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Nationale

Tizi Ouzou : La contestation populaire se poursuit

Tizi Ouzou : La contestation populaire se poursuit

Sept mois après son fulgurant déclenchement, la contestation populaire se poursuit implacablement à Tizi-Ouzou. Ils étaient encore ce vendredi, à l’occasion du trentième vendredi consécutif depuis cette journée mémorable du 22 février de l’année en cours, des centaines de milliers de femmes et d’hommes, issus de différents milieux sociaux et de différents courants politiques, à marcher et à crier haut et fort leur volonté de faire changer l’ordre établi instauré dès l’année 1962.

A peine la prière du Dohr terminée, les manifestants, pour la plupart, se retrouvent au lieu connu comme le point de départ de la marche, à savoir le portail du campus universitaire Hasnaoua. Des milliers d’autres, avaient des difficultés à supporter les rayons solaires, encore durs en cette fin d’été, attendaient tranquillement à l’ombre de quelques arbres tout au long de la rue Ahmed Lamali. Au signal du début de la marche, la marée humaine s’ébranla. Et au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, les rangs des manifestants grossissaient. Ils grossissaient rapidement puisque les femmes et les hommes qui attendaient sur les trottoirs rejoignaient les carrés qui arrivaient à leur hauteur. Une fois ces premiers carrées ayant atteint le carrefour du Djurdjura, il était difficile de respirer tant la foule était compacte. Quant à se frayer un chemin pour passer d’un trottoir à l’autre, non seulement il fallait avoir les poumons d’un jeune champion de course olympique, mais aussi faire preuve de patience. Et toute cette marée humaine poursuit le même objectif : réussir à instaurer une deuxième République.

Bien sûr, les slogans tant scandés à l’unisson que mentionnés sur des banderoles et pancartes n’ont pas manqué pour la circonstance. « Ulac l’vote ulac ! (pas de vote) », « Dawla madania matchi aâskaria ! (un Etat civil et non militaire) », « Libérez les détenus ! », « Naâd Atsrouhem ! (Nous avons dit que vous partirez), « Mazalagh dhimazighène mazalagh ! ( Nous demeurons toujours des Amazighs), « Allahou Akbar, Karim Tabou ! », « Assa azeka, karim Tabou yella yella ! », tels sont entre autres les principaux slogans scandés à l’unisson. Il faut préciser que la presse n’a été ciblée par ce slogan insultant par un seul carré de manifestants. Et tout indique que c’est toujours le même carré. Quant aux raisons l’incitant à s’attaquer à la presse par ce slogan elles restent à déterminer. Il n’est pas exclu cependant que ces manifestants ont pour objectif réel de briser le mouvement populaire. Il faut noter aussi que l’arrestation du Président de l’Union démocratique et Sociale (UDS), Karim Tabou, n’a pas du tout été appréciée par les militants et les citoyens de sa région natale, les Ath-Vouadou.

C’est ce qui explique ces slogans glorifiant l’ancien cadre du FFS et fondateur de l’UDS. S’agissant de slogans mentionnés sur des banderoles et pancartes, ils sont nombreux et divers, mais tous sont porteurs de grands messages. En voici certains : « Le combat continue pour le recouvrement populaire ! », « Réussir le rêve de nos martyrs », « On est là pour l’Algérie de demain ! », « Voter, c’est vendre sa patrie aux vautours » et « Non à la feuille de la déroute ! ». S’agissant de drapeaux, les deux couleurs étaient potées fièrement par des dizaines de milliers de manifestants. Une femme s’est même peint le visage avec les couleurs amazighes, et ce en sus de porter ce drapeau fièrement sur les épaules. Certains manifestants ont même fait dans l’ingéniosité en attachant les deux emblèmes sur une longue perche et portant celle-ci au-dessus d’eux. Soulignons enfin qu’en dépit de cette marée humaine, la manifestation s’est déroulée pacifiquement. Le point d’arrivée reste la place de l’Olivier, bien entendu.

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