Tizi Ouzou : l’activité commerciale mise à mal par la Covid-19
L’activité commerciale dans la wilaya de Tizi Ouzou a été mise à mal par la pandémie de la Covid-19. Sur les 87 000 commerçants et les 14 800 artisans que comptait la wilaya, 5 000 d’entre eux, faute de rentabilité, ont été contraints de restituer leurs registres du commerce.
C’est ce qu’a indiqué ce mardi Farouk Touri, coordinateur de l’Union UGCAA de Tizi Ouzou et secrétaire national de la formation professionnelle, à l’occasion du coup d’envoi des journées portes ouvertes organisées par le Centre national du registre du commerce, lesquelles s’étaleront jusqu’à demain. Notre interlocuteur a précisé : «Le commerce dans notre wilaya était déjà en difficulté depuis longtemps, et la pandémie du coronavirus n’a fait qu’aggraver la situation.» Farouk Touri, préférant la statistique comme argument, a relevé que durant l’année 2019, le Hirak, avec ses manifestations hebdomadaires, a été à l’origine de la baisse, à raison de 50% environ, de l’activité commerciale, et l’apparition de la pandémie du coronavirus a fait chuter davantage l’activité. «La baisse du chiffre d’affaires des commerçants due à cette pandémie, a-t-il affirmé, est estimée entre 60 et70 %». Se basant sur des données chiffrées précises, Farouk Touri a indiqué que 62 000 commerçants sur les 87 000 que compte la wilaya sont reconnus officiellement comme sérieusement lésés suite à la pandémie du coronavirus. S’agissant des commerces les plus touchés, ce sont naturellement la restauration, les cafés, les salles des fêtes et l’artisanat. Cela s’explique par leur nature même, laquelle est indissociable du regroupement de personnes. Or, avec les restrictions imposées par les autorités sanitaires pour limiter les effets de la pandémie, les rassemblements humains sont interdits, notamment dans les espaces fermés. Certes, l’Etat a assuré des aides financières à ces commerçants frappés par l’obligation de cesser momentanément leurs activités, mais cela reste insuffisant. De mai jusqu’à août 2020, l’aide financière perçue par les 41 000 commerçants était de 10 000 DA par mois chacun. Cette aide passera à 30 000 DA du début octobre jusqu’au 5 décembre de la même année, et ce au profit de 6 000 commerçants, 8 000 artisans et 4 000 transporteurs de voyageurs, soit un total de 18 000 personnes. Farouk Touri a estimé que la solution juste et appropriée à cette problématique reste le déconfinement à l’endroit de certains secteurs d’activités commerciales, notamment la restauration, les cafés, les salles des fêtes et l’artisanat. «Il va sans dire qu’en allant dans ce sens, a poursuivi notre interlocuteur, il sera question pour les professionnels du commerce de renforcer les mesures sanitaires au niveau de leurs établissements telles que le respect de la distanciation, l’utilisation du gel hydro-alcoolique, le lavage à grande eau et la désinfection avec des produits adéquats des lieux après service, etc. Il convient de relever, cependant, que le secteur commercial à Tizi Ouzou jouit aussi d’un certain positivisme. En effet, fini la bureaucratie et les difficultés d’accès à certaines données concernant justement ce secteur, et ce grâce à la mise en place du système de numérisation. «Bientôt, le système classique sera désormais derrière nous, a déclaré la directrice de la direction du registre du commerce de la wilaya de Tizi Ouzou, Fatma Hassoun, au Jeune Indépendant. Celle-ci a expliqué les différents créneaux existants dans le secteur commercial et les différentes formules y afférentes. Par ailleurs, à l’occasion de cette première journée de manifestation, abritée par l’espace de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri, il a été mis au service des visiteurs, à travers des tableaux d’affichage, toutes les données concernant le commerce. Il faut entendre par là le nombre de commerçants, le nombre de secteurs commerciaux… mais aussi par commune. Ainsi, le visiteur a appris qu’à la date arrêtée au 31 décembre 2019, la wilaya de Tizi Ouzou a comptait 9 658 producteurs de biens, 1 167 grossistes, 23 120 entreprises spécialisées dans l’offre de services et 6 exportateurs. Concernant le commerce non sédentaire portant l’offre de service, désormais, le concerné peut exercer son activité à travers tout le territoire national, et ce grâce au mécanisme dit «formule 627», alors qu’autrefois, il ne pouvait exercer son activité ambulante en dehors du territoire de sa commune. En somme, la Chambre nationale du registre du commerce (CNRC) a connu des avancées considérables et s’est ainsi mise au diapason de la réalité aussi bien nationale qu’internationale en matière de gestion du dossier commercial, et ce tant concernant les pièces administratives à exploiter que l’élément temporel nécessaire à cet effet. En dernier lieu, il convient de souligner qu’en dépit de l’importance de ce rendez-vous, les responsables de la wilaya n’ont pas jugé «utile» d’assister à son ouverture officielle. Seuls le président de l’APC de Tizi Ouzou, Ouhab Aït-Menguellet, et un élu de l’APW, Kamel Ouguemat, ont marqué de leur présence l’ouverture de cette manifestation, laquelle, rappelons-le, est d’une grande dimension.