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Nationale

Tout pour une austérité «payante»

Tout pour une austérité «payante»

Les Algériens vont devoir apprendre à se serrer la ceinture avec l’instauration de mesures d’austérité pour faire face à la chute des cours du baril, qui a fait perdre au pays la moitié de ses revenus extérieurs en 2015.

Cette tendance va se poursuivre pour cette année et elle le sera davantage pour l’année suivante, d’après des analyses des observateurs et experts en économie. En face, le gouvernement a décidé d’entamer une série de mesures « alarmantes » pour tenter de dépenser moins.

Du coup, les importations ont sensiblement baissé durant l’année 2015. Il en est de même des importations de véhicules, de médicaments et prochainement du blé et d’autres produits de moindre importance. Aussi, le gouvernement a décidé d’agir sur les budgets d’équipement en suspendant de nombreux projets, mais il est, désormais, contraint d’affecter directement le portefeuille des Algériens.

Le 22 novembre 2015, les walis des 48 wilayas que compte le pays ont été destinataires d’une instruction du ministère de l’Intérieur dans laquelle, la tutelle, leur demande d’établir une liste de l’ensemble des projets inscrits entre 1999 et 2014 afin de réaliser un système graphique informatique pour éviter l’inscription des nouveaux projets, et cela dans le cadre de la politique d’austérité.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier, les automobilistes payent jusqu’à 40% plus cher le litre d’essence et de gasoil. « D’habitude. je fais le plein de super à 1000 dinars mais depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle augmentation je paye 1450 dinars », a expliqué un jeune automobiliste à la station d’essence d’Ouled Fayet. Cette hausse des carburants a mécaniquement entraîné d’autres augmentations. 

En effet, les citoyens font les frais d’une autre augmentation, celle des places de parking par exemple. Ces derniers ont fait augmenter leur prix jusqu’à 80%. Les abonnés des parkings de l’UGCTU se sont vus dans l’obligation de payer les tarifs d’abonnement à 4500 DA au lieu de 3000 DA pour pouvoir signer leur contrat d’abonnement mensuel. Plus loin, les taxis et les transporteurs de voyageurs privés se sont empressés de la répercuter sur leurs tarifs, en dépit des assurances du gouvernement quant à leur maintien.

« Augmenter le prix du carburant tout en gardant inchangé le prix de la course, cela entraîne des pertes sèches, » se défend un chauffeur de taxi algérois, qui paie désormais un plein 1450 contre 1000 dinars jusqu’au présent. Les effets de l’austérité empruntée par le gouvernement ont fait plusieurs mécontents parmi les citoyens.

C’est le cas des distributeurs de lait qui, au lendemain de l’annonce d’une batterie de mesures concernant la rationalisation des dépenses accompagnées par la hausse des prix, ont aussi observé une grève pour réclamer une révision de leur marge bénéficiaire sur les ventes de ce produit subventionné par l’Etat, dont les prix sont restés fixes depuis une dizaine d’années. « La hausse des prix des carburants, de l’électricité et du gaz a influé directement sur le pouvoir d’achat des Algériens, avaient déjà expliqué plusieurs économistes.

La dévaluation du dinar, l’autre casse-tête

Face aux répercussions de la chute des prix du pétrole, le dinar a été durement frappé à son tour. Désormais, au marché noir des devises, un seul euro est échangé contre 182 dinars.

 D’autant plus que le dinar est déjà responsable d’une augmentation importante des prix des produits importés dans un pays qui achète à l’étranger biens d’équipement, produits de consommation et médicaments. En un, an le cours moyen du dinar s’est officiellement déprécié de 15% par rapport à l’euro, passant de 104 à 117 dinars pour un euro.

Mais le cours réel des devises étrangères est fixé par le marché parallèle, où l’euro a atteint 182 dinars depuis décembre passé. Pour empêcher la grogne de se propager, les ministres se relaient sur le terrain et les plateaux de télévision. Ils soutiennent que l’Etat est en mesure de faire face à une crise passagère après des années fastueuses marquées par une hausse des salaires et une consommation effrénée.

A la fin décembre, le Président de la République Abdelaziz Bouteflika, lui-même, a tenu à rassurer les citoyens lors de la signature de la loi de finances 2016 qui incluait l’augmentation des prix des produits énergétiques. Mais, après ces assurances, le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Laksaci s’est alarmé de la forte détérioration des finances publiques. Selon lui, les réserves de changes ont fondu de 32 milliards de dollars entre septembre 2014 et juillet 2015, passant de 185 milliards de dollars à 152 milliards. 

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