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Nationale

Tizi-Ouzou : Des universitaires à la rescousse

Tizi-Ouzou : Des universitaires à la rescousse

Pourquoi la wilaya de Tizi-Ouzou, en dépit de ses énormes potentialités tant naturelles qu’humaines, reste à la traîne en matière de développement local ?

Manque-t-il un cadre juridique adéquat quant à la relance des secteurs économiques ? Est-ce la faute aux politiques ? Où se cache l’élément déclencheur de la mise en marche de la machine économique ?

C’est dans le but de trouver la faille qu’économistes et chercheurs de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, élus et APW, représentants de la société civile et acteurs et agents économiques se sont retrouvés réunis récemment dans l’espace de l’hémicycle Rabah Aïssat.

La réunion s’est tenue autour d’un séminaire organisé par l’Association « Asalas » et ayant pour thème « La wilaya de Tizi-Ouzou : entre les zones industrielles et les vitalités locales, quelles passerelles pour une intelligence territoriales ? » 

Signalons d’emblée que les économistes et chercheurs de l’université Mouloud Mammeri, à travers les seize communications qu’ils ont faites, ont prouvé aisément que sur le plan éminemment scientifique, le développement local dans la wilaya de Tizi-Ouzou est un jeu d’enfant.

Et, par conséquent, ils ont, à travers un clin d’œil, les agents politiques et juridiques comme vecteurs directement responsables de l’inertie économique et sociale dont souffre tant la région. Cependant, les investisseurs n’ont pas été exemptés de tout reproche.

Leur « culpabilité » réside essentiellement dans leur peu d’intérêt à l’élément informationnel qui est pourtant la principale clef de réussite de leurs entreprises. « Il faut savoir où s’adresser pour chercher l’information utile pour l’entreprise dans sa quête de créneaux

d’investissement », ont signalé les universitaires. Ils n’ont pas manqué de souligner que l’université n’a jamais caché sa volonté de conseiller et d’accompagner les entreprises économiques et des initiatives en quête de création de richesses.

Un cadre du FFS, le Dr Begriche, a estimé quant à lui que les enseignants de l’université Mouloud Mammeri ont aussi leur part de responsabilité dans cette indigence économique dont souffre tant la wilaya de Tizi-Ouzou.

« Nos enseignants universitaires, en tant qu’intellectuels, affirmera le Dr Begriche, se contentent seulement, et ce bien souvent, de prodiguer des conseils alors que l’idéal serait naturellement qu’ils rentrent de directement plain-pied dans le champ politique ». 

Selon ce cadre du FFS, l’implication directe de l’intellectuel dans la pratique politique constitue la meilleure garantie de confisquer le badge politique à des incompétents lesquels sont nombreux jusqu’à maintenant à s’occuper de ce volet (politique).

Quand un universitaire a signalé l’existence d’un fonds d’investissement de l’Etat destiné à assurer une aide aux entrepreneurs, et ce au profit des 48 wilayas du pays, les élus APW ont trouvé là une occasion de jeter la pierre sur l’administration centrale. Ce fonds d’investissement en question a été créé par l’Etat en 2009 et destiné à chacune des 48 wilayas du pays.

Une note du ministère des Finances datée de 2011 stipule les secteurs pouvant jouir de cette aide ainsi que le profil de l’investisseur pouvant y avoir droit. Le montant d’aide à chaque investisseur remplissant les conditions énumérées par la note ministérielle est de 50 millions de centimes. Il y également précisé le choix d’un organe en charge de ce fonds d’investissement pour chaque wilaya.

Pour la wilaya de Tizi-Ouzou, c’est la Banque extérieure d’Algérie (BEA) qui a été retenue comme organe compétent à gérer son fonds d’investissement. Seulement, aucun investisseur de la wilaya de Tizi-Ouzou n’a bénéficié de cette aide de l’Etat. Le motif : la BEA n’a pas créé un service pour gérer cette cagnotte. 

C’est du moins la raison invoquée officiellement par le banquier concerné. Là encore, le flou a régné au sein même des élus de l’APW de Tizi-Ouzou, puisque chacun a interprété à cette façon la loi. En effet, pour certains, toute personne désireuse de mettre sur pied une entreprise ou lancer un projet, ouvre plein droit à cette aide de 500. 000, 00 DA.

Pour d’autres, seules les entreprises en contrat de partenariat avec un service de l’Etat ouvrent droit à une telle aide. Toujours est-il cependant que pour des raisons qui restent à déterminer, la BEA n’a pas encore créé de service pour gérer les opérations de chapitre intitulé « Fonds d’aide à l’investissement ». Autrement dit, aucun investisseur de la wilaya de Tizi-Ouzou, remplissant les conditions ou non, n’a vu la couleur de cet argent jusqu’à présent.

Le cadre juridique existant jusqu’à maintenant en matière d’investissement a fait aussi grincer des dents pour certains universitaires lesquels ont plaidé pour sa refonte entière puisque « l’intelligence de l’investissement relève de l’esprit libre ». A ce titre, l’économiste et chercheur, Belkacem Boukhrouf, a cité deux exemples phares de l’intelligence individuelle.

Le premier concerne une femme de 42 ans, et mère de famille qui a eu l’idée de faire de la broderie avec le verre. Pour trouver cette matière, la dame a décidé de récupérer du verre des bouteilles de bière lesquelles sont en abondance. La brave couturière a même chargé des personnes pour ravitailler son atelier en cette matière. Pour transformer le verre en poudre, elle utilise le traditionnel moulin manuel fait de grès.

Le travail est pénible. Elle a même pensé à acheter une machine automatique. Pour cet achat, elle a sollicité une aide financière à l’Etat d’un modeste montant de 100. 000, 00 DA. La demande de la couturière est restée lettre morte. Quant au second : c’est un ingénieur qui a inventé une technique révolutionnaire.
Les services de l’Etat ont « ignoré » sa demande d’aide financière pour mettre sur pied son atelier.

Et bien souvent, la faute incombe réellement à quelques bureaucrates et fonctionnaires véreux.
Et pour finir, maintenant que les universitaires sont venus à la rescousse du développement local, tous les paris sont ouverts. 

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