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Nationale

Tizi-Ouzou : Beaucoup d’argent est parti en fumée

Tizi-Ouzou : Beaucoup d’argent est parti en fumée

Mohamed Bouderbali a effectué une visite marathon, avant-hier, à l’effet d’examiner sur le terrain et de constater de visu certains grands projets de développement.

A l’occasion de cette sortie, la première du genre depuis son installation à la tête de l’exécutif de la wilaya en date du 5 de ce mois, le wali a visité et inspecté effectivement pas moins de 13 points : la gare ferroviaire de Tadmaït, le tunnel de Draâ-Ben Khedda, l’échangeur sur la RN 12, plus exactement au lieudit « Bouaïd » qui constitue le point de démarrage du projet de la pénétrante, les viaducs n° 1 et 2 sis à Oued-Falli et Draâ-El-Mizan lesquels se trouvent sur l’axe de la pénétrante, le tunnel de Draâ-El-Mizan sur la pénétrante, la cuvette du barrage de Souk N’tlatha, les travaux des dérivations provisoires des oueds coulant à proximité du barrage de Souk N’tlatha, le stade de 50.000 places de Boukhalfa, le projet du téléphérique à partir de son point de départ (gare de Kef Nadja) et des points 09 et 10, tous deux sis à la nouvelle-ville et enfin les gares G3 au stade du 1er-Novembre 1954 et G4 et G5 à proximité du CEM Babouche (M’douha).

Signalons-le tout de suite : la gabegie est bien réelle dans l’exécution des travaux de ces projets structurants. Le pire, c’est que bien souvent « l’incompétence » dans cette exécution est provoquée d’une façon délibérée. 

Car, il n’est point besoin d’être sorti de l’Ecole polytechnique pour connaître le bon ordre des opérations à suivre dans leur exécution dans un projet donné. Le premier cas de ce genre a été enregistré lors de cette sortie à la gare ferroviaire de Tadmaït. La pose des rails était arrivée devant le quai même de la gare. Les responsables du projet n’ont pas « pensé » à l’opération d’électrification.

Dans leur plan de travail initial, ils ont prévu la fin de l’opération de la pose des rails pour ensuite chercher à placer les appareils et mécanismes électriques nécessaires. Il a fallu l’intervention du chef du protocole du wali, Rabah Harrouche, pour rappeler l’exécution des opérations selon leur ordre naturel.

Soit donc de mener en même temps les opérations d’électrification et la pose des rails. De la sorte, il y aura économie d’argent et de temps.

Le wali a aussitôt donné l’ordre aux exécuteurs du projet ferroviaire de prendre dans les plus brefs délais contact avec la SONELGAZ pour arrêter en commun le plan d’électrification. Le Jeune Indépendant, en tant que témoin privilégié de la mise au point et du lancement des différents projets de développement de la wilaya de Tizi-Ouzou au cours de ces 18 dernières années au moins, et des différents acteurs concernés, tient à relever et à signaler, preuves à l’appui, les grandes qualités professionnelles et morales de Rabah Harrouche.

En tout cas, Mohamed Bouderbali a insisté pour que la mesure correctionnelle suggérée par son chef de protocole soit mise impérativement à exécution et dans les plus brefs délais. A noter que beaucoup de carences seront relevées dans les autres points visités. Cependant, l’innommable sera dévoilé dans le projet du barrage de Souk N’tlatha.

L’Etat ou tout simplement la collectivité est outrageusement victime d’opérations d’escroquerie et d’extorsion de fonds. Les mots peuvent faire peur. Il n’en demeure pas moins cependant que c’est la réalité qui fait réellement peur.

En effet, de l’aveu même du chef de projet de ce barrage, le coût initial de cet ouvrage hydraulique destiné à alimenter en eau potable et industrielle les wilayas de Tizi-Ouzou et de Boumerdès était de 11 milliards de DA.

A présent, ce coût vient d’atteindre 15 milliards de DA. La mort dans l’âme, ce chef de projet a ajouté que d’ici 2017, ce coût de 15 milliards de DA passera inévitablement à 21 milliards de DA. En somme, depuis 2010, année de l’inscription et du début des travaux, ce barrage, connaîtra en un laps de temps de 7 ans un surcoût de 10 milliards de DA.

Et pour dire les choses crûment, faute d’une mesure correctionnelle courageuse, il ne sera aucunement impossible que ce montant de 21 milliards de DA soit encore dépassé. En effet, le taux d’avancement global des travaux n’est que de 20 %. Selon la fiche technique de ce projet, la période totale des différents arrêts des travaux est de pas moins de 36 mois.

Cette succession d’arrêts des travaux est due officiellement aux oppositions citoyennes. Toutefois, selon bien des honnêtetés intellectuelles, ces citoyens qui s’opposent souvent à la poursuite des travaux ne peuvent agir sans les conseils complices de certains personnages tapis dans l’ombre. Le nombre de ces personnes demandant l’indemnisation ne cesse d’augmenter, ainsi que leurs exigences.

Des 700.000,00 DA octroyés par l’Etat dans le cadre de la formule de l’aide à l’habitat rural et des 800.000,00 DA accordés par l’APW à chacun de ces individus, l’exigence est portée sur le versement de la totalité de la somme en une seule opération.

Le nombre de familles reconnues à présent comme ouvrant droit à l’indemnisation est de 236. « Presque chaque jour, des jeunes se présentent ici sur le chantier au motif de leur régularisation d’où la difficulté à travailler « , a avoué le chef de projet qui n’a pas manqué de souligner en aparté au Jeune Indépendant que la situation est intenable.

Ce responsable avouera enfin que le coût des travaux du barrage est plus élevé que le montant réservé au chapitre des indemnités. Cela relève bien de l’inédit. Le wali dira plus tard que « l’Etat ne peut pas commettre une iniquité à l’endroit du citoyen. « 

« En revanche, poursuit Mohamed Bouderbali, le citoyen doit comprendre que personne n’a le droit d’empêcher la réalisation des projets stratégiques en matière de développement destinés pour cette wilaya « .

Il a affirmé que son intention est de « privilégier le dialogue entre les parties concernées, car seul ce dialogue peut faire émerger la compréhension de laquelle dépend fondamentalement la poursuite des opérations de développement de cette wilaya ».

Le wali ne devait certainement pas ignorer que parmi les différents responsables et interlocuteurs qu’il a eus au cours de cette journée se cachaient des personnages peu scrupuleux même si leurs habits et discours leur donnent l’allure de gentlemen. 

Notons enfin qu’il n’est pas difficile pour l’Etat de faire tomber les masques. L’Etat a manifesté beaucoup d’indulgence pour la Kabylie en général, Tizi-Ouzou particulièrement, suite aux mauvais vents qui l’ont fouettée dans le passé.

Hélas, de mauvais esprits ont interprété cette indulgence comme une faiblesse, d’où leur excès dans la violation des lois de la République. Et, par conséquent, il est temps de mettre fin à cette tolérance, car les citoyens, dans leur écrasante majorité, commencent à en avoir assez. En effet, le mal que leur font subir leurs concitoyens qui violent les lois de la République depuis un certain nombre d’années déjà est pire que celui qui leur a été causé par les mauvais vents du passé.

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