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Nationale

Tizi Ouzou : Journée d’étude sur le rôle de la société civile dans le développement sociétal

Tizi Ouzou : Journée d’étude sur le rôle de la société civile dans le développement sociétal

Sur l’initiative de l’association Femme active, présidée par
El-Djouher Hachemi, des officiers et des cadres de la sûreté de la wilaya de Tizi Ouzou, des universitaires, des chercheurs et des académiciens ainsi que des acteurs du mouvement associatif venus de différentes wilayas du pays se sont rencontrés, jeudi dernier à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, pour étudier et débattre autour du thème « Le rôle de la société civile dans le développement sociétal, réalité et perspectives ».

Devant une assistance nombreuse et attentionnée, les conférenciers ont déclaré, à l’unanimité, que la société algérienne subit de grandes dérives et qu’il y a péril en la demeure.

« A défaut d’une implication réelle et effective de toutes les parties soucieuses de l’avenir de la nation, notre société va tout droit vers l’irréparable », ont souligné les intervenants, y compris le représentant des affaires religieuses de la wilaya de Tizi Ouzou, l’universitaire Abderrahmane Sadok.

Après la déclaration d’ouverture de la séance des travaux faite par El-Djouher Hachemi, celui-ci est intervenu pour signaler une décadence, et ce à tous les niveaux de la société algérienne. Abderrahmane Sadok a reconnu que même la mosquée ne remplit pas toujours sa mission, à savoir enseigner aux fidèles les principes du civisme et leur apprendre l’amour du prochain.

Pour sa part, le Dr Ahmed Mizab, président de la commission algéro-africaine pour la paix et la réconciliation, a fustigé les représentants de la société civile et les intellectuels, coupables à ses yeux, par leur inertie et leur absence de motivation, d’avoir failli à leur mission.

« Notre pays a vécu des périodes et des événements pendant lesquels ces intellectuels et ces représentants de la société civile ont été interpellés de fait. Mais aucun d’eux, hélas, n’a jugé bon de se mobiliser », a regretté l’intervenant. Et de conclure : « Avec de tels comportements de la part de celles et de ceux que l’on considère comme des sentinelles avant-gardistes, il ne faut pas s’étonner que notre société connaisse des déviations. »

Du côté des services de sécurité, c’est aussi la grande consternation. En effet, les officiers de police de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou, en l’occurrence Nabil Mokhtara et Djamila Temar, ont dressé un tableau des plus noirs de l’ordre sociologique et de la scène sécuritaire dans la wilaya de Tizi Ouzou, sans pour autant donner de chiffres concernant les infractions à la morale.

Ces deux officiers ont toutefois rappelé que le simple citoyen est loin de connaître ce que savent celles et ceux dont la mission est de combattre le crime.

« Pour vous, les bons citoyens, les choses vous paraissent ordinaires car vous ne sortez que le jour, mais nous, les personnels de sécurité, nous découvrons la nuit des choses innommables », ont souligné Nabil Mokhtara et Djamila Temar. Une projection vidéo montrant des scènes de violence filmées dans nos différents espaces publics s’en est suivie.

 Même dans nos écoles, la violence est omniprésente. Certaines scènes peuvent même être choquantes. La caméra du reporter a effectivement filmé un groupe de jeunes armés de sabres et de machettes en marche pour le combat.

Une autre scène montre un molosse, sur le point de bondir, qui est tenu en laisse par son maître, un agresseur. Pour conclure, les deux représentants de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou ont déclaré ne pouvoir venir à bout des crimes sans la collaboration des représentants de la société civile.

Le Dr Saïd Bouyzeri, de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, a également exprimé son indignation face au dangereux recul de la morale dans notre pays. Le Dr Saïd Bouyzeri, spécialiste en droit et animateur d’une multitude de conférences nationales et internationales, a pointé du doigt l’origine responsable des déviations de la société algérienne, à savoir la rupture brutale avec les préceptes éducatifs de nos aïeux.

« Autrefois, l’éducation de l’individu, en ville ou à la campagne, commençait au sein même de la famille, puis dans l’entourage, et ainsi de suite. En somme, c’était toute la société qui participait à l’éducation de l’individu. 

Ce n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il noté. L’intervenant a imputé par ailleurs certains comportements néfastes à une mauvaise interprétation du code musulman, notamment concernant la relation du couple. Certains hommes croient – à tort bien entendu – que l’islam a mis l’accent sur la phallocratie. Par cette mauvaise compréhension des préceptes de l’islam, bien des hommes ont détruit leur foyer.

Le Dr Saïd Bouyzeri a cité l’exemple d’un couple qui était sur le point de rompre mais qui, grâce à son intervention ayant consisté à expliquer la véritable relation homme-femme au sein d’un couple selon le droit musulman, s’est finalement réconcilié.

Une multitude d’autres interventions ont suivi. Le Dr Rachid Belkhir, spécialisé en psychologie, est intervenu sur le thème « Répercussions psychologiques chez l’enfant victime d’une agression sexuelle ». Il a non seulement expliqué le cas sur le plan purement scientifique, mais l’a lié à la dépravation des mœurs dans la société algérienne.

Au final, la présidente de Femme active a repris le micro pour exhorter les différentes associations à s’impliquer davantage dans la lutte contre le recul des bonnes mœurs en Algérie, mais aussi pour plaider le retrait de l’agrément aux associations dont le seul objectif est d’obtenir les subventions des pouvoirs publics. 

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