Tizi Ouzou  :   Mouloud Feraoun revisité – Le Jeune Indépendant
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Culture

Tizi Ouzou  :   Mouloud Feraoun revisité

Tizi Ouzou  :   Mouloud Feraoun revisité

Des conférences et une exposition d’articles de presse ainsi qu’une multitude d’autres documents au contenu historique, tels sont quelques éléments ayant plongé le public soixante et un ans, jour pour jour, dans le passé, plus explicitement en cette journée du 15 mars 1962 à El-Biar où Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, et quatre autres de leurs camarades, en l’occurrence Salah Ould Aoudia, Marcel Basset, Robert Eymard et Max Marchand, ont été froidement assassinés par un commando de la sinistre OAS. 

Un document contenant un extrait du livre du fils de Salah Ould Aoudia a particulièrement attiré l’attention. Son auteur, après une enquête de plusieurs années sur les circonstances exactes de la mort de son père et de ses camarades, est revenu avec précision sur les événements tragiques de cette matinée du 15 mars 1962 à Alger. Le document rapporte que les six martyrs savaient qu’ils étaient ciblés par l’OAS. C’est pourquoi les convocations à cette réunion de travail ont été transmises aux concernés oralement, et ce par mesure de précaution. Toujours par mesure de sécurité, le lieu devant abriter cette réunion a été changé. 

En effet, au lieu de la salle de réunion habituelle, les organisateurs ont choisi un autre bâtiment fait en préfabriqué. Cependant, en dépit de cela, le commando de l’OAS a réussi à éventer le secret. Ainsi, quelques minutes après l’ouverture de la séance de travail, le commando fit irruption dans la salle en criant : « Six parmi vous sont condamnés à mort ! ». En même temps, l’homme, qui semblait être le chef, tira une liste de sa poche et lut les noms des personnes condamnées. On les fit sortir dehors pour les aligner dos contre le mur. Ensuite, tout se passa très vite. Avec des pistolets-mitrailleurs, le commando ouvrit le feu. Les corps des six martyrs furent criblés de balles. 

Soixante et un an après cette tragédie, le jeune Algérien peut aujourd’hui se poser légitimement cette question : comment le commando de l’OAS a-t-il réussi à s’informer sur le moment et le lieu exact de la tenue de la réunion ? Il convient de rappeler que la convocation de l’ensemble des participants à la réunion en question a été faite oralement. Cela veut dire que l’information a circulé de bouche à oreille. Le lieu exact de la réunion a également été changé. L’OAS avait-elle une taupe parmi les éléments travailleurs du Centre social ? 

Notons enfin que l’assassinat de Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène et quatre autres de leurs camarades a provoqué une indignation et une réaction qui a fait perdre à l’OAS toute crédibilité. En d’autres termes, en assassinant ces six enseignants, elle n’a fait que sonner le glas pour elle-même. 

  

 

 

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