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Culture

Tizi Ouzou  : Colloque sur les savants musulmans de Kabylie

Tizi Ouzou  : Colloque sur les savants musulmans de Kabylie

Sur initiative de l’association Djemiaât El-Islamia, en collaboration avec la direction de la culture et des arts de la wilaya de Tizi Ouzou, un colloque scientifique autour du thème « Les savants musulmans de Kabylie » a été abrité, ce samedi, par l’espace du Petit Théâtre de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. 

Devant une assistance nombreuse et éminemment intellectuelle, parmi laquelle se trouvaient des représentants des autorités civiles et militaires, à leur tête le wali Djillali Doumi, le président de l’association Djemaâ El-Islamia, Abderrazak Guesam, les représentants de la société civile, les représentants du Haut Conseil à la jeunesse, des délégations venues des différentes wilayas du pays, à l’instar de Boumerdès, Alger, Tlemcen, Béjaïa, les trois conférenciers qui sont intervenus, en l’occurrence le Pr Saïd Maoual, le Dr Saïd Bournane et le Pr El-Kadi Khallil, ont levé un voile important sur une partie de notre histoire nationale, notamment sur le rôle joué par les savants musulmans durant l’époque coloniale dans le cadre du mouvement national. 

Le premier à prendre la parole a été le Pr Saïd Maouel. Sans prendre de gants, il a dit d’emblée : « Il faut absolument lutter contre l’amnésie. Nous avons oublié beaucoup de nos illustres savants et combattants. ». Il a cité beaucoup de nos illustres personnages qui, par leur grande science, leur fibre patriotique et leur engagement pour la cause juste, ont marqué de leur empreinte l’histoire, même si celle-ci reste malheureusement à découvrir. Sur ce volet précis, le Pr Saïd Maouel a cité une multitude de noms. Il s’agit, entre autres, de Cheikh Mohand-Ouali Oussahnnoune, Cheikh Mahdi Saklaoui de Mekla, Cheikh Saïd Abouyala, Cheikh Sidi Tayeb de Timlliline (Iflissen) et Mohamed Tazrout de la région d’Aghribs. Concernant le premier cité, l’assistance a appris du conférencier que par son opposition farouche et implacable à la colonisation française, il a été déporté en Nouvelle-Calédonie, où il a subi l’enfer du pénitencier pendant de longues années. 

Pour sa part, Cheikh Mahdi Seklaoui, après avoir lutté contre l’occupant français et refusant catégoriquement de vivre sous son autorité, a préféré s’exiler en Syrie. Et durant son voyage d’exil, il a entraîné avec lui 20 000 personnes. Celles-ci n’étaient autres que des combattants et des membres de leurs familles. Le natif d’Iflissen, en l’occurrence Sidi-Tayeb, a pris part au mouvement insurrectionnel de 1871. Le Pr Saïd Maouel s’en est pris violemment aux falsificateurs de l’histoire qui, par hypocrisie ou pédanterie, ne cessent de tenter de tromper les Algériens. 

Pour sa part, le Dr Saïd Bournane a fait une communication sur la vie tumultueuse mais chevaleresque de Cheikh Arezki Cherfaoui, né en 1877 dans la région d’Azazga et décédé le 26 décembre 1944 au village de Cheurfa, dans la commune d’Azazga. Le conférencier a appris à l’assistance que même étant d’une lignée de la noblesse religieuse, Cheikh Arezki Cherfaoui était issue d’une famille très modeste sinon pauvre.

Et c’est par un amour sans bornes à la science et au savoir qu’il a réussi à s’instruire et même à devenir un savant musulman émérite et incontesté. En effet, selon le Dr Saïd Bournane, son père a voulu le garder auprès de lui pour l’aider dans les travaux de ses champs car les temps étaient très difficiles à l’époque, notamment pour les familles algériennes. Mais l’enfant a préféré faire son entrée à la zaouïa pour forger ses premières armes. Son père a tenté de le retirer de l’école et faire de lui son assistant dans les durs travaux des champs.

Le jeune Amar, au lieu de suivre son père, a pris la direction d’Alger pour suivre des cours de théologie auprès du Cheikh Ahmed B’djaoui. Quand l’enseignement de celui-ci a pris fin, alors que le jeune Amar voulait toujours plus de connaissances, il a décidé de rejoindre l’université d’El-Azhar. Après de dures aventures, il a eu son diplôme avec mention et a décidé alors de rester en Egypte. Toutefois, motivé par le devoir d’apprendre la science à ses frères, il est rentré en Algérie en 1933. Et de 1933 jusqu’à sa mort, en 1944, il a formé plusieurs de ses compatriotes. Il leur a enseigné les sciences islamiques et surtout la branche portant sur le djihad, cette filière tant redoutée par l’ordre colonial français. Le djihad fut enseigné par l’un de ses disciples à la zaouïa Sidi Abderrahmane Illouli, dans la commune d’Illoula-Oumalou. « Plus encore, a martelé le Dr Saïd Bournane, sur instruction des hauts responsables du mouvement national et du FLN, à l’instar d’Aït-Ahmed et Ouamrane, l’une des caves de la zaouïa de Sidi Abderrahmane Illouli a servi de cachette pour les armes de l’ALN ». « Aussi, ceux qui prétendent aujourd’hui, a poursuivi l’orateur, que la Djemiaât El-Islamia n’a pas participé à la guerre de libération nationale sont dans l’erreur ».

 Il a également noté que les théologiens ont contribué à la prise de conscience et, par conséquent, à la préparation des Algériens pour la guerre. Pour sa part, le troisième conférencier, le Pr El-Kadi Khallil, a magistralement développé sa thématique sur l’illustre fondateur de la Tarika Errahmania. « Tarika qui comportait plus de mille branches et courants de pensée », a-t-il affirmé. Il a également dit que la Tarika Errahmania, dans son essence, remonte à l’époque du prophète Mohammed (que le salut soit sur lui). 

 

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