de ce drame et ses douloureuses conséquences avant et pendant le concert, ce qui explique le fait que nous ayons continué notre prestation. » Il a tenu préciser « Aucun de nous n’aurait mis le pied sur scène en étant informé de cette funeste nouvelle. » Il a également tenu à relever que « nous savons qu’aucun mot ne pourra soulager la douleur des familles et nous sommes de tout cœur avec eux ». Nous partageons la peine des familles des victimes et prions Dieu le Miséricordieux pour qu’Il les accueille dans Son vaste paradis. »
Les répercussions de cette tragédie ne se sont pas fait attendre. En effet, au lendemain du drame par le Premier ministre Nouredine Bedoui, de Sami Bencheikh, DG de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), organisateur du concert. L’ONDA, dont la mission est la protection des droits d’auteurs et droits voisins notamment la production culturelle et artistique, n’a pas pour mission d’organiser des concerts. Depuis le drame de jeudi soir à El-Annasser, l’office est au centre de vives critiques, souvent virulentes, sur les réseaux sociaux.
Parmi les réactions politiques à ce triste événement, il y a lieu de relever celle de l’ex-ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi, qui a chargé les pouvoirs publics, les rendant responsables du drame qui a endeuillé cinq familles algériennes. « La mort tragique d’enfants hier au stade du 20-Août dans un concert de musique engage la responsabilité directe des pouvoirs publics », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Il a dit espérer que cette « tragédie ne soit pas traitée dans les mêmes conditions que celle de Bab El-Oued, dans laquelle, à ce jour, les responsabilités n’ont pas été déterminées ».
En effet, lors des émeutes populaires de 1988, des dizaines de jeunes manifestants avaient été criblés de balles lors d’une marche pacifique le 10 octobre, à l’entrée de Bab El-Oued. Il y a eu également des dizaines de blessés. Et jusqu’aux années 2000, les impacts de balles étaient toujours visibles sur les murs extérieurs du lycée Emir-Abdelkader.
Officiellement, aucune responsabilité, n’avait été établie dans cette tuerie, le fait de militaires déployés à Alger pour rétablir l’ordre, alors que Khaled Nezzar était ministre de la Défense établie.
D’autre part, l’ex-ministre de la Communication et diplomate Abdelaziz Rahabi a dénoncé « l’insouciance » et « l’impunité » qui ont toujours « caractérisé l’Etat algérien », accusant les pouvoirs publics qui sont
« incapables de gérer un concert de musique. »
« Nous ne tirons pas les leçons de nos dramatiques expériences parce que l’insouciance et l’impunité ont toujours caractérisé l’Etat algérien dans la gestion des crises car, historiquement, nous avons évolué par ruptures violentes, ce qui a produit une culture politique encline à banaliser la mort », a-t-il estimé encore. « On observe aujourd’hui une société qui organise de façon pacifique des marches millionnaires et des pouvoirs publics incapables de gérer un concert de musique », a-t-il fait remarquer.
De leur côté, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et le Premier ministre, Nouredine Bedoui, ont adressé vendredi un message de condoléances aux familles des victimes dans la tragique bousculade de jeudi soir.
« J’ai appris avec consternation et une profonde affliction la nouvelle de ce drame, qui a endeuillé les familles des victimes, lesquelles attendaient le retour de leurs enfants joyeux et heureux », a indiqué M. Bensalah. Il a ajouté : « Je ne peux que compatir à la douleur et à la peine de ces familles, en leur exprimant mes sincères condoléances et ma profonde compassion. »
M. Bensalah a cependant souligné « l’impératif d’assurer un suivi rigoureux, par les autorités compétentes, des circonstances de ce drame, de dévoiler rapidement les résultats des enquêtes et de prendre les mesures qui s’imposent, dans les plus brefs délais, pour empêcher la reproduction de tels incidents ».
Quant à Nourredine Bedoui, qui a présenté ses condoléances aux familles des victimes, a décidé comme première sanction de limoger le directeur général de l’ONDA.
Dans un communiqué, le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné vendredi l’ouverture d’une « enquête approfondie » pour « déterminer les circonstances » et les responsabilités du drame du stade de jeudi soir au 20-Août 1955.
Dès l’annonce du drame, des enquêteurs ont été dépêchés sur place aux fins d’enquêter sur cette terrible tragédie, qui a endeuillé cinq familles et choqué les Algériens. 

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