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Nationale

Toujours pas de visas pour les Syriens

Toujours pas de visas pour les Syriens

La décision de ne plus délivrer de visas aux réfugiés syriens depuis janvier 2015 a été prise par le ministère des Affaires étrangères suite à la découverte de plusieurs cellules terroristes, basées à Istanbul, qui fabriquaient de faux passeports pour les Syriens désirant se rendre en Algérie pour rallier, par la suite, l’Europe ou la Libye.

L’Algérie a en effet gelé l’octroi des visas aux ressortissants syriens, et ce depuis janvier 2015. Cette décision a été prise au lendemain du démantèlement de plusieurs cellules terroristes affiliées à l’Etat islamique (EI), qui avait commencé à envoyer, en novembre 2014, ses djihadistes en Algérie avec de faux passeports. Ces derniers étaient truqués car appartenant, en fait, à des soldats syriens tués lors des combats contre Daech et leurs nivaux Djehat El-Nosra. Ainsi, devant une telle menace, l’Algérie n’a eu d’autre choix que de prendre cette mesure. Du coup, de nombreux ressortissants syriens déjà établis en Algérie, – beaucoup d’entre eux y détiennent des commerces – ont vu les demandes de visa émanant de leurs proches refusées. « La mère de mon épouse est morte il y a trois jours. Nous avons été contraints de l’enterrer à Alger sans la présence des proches qui, eux, se trouvent en Syrie, et ce en raison du refus du ministère des Affaires étrangères de leur accorder le visa. Depuis janvier 2015, les autorités algériennes ont gelé l’octroi des visas aux Syriens pour des raisons sécuritaires », a affirmé Firas, un jeune pharmacien d’origine syrienne. Ce dernier, qui s’est installé dans la commune de Oued Fayet, a épousé une jeune Syrienne qui, elle, réside depuis son enfance en Algérie. Il convient de signaler que les autorités algériennes ont décidé de prendre cette mesure, non seulement suite à la menace que constitue l’Etat islamique mais également à celle de trafic humain et de faux passeports.

Les faux passeports et Daech

Les kamikazes qui ont participé aux attentats de Paris ont utilisé de faux passeports, tout comme ceux des attentats de Bruxelles. Les membres du réseau de l’EI ont réussi à gagner l’Europe, plus exactement la Belgique, grâce à de faux passeports. C’est ainsi que les services secrets français ont découvert que le commando avait utilisé des faux passeports syriens pour commanditer les attentats meurtriers à Paris. En novembre 2014, la Gendarmerie nationale algérienne avait alerté Interpol sur l’existence d’un vaste réseau syro-turc spécialisé dans le trafic de passeports ; le coût du passeport étant de 700 dollars. Les gendarmes ayant réussi à remonter la filière sont parvenus à démanteler le réseau composé de plusieurs trafiquants turcs. Pour rappel, la découverte de ce grand trafic a eu lieu à l’aéroport International d’Alger Houari-Boumediene, en novembre 2014, suite au contrôle des passeports effectué par la police de l’air et des frontières (PAF). L’enquête a été confiée par la suite aux gendarmes de la section de recherches d’Alger, lesquels ont réussi, grâce à leurs investigations, à découvrir l’organigramme d’une vaste cellule de Daech établie en Turquie. Une enquête similaire avait été menée par les gendarmes de Bir El-Ater (Tébessa) suite à l’interception de près de 200 Syriens, en 2014, à la frontière est du pays. Ces réfugiés syriens étaient entrés en Algérie avec de faux documents de voyage fabriqués à Istanbul (Turquie), dans le but de regagner la Tunisie via les frontières est du pays. Les interrogatoires menés par les gendarmes leur ont permis de comprendre le fonctionnement de ce réseau.

Les aveux troublants des Syriens

Interrogés, les Syriens ont avoué avoir acheté ces faux passeports à des trafiquants turcs, à raison de 700 dollars l’unité. C’est ainsi qu’ils sont parvenus à gagner l’Algérie via des vols Istanbul-Alger et Istanbul-Oran. Pour rappel, les services de sécurité algériens ont intercepté deux Syriens en possession de passeports contrefaits portant la date du 5 juillet 2014. Il n’existait aucun cachet de la PAF sur les passeports confisqués. L’enquête a montré qu’il s’agissait de faux passeports. L’arrestation des deux Syriens a eu lieu aux environs de 2 h, le 25 décembre 2014, dans la localité dite El-Thelijane, au niveau de la RN 01. Les gendarmes avaient été informés du passage des Syriens à bord d’un bus de voyageurs sur la ligne Alger – Bir El-Ater. Après interception du bus, le contrôle d’identité des deux Syriens a éveillé leurs soupçons. Leur passeport ne contenait en effet pas de visa d’entrée et de sortie du territoire national. Les gendarmes ont emmené les Syriens au siège de la brigade territoriale d’El-Thelijane pour procéder à un contrôle approfondi des passeports. C’est alors que l’un des deux Syriens a avoué aux gendarmes que son nom était Kh. D., et non celui inscrit sur le passeport. « Nous avons contacté la compagnie nationale Air Algérie pour connaître l’identité des deux Syriens, ce qui nous a permis de connaître leurs vrais noms et prénoms.

Lors de l’interrogatoire, les deux Syriens ont avoué avoir acheté les passeports à Istanbul auprès d’un réseau transnational spécialisé dans la fabrication des faux passeports, et ce en contrepartie de 800 dollars l’unité », a révélé une source sécuritaire. De son côté, le réfugié syrien nommé M. T. a également avoué, que son vrai passeport se trouvait chez son frère, qui possède un restaurant dans la commune de Bab Ezzouar, à Alger. Les Syriens ont par ailleurs déclaré aux enquêteurs de la brigade de Bir El-Ater aver eu l’intention de gagner la Tunisie par la route avant de rallier l’île de Lampedusa, en Italie. Agés de 21 et 24 ans, les mis en cause répondent aux initiales de M. T. et S. A. Le premier réside à Istanbul et le second est natif de Damas.
 

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