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Nationale

Tizi Ouzou : Les logements de la discorde

Tizi Ouzou : Les logements de la discorde

La capitale du Djurdjura, plus exactement aux alentours de la daïra, a connu, hier dans la matinée, une forte agitation. Et pour cause ! L’attribution des 2018 logements sociaux a suscité beaucoup de mécontentements.

S’il est vrai que l’attribution de ces logements est loin d’être une pacotille, le nombre de demandeurs ne l’est pas moins non plus. En effet, les demandes de logement social recensées, sans compter celles jetées à la poubelle par des agents peu scrupuleux, avoisinent les
6 000.

Parmi les citoyens mécontents pour n’avoir pas vu leur nom sur les listes des bénéficiaires, beaucoup ont perdu leur sang-froid, d’où les émeutes qu’ils ont déclenchées. Les alentours de la daïra et la rue Khodja ont été bloqués à la circulation puisqu’ils ont été le théâtre d’affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre. 

Cependant, ces dernières, mobilisées en force, ont réussi à disperser à coup de grenades lacrymogènes et de matraques les manifestants. Il n’en demeure pas moins cependant que les pneus allumés ici et là, sans compter les jets de pierres, ont rappelé pendant un instant les événements de 2001. Par ailleurs, l’avenir demeure incertain pour plus d’un puisque la formule « logement social » semble faire partie désormais du passé.

En effet, les autres attributions de logements se feront dans le cadre des formules AADL, LSP, etc. Or, il se trouve que beaucoup de familles ne peuvent se permettre un tel luxe puisqu’elles vivent dans une grande indigence.

Par ailleurs, il est utile de savoir qu’à Tizi-Ouzou ce n’est pas toujours celui et celle qui sont dans le besoin impérieux d’un logement social qui obtiennent les clés.

A titre d’exemple, pendant des années à la daïra de Tizi-Ouzou, l’acceptation d’un dossier de demande de logement social était conditionnée par l’accompagnement d’un dessous de table de 150.000 DA.

Faute de déboursement d’un tel montant, le dossier était jeté à la poubelle, sans pour autant que le demandeur le sache. Tout le monde savait cela. Et tout le monde faisait semblant de l’ignorer. Il aura fallu l’intervention de certains responsables, courageux, voire téméraires, pour mettre le holà à cette situation.

Hélas, depuis l’annonce par le gouvernement du retour de la crise et surtout l’annonce par Ahmed Ouyahia de la durée de cette crise dans le temps, la corruption et le racket à Tizi-Ouzou sont revenus en force. Ces fléaux sont si omniprésents dans les administrations qu’il est difficile de distinguer les fonctionnaires honnêtes des malhonnêtes.

Le dernier des scandales a touché la Chambre du registre du commerce de Tizi-Ouzou. Pour une simple demande de radiation d’un registre du commerce, un citoyen, sans doute pas comme les autres, auquel par des moyens détournés, il lui a été signifié de verser de l’argent pour qu’il puisse se voir accepter la délivrance de l’attestation de radiation de son registre du commerce, a déposé plainte auprès du cabinet du wali avec copie pour information et à toutes fins utiles à toutes les autorités de la wilaya et même aux services de la présidence de la République.

A présent, les fonctionnaires de la Chambre du registre du commerce sont dans le viseur des pouvoirs publics. Il n’en demeure pas moins cependant que de l’avis de plus d’un, il faudrait que ce soit Alger qui fasse dépêcher des équipes d’enquêteurs pour nettoyer la wilaya de Tizi-Ouzou de tous ses ripoux.

Car, répétons-le encore une fois, il est difficile à présent de distinguer à Tizi-Ouzou les honnêtes commis de l’Etat des malhonnêtes. En définitive, certainement beaucoup d’anomalies sont à constater dans l’attribution de ces logements sociaux par la daïra de Tizi-Ouzou.

Notons enfin que parmi les manifestants, il y en a qui ont introduit leur demande pour l’obtention de ce logement social depuis l’année 2000, soit 16 années pour se voir en fin de compte signifier un niet.

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