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Nationale

Tizi Ouzou : Le poisson devient de plus en plus un produit de luxe

Tizi Ouzou : Le poisson devient de plus en plus un produit de luxe
Tizi Ouzou  Le poisson devient de plus en plus un produit de luxe

Malgré la grande générosité de la mer, le poisson devient de plus en plus un produit de luxe pour les habitants de la wilaya de Tizi Ouzou. C’est, entre autres, l’exemple de la sardine, qui était avant accessible à tous et dont le prix enregistre parfois des records durant certaines périodes. Actuellement, il est demandé au consommateur de payer un prix de 1 500 DA pour un kg de ce produit alors que normalement, il est interdit de le pêcher tant sa taille est trop petite pour être consommé.

Dans son rapport, la commission de l’agriculture, hydraulique, forêts, pêche et tourisme de l’APW de Tizi Ouzou souligne que « la production halieutique régionale reste non suffisante et se traduit par une faible consommation de poisson qui est de l’ordre de 04 kg par habitant et par an, alors que la moyenne dans les autres pays du bassin méditerranéen atteint 23 kg par habitant et par an ». «La faiblesse de cette production et de cette consommation limite la contribution du secteur à l’économie de notre wilaya en particulier et nationale en général », relèvent encore les auteurs de ce rapport.

Et tout en insistant sur les justes et nombreuses mesures à prendre en faveur des pêcheurs en s’appuyant sur le principe de la stratégie de l’économie Bleue devant aller jusqu’à l’horizon 2032 lancée par le gouvernement, cette commission de l’APW a signalé qu’entre autres problèmes du secteur halieutique, figure celui « des agissements de certains membres de la chambre de la pêche ». La commission de l’APW n’a cité aucun nom parmi ces fonctionnaires « causant des problèmes aux pêcheurs », selon elle. « Ces agissements » ne sont pas cités non plus dans leur nature exacte.

De son côté, la direction de la pêche et de l’aquaculture (DPA) de la wilaya a mis un accent, dans son rapport, sur la situation physique de son secteur et certains aléas rencontrés et dont elle n’est pas forcément responsable. Sur le plan productif poissonnier, la DPA de Tizi Ouzou relève que la production annuelle moyenne durant les dix dernières années est de l’ordre 860 tonnes par an, se répartissant sur quatre groupes d’espèces, en l’occurrence le poisson blanc, le poisson bleu, les crustacés et les mollusques. Le poisson bleu domine avec 70 % des débarquements. Et au cours de l’année passée (2024), il a été enregistré, selon le rapport de la DPA, une production de 433,1 tonnes qui est répartie par groupes d’espèces comme suit : crustacé : 39,2 tonnes, soit 09%, mollusque : 8,8 tonnes, soit 2%, poissons bleu : 287, 8 tonnes, soit 66% et poisson blanc : 97,3 tonnes, soit 23%. En ce qui est de l’évolution de la production, entre 2000 et 2024, la production la plus importante a été enregistrée en 2012 avec 1.666 tonnes.

La plus faible, qui est de 281,687 tonnes, a eu lieu en 2021. Celle de l’année écoulée (2024) est de 433,12 tonnes. En ce qui de la seule production aquacole, le rapport relève que l’entrée en activité des premières fermes aquacoles en 2022, en l’occurrence une pisciculture et une autre en conchyliculture, a permis de réaliser une quantité de 270 tonnes de daurades et moules au cours de l’année 2023. Il en est de même au cours de cette année 2024. Cette production aquacole, venant en appoint à la production issue de la pêche maritime, a permis « une hausse considérable dans la production globale de la wilaya pour atteindre près de 1.000 tonnes en 2023 ».

Sur le volet portant aquaculture, le rapport mentionne que 19 concessions en aquaculture marine ont été octroyées par l’Etat. Il s’agit plus exactement de 12 concessions en pisciculture, 06 en conchyliculture et une en coralliculture. Toutefois, 12 décisions de ces concessions sont annulées et deux autres en cours de d’annulation au motif de non mise en exploitation. Au volet de l’aquaculture continentale, le rapport mentionne que le potentiel hydrique qui est de 05 barrages, 83 retenues collinaires et 113 bassins d’irrigation, les opérations d’ensemencement, au nombre de 17 dans les barrages, ont porté l’ensemencement de 1,77 million d’alevins/géniteurs, et 11 003 alvins/géniteurs à travers 38 opérations dans les bassins d’irrigation.

