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Nationale

Tizi-Ouzou : Une marée humaine dans la rue

Tizi-Ouzou : Une marée humaine dans la rue

Comme il fallait s’y attendre, c’est une véritable marée humaine qui a battu le pavé, ce vendredi, à Tizi-Ouzou, à l’occasion de la 42ème marche du vendredi. Déjà tôt le matin, la ville des Genêts était noire de monde. Les femmes et les hommes de la wilaya de Tizi-Ouzou ont voulu donner, à travers cette mobilisation, une démonstration de force. C’est le cas de le dire puisque dans la matinée un rassemblement gigantesque a eu lieu devant le portail du campus universitaire Hasnaoua.

Cette première manifestation a eu lieu pour exiger la libération des jeunes incarcérés pour avoir arboré le drapeau amazigh. Cependant, la manifestation attendue a été celle de la marche. En effet, c’est celle-ci qui a été marquée par la marée humaine. Et comment ! Tandis que les premiers carrés de manifestants avaient déjà atteint le point d’arrivée, à savoir la place de l’Olivier, une multitude d’autres carrés n’avaient pas encore démarré depuis le portail du campus universitaire de Hasnaoua. Et en même temps, tous les axes constituant l’itinéraire de la marche, à savoir la rue Ahmed-Lamali, l’avenue Abane-Ramdane et le boulevard Larbi-Ben-M’hidi étaient noirs de monde.

Il est à relever aussi que cette marche du dernier vendredi avant le jour « J » a connu les slogans de circonstance, en plus de ceux scandés habituellement, c’est-à-dire lors des précédentes marches. « Ya s’hab sandwich, ulac l’vote ! (ô vous qu’on achète avec des sandwichs, il n’y aura pas de vote) », tel est le slogan scandé en chœur à maintes reprises. « Pouvoir assassin ! » a été aussi maintes fois scandé selon le rythme de la célèbre chanson de feu Lahlou. Les drapeaux, aux couleurs officielles et amazighes, ont également attiré l’attention. En effet, ils étaient confectionnés en format géant avec fond de portraits de certains martyrs de la révolution tels que Amirouche et Larbi Ben M’Hidi.

Notons enfin que la veille, dans la matinée, c’était la grande famille des architectes qui a fait entendre sa voix. En effet, ils étaient un peu plus d’une centaine à se rassembler, jeudi dernier, à la place de l’ex-Mairie pour dénoncer « les élections du 12 décembre 2019 » et en même temps exiger « la libération immédiate et inconditionnelle » de tous les détenus politiques et d’opinion ».

Tous les portraits des jeunes personnes incarcérées pour avoir arboré le drapeau amazigh étaient exhibés au regard. Sur leurs multiples banderoles, les architectes ont mentionné des slogans comme : « Non à l’élection de la honte ! », « Libérez les détenus politiques et d’opinion ! », « Laissez-nous construire notre Algérie ! », « Architectes, préparez-vous à construire l’Algérie ! », « Tous unis pour l’Algérie ! », « Ulac l’vote ulac ! » et « système dégage ! ».

Il convient de relever aussi qu’à l’issue de ce rassemblement, qui a attiré l’attention de nombreux citoyens, les manifestants n’ont pas manqué de faire l’allocution de circonstance. Dans son intervention, l’architecte Saïd Chekroun, connu dans les milieux militants de la démocratie et des droits de l’Homme pour sa parfaite maîtrise de la locution, a appelé les citoyens à poursuivre « la révolution, celle-là même entamée par nos parents ! ». « Si la révolution a connu quelque essoufflement à un moment donné parce que le pouvoir l’a confisquée, poursuit l’orateur, il n’en demeure pas moins qu’elle ne s’est jamais arrêtée ». Saïd Chekroun, connu également comme quelqu’un issu d’une famille qui a embrassé corps et âme la révolution de novembre 1954, a lancé un appel solennel au peuple algérien de poursuivre sa révolution, relancée le 22 février de l’année en cours, jusqu’à la victoire finale, soit jusqu’au départ de tous les responsables symbolisant l’actuel système de gouvernance et l’instauration d’une deuxième République.

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