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Nationale

Tractations serrées entre plusieurs partis islamistes

Tractations serrées entre plusieurs partis islamistes

Après l’annonce d’une fusion graduelle entre le mouvement Ennahda et le Parti de la justice et du développement, la mouvance islamiste continue de vivre d’intenses tractations politiques. Selon des sources au fait du dossier, ces tractations ou négociations ciblent deux partis islamistes, le mouvement El Bina et le Front du changement.

Ces deux partis, rappelons-le, sont l’émanation d’une double scission qui s’est opérée sur plusieurs étapes il y a quelques années au sein du MSP, suite à une grave crise politique interne qui avait commencé après une victoire contestée de Aboudjerra Soltani.

Ce dernier voulait imposer une option politique et une démarche qui ne plaisaient pas à de nombreux historiques et autres fondateurs de la ligne de feu Nahnah.

Des scissions qui ont fini par créer un sentiment d’émiettement chez les dirigeants islamistes, qui croient plus que jamais que la configuration actuelle est à leur désavantage.

Au sein de la mouvance, on est convaincu que seule une fusion en une seule entité organique, ou une alliance électorale solide et disciplinée, est susceptible de redonner vie aux forces islamistes de différentes sensibilités, de créer une force politique alternative et surtout de mettre en place durablement un bloc électoral soudé.

C’est cette conviction qui fait bouger certains acteurs dynamiques de la mouvance, dont l’analyse se base non seulement sur les dispositifs draconiens de la loi électorale et les conditions imposées pour la validation des candidatures, mais aussi sur la perte de crédibilité des partis politiques ou de l’activisme politique en général et sur les tendances soit de dépolitisation, soit d’absentéisme électoral.

En fait, à part le MSP de Mokri Abderezzak, qui croit encore au maintien de sa popularité, les autres partis islamistes sont plus que jamais conscients que leur participation en solo à la législative comporte des risques. Partout, le débat au sein de la mouvance est à l’union, aux alliances et à la fusion.

Selon nos sources, le mouvement Ennahda fait des pressions sur Bina de Dane et le Front du changement de Abdelmadjid Menasra pour rejoindre le nouveau parti politique en gestation entre Ennahda et le PJD de Abdellah Djaballah. Bien que des divergences subsistent entre ces pôles qui gravitent autour du même noyau, il semble que la carte de l’alliance pourrait bien aboutir dans quelques semaines.

En fait, on cherche pour ces deux derniers partis à « profiter » du rapprochement actuel pour s’engager dans des alliances régionales lors des législatives, afin d’équilibrer les rapports de force entre les partis politiques et surtout de maintenir l’existence des entités organiques.

Pour ces partis islamistes, la participation aux prochaines joutes électorales est une question de vie ou de mort, d’autant que la conjoncture actuelle n’est guère favorable à l’option du boycott ou de la chaise vide.

C’est sans doute cela qui poussa tous les partis islamistes à s’engager aux législatives, alors que leur discours initial était beaucoup plus orienté sur la critique et la suspicion, brandissant l’étendard du doute et des menaces de fraudes sur les élections.

Reste le mouvement El Islah, dont la direction actuelle avait refusé la fusion avec Djaballah, et qui ambitionne de négocier ses maigres atouts avec d’autres entités ou blocs. 

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