Dans le cadre de cette pêche continentale, l’Etat a octroyé 30 concessions depuis 2008 à ce jour aux professionnels de cette pêche. La production totale depuis cette année 2008 a été de 523 tonnes, soit une quantité de 30 tonnes par an en moyenne. S’agissant du volet investissement, le rapport mentionne que pour l’investissement public pour les programmes neufs, il y a deux opérations qui sont inscrites à l’indicatif du secteur.

Il s’agit de la réalisation et l’équipement de deux sièges pour antennes de pêche. L’un à Azeffoun et l’autre à Tigzirt. Le rapport de la DPA note « qu’après la levée des contraintes, les ODS (ordre de service) de démarrage des travaux pour les deux projets ont été émis le 15 mai 2025, et les travaux sont actuellement en cours ». Concernant les anciens programmes, et dans le cadre de celui du Fonds national de développement de la pêche et de l’aquaculture (FNDPA), deux opérations centralisées ont l’objet d’une inscription.

La première porte sur l’étude, la réalisation et l’équipement d’une halle à marée au port de Tigzirt. Les travaux ont été arrêtés en 2019 pour des raisons administratives. Le taux d’avance des travaux au moment de leur arrêt était de 68,5 %. La deuxième opération porte sur la réalisation d’un site d’échouage à Ibahrizen, dans la commune d’Aït-Chaffaï. Ce projet est aussi à l’arrêt depuis le 30 mai 2014 pour motif de problème d’accès vers le site de réalisation.  

29 projets privés 

S’agissant des investissements privés, il y a lieu de retenir que dans le cadre du programme de soutien à la relance économique, subventionné par le Fonds national de développement de la pêche et de l’aquaculture (FNDPA), la wilaya de Tizi Ouzou, selon toujours la DPA, a bénéficié de 29 projets dont le montant global est évalué à 1. 594. 197. 284, 70 DA et le montant global des subventions est de l’ordre de 691 634 277 DA, soit un taux de 43, 38 % du coût global des projets. Ces projets sont répartis comme suit : une ferme aquacole, un thonier senneur de 25,2 mètres, six projets intégrés réunissant 08 chalutiers et 03 camions frigorifiques, 06 sardiniers, 13 petits métiers, un projet intégré composé de poissonnerie et d’un camion frigorifique et enfin, une station de ravitaillement.

Quant aux projets initiés dans le cadre des différents dispositifs, ils sont au nombre de 114. Les réalisations portent sur 60 petits métiers, et ce par financement dans le cadre de la solidarité nationale, 18 sont financés dans le cadre de NESDA (ex-ANSEJ) lesquels portent sur 04 senneurs et 14 petits métiers, et dans le cadre des formules CNAC et ANGEM, la réalisation a porté sur 36 projets. Il s’agit de 09 senneurs, 26 petits métiers et 01 moteur pour barque. Il est également à signaler deux projets en cours de réalisation, et ce dans le cadre d’autofinancement. Il s’agit d’un petit métier et de l’acquisition d’un sardinier pour cette année 2025.

Toujours dans ce cadre de réalisation, la DPA relève que dans le domaine d’aquaculture marine, la wilaya de Tizi Ouzou dispose de 04 projets dont 02 sont entrés en production, un autre portant sur la coralliculture qui est en cours de réalisation et deux autres projets, dont l’un porte sur la crevetticulture  et l’autre en pisciculture sont en cour d’étude.

Dans le cadre de l’aquaculture continentale, un projet validé est en cours de montage financier. Il s’agit de l’élevage tilapia. Il y a lieu de souligner enfin que ni la DPA ni la CAHFPT de l’APW n’ont signalé tous les facteurs responsables de la cherté du poisson et sa non disponibilité en quantité voulue sur les marchés tizi-ouziens. La curiosité porte surtout sur ce dernier point lequel est directement responsable du premier. En effet, si le prix du poisson suit constamment une courbe ascendante, c’est parce qu’il n’est pas disponible en quantité suffisante.

Quant à la raison principale de celle-ci, selon des sources proches de ce dossier, bien des pêcheurs destinent leurs pêches pour d’autres pays. C’est comme le corail. Le poisson, de haute qualité bien entendu, est sujet à une transaction commerciale au large et à la faveur de la nuit. La monnaie de payement se fait en euro ou en dollars, nous a-t-on révélé. En définitive, ce n’est pas la mer méditerranée qui défavorise le consommateur algérien en poisson, mais ses propres pêcheurs.



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