Tizi Ouzou  : A la découverte du produit vannier – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Tizi Ouzou  : A la découverte du produit vannier

Tizi Ouzou  :  A la découverte du produit vannier

Entre autres activités marquant yennayer 2973 dans l’espace de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou figure l’exposition-vente du produit vannier, connu pour sa nature écologique, plus exactement la corbeille et la hotte. 

L’un des artisans exposants ayant attiré l’attention s’appelle Arezki Oultache, du village de Tarihant, dans la commune de Boudjima. Selon ses dires, il s’est investi dans l’artisanat portant sur la vannerie dès les premières années ayant suivi l’indépendance nationale, plus exactement en 1965. Sa grande spécialité est la confection de la corbeille et du couffin, éléments faits d’osier et de roseau, en toute dimension. 

Des mains expertes comme celle d’Arezki Oultache, une corbeille (thakchwalt) est confectionnée en un laps de temps ne dépassant pas une journée, et la grande corbeille, appelée aussi « hotte » (akchwal), est confectionnée en trois jours. La corbeille est confectionnée à partir de deux éléments : le roseau et l’osier. Celui-ci pousse dans des lieux humides, souvent aux abords des oueds.

Comment est confectionnée la corbeille ? Le vannier prend tout d’abord quelques longs et solides roseaux. Il les nettoie et les polit à l’aide d’une lame de couteau. Ensuite, il les découpe en fines tiges, dont l’épaisseur ne dépasse pas une trentaine de millimètres. Quant aux lianes d’osier, après les avoir découpées de leur tronc, elles sont exposées au soleil pour séchage. La liane d’osier est connue pour sa flexibilité naturelle. Après son séchage, elle maintient sa totale flexibilité tout en renforçant sa solidité. 

Pour les tiges de roseau, c’est presque le même principe. Si le roseau entier est cassable à la pression, ce n’est pas le cas une fois découpé en plusieurs tiges ou lignes. Une fois ces matériaux prêts pour usage, le vannier commence par faire le socle de la corbeille en liane d’osier. Une fois l’opération terminée, il s’attaque ensuite à faire les parois de la corbeille en utilisant, cette fois-ci, le roseau, et ce en exécutant une parfaite forme circulaire. Une fois les parois terminées, l’étape suivante consiste à faire les contours supérieurs en osier, et ce pour assurer la solidité de la corbeille. L’étape finale consiste à munir la corbeille d’une anse, laquelle est faite aussi en osier. Il va sans dire que l’anse sert à tenir l’objet confectionné par la main ou le laisser pendre à l’avant-bras.

Pourquoi donc ce soudain regain d’intérêt pour la corbeille ? Tout d’abord, en sus d’être un élément solide et très durable (une corbeille entretenue peut avoir facilement une trentaine d’années de vie), elle est surtout écologique. Arezki Oultache est justement un écologiste de longue date. Ensuite, les fruits et les légumes ainsi que le produit maraîcher, notamment la tomate, sont mieux conservés dans la corbeille que dans un autre récipient fait d’une autre matière. Pour les achats au marché, la corbeille est de loin la plus indiquée par rapport au sachet en plastique. 

Pour toutes ces raisons, la corbeille connaît à présent une redécouverte. Le succès de son utilisation vient de son aspect écologique d’abord, culturel et identitaire ensuite. Il n’est pas moins vrai cependant que la corbeille n’est pas propre au savoir-faire algérien. La corbeille faite de roseau et d’osier est utilisée un peu partout dans le monde, notamment en Europe, et ce depuis plusieurs siècles.

 

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