Tizi Ouzou : L’économie touristique en débat
Le vecteur de l’économie touristique n’est pas des moindres. C’est ce principe qui a été développé, ce mardi, dans l’espace du Petit Théâtre de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, à l’occasion de la conférence animée par le Dr Abderrahmane Sediki, économiste, chercheur et enseignement au département économique de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, autour du thème : « La créativité entrepreneuriale et la créativité institutionnelle au service du développement de l’activité touristique au niveau local ».
Ce rendez-vous éminemment scientifique, qui a été initié par l’association Office de tourisme de Tizi Ouzou (OTTO) présidée par Rabah Mahrez, a été l’occasion pour le conférencier d’informer l’assistance, fort nombreuse et attentionnée, des grands dividendes que peut assurer l’économie touristique pour le pays, et ce pour peu que toutes les parties concernées se mettent d’accord quant à la synergie devant se traduire dans la mise en œuvre de l’activité touristique sous ses différents segments attractifs et accompagnateurs.
Le Dr Abderrahmane Sediki a commencé par définir le concept de la créativité entrepreneuriale qui est « la capacité d’une entreprise à créer un produit/un service ou un procédé nouveau ou original et qui cherche ainsi à générer de la valeur pour l’entreprise ». Le conférencier a tenu à révéler qu’il faut introduire le principe de la flexibilité dans la mise en œuvre du programme de développement dans le créneau touristique ciblé. Et pour ce faire, il faut commencer à valoriser les spécificités locales. Il s’agit, entre autres, des aspects culturels, territoriaux et des spécialités. S’ensuit alors une série de mécanismes et d’éléments à mobiliser et à mettre en valeur. Toujours fidèle à sa théorie, le Dr Abderrahmane Sediki a expliqué les conditions du tourisme, à savoir « les innovations du produit, du procédé, de l’organisation, du marché et enfin du ad hoc, c’est-à-dire l’opportunité de créativité ».
Le conférencier a également fourni plusieurs théories constituant les socles d’une véritable économie touristique. Cependant, lors des débats ayant suivi ce cours d’économie touristique, les intervenants prouveront que la réalité du terrain est loin de concorder avec la logique-même portant sur le tourisme. La bureaucratie, l’absence flagrante entre les différents départements concernés ainsi que les infrastructures nécessaires à l’activité touristique inexistantes ou faiblement développées sont les principaux freins au développement du tourisme en Algérie, particulièrement à Tizi Ouzou.
Un intervenant a même dénoncé la pauvreté intellectuelle de certains citoyens ; pauvreté intellectuelle portant, dans certains cas, gravement atteinte à l’élément archéologique. C’est le cas des pierres comportant des épigraphes et remontant à une époque lointaine, utilisées par des randonneurs pour faire un feu dans la région de Bouzguène, aux abords du Lac Vert.
Du côté d’Ihasnaouène, dans la commune de Tizi Ouzou, c’est tout un ensemble de ruines remontant à l’époque romaine qui risque de disparaître. Et il semblerait que même les services compétents (l’urbanisme) de la commune de Tizi Ouzou sont, d’une certaine manière, responsables de la destruction de l’élément archéologique puisque des engins de travaux publics sont utilisés sur le site en question pour des travaux de nivellement.
Toutefois, la situation du tourisme n’est pas toujours désespérante. La preuve est donnée à Ath Yenni, où la formule de « maisons d’hôtes », comme cela se fait sous d’autres cieux, est mise en application. Le principe de la maison d’hôte n’est autre que l’accueil et l’hébergement d’un touriste par une famille moyennant une somme d’argent.
Notons enfin que le président de l’association OTTO a affirmé que selon l’Ofice mondial du tourisme (OMT), l’économie du tourisme dans le monde vient après celles de l’industrie du pétrole et de l’industrie automobile. En somme, elle est classée troisième en termes de rentabilité financière.