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Nationale

Timimoun une perle dans le désert

Timimoun une perle dans le désert

Après 26 heures de route à bord d’un confortable bus qui transportait un groupe de journalistes et des touristes, nous mettons enfin pied sur une place « sablée » de Timimoun : l’Oasis rouge. La perle du Gourara. Celle qui continue toujours d’inspirer tant de poètes, tant de chanteurs, tant d’artistes peintres nous accueille avec l’air d’une hôtesse qui semblait nous faire le reproche d’avoir trop « traîné » en route pour la retrouver.

Qu’à cela ne tienne. Timimoun n’a pas été chiche avec nous. Elle ne nous a privés de rien. De quoi tomber sous son charme dès qu’on y arrive. Appelée « Oasis rouge » en référence à la couleur de son argile, retracé dans la peinture de toutes ses constructions, Timimoun enregistre un « pic » de touristes dès la deuxième quinzaine de décembre de chaque année. Durant la traversée du désert, le fameux Grand Erg occidental, qui a duré plusieurs heures en compagnie de plusieurs touristes, pris en charge par l’agence Happy Box, les yeux n’étaient rivés que sur cette immensité ocre-rougeâtre qui s’étend sur des centaines et des centaines de kilomètres et qui laisse apparaître, de temps à autre, un îlot vert perdu dans cet immense océan de sable dont la beauté n’a d’égale nulle part ailleurs.

Pied à terre pour une évasion vers…l’infini

La trentaine de touristes, dont une partie est issue de la communauté algérienne de France, vient de découvrir le Sahara algérien, particulièrement Timimoun. Située à 1 500 km de la capitale l’Oasis rouge, qui est depuis deux ans érigée en wilaya déléguée dépendant de la wilaya d’Adrar, dispose d’un potentiel touristique riche et varié. En commençant par ce que la nature lui a procuré de paysages à couper le souffle. Une impression d’être dans une carte postale. L’hospitalité des Timimounais est légendaire. Les habitants des contrées, éparpillés dans un imposant massif dunaire de plus de 80 000 km2, sont habitués à se frotter aux touristes. D’où une tolérance sans faille envers les étrangers, toutes races et toutes religions confondues. La première journée de notre séjour est marquée par l’ouverture officielle du festival Ahallil. Une manifestation culturelle propre aux us ‘’lyriques’’ du Touat et du Gourara. Il s’agit d’un chant religieux soufi pratiqué depuis des siècles dans le Gourara, utilisant des instruments traditionnels locaux. Ahallil a été classé patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. C’est en fin d’après-midi qu’une quarantaine de troupes ont défilé devant les visiteurs, ébahis par cette atmosphère qui frôle la transe, les troupes entonnant des chants traditionnels. On n’est là que pour faire le bonheur de ces milliers de visiteurs venus passer les vacances de fin d’année, loin des villes et de leur vacarme.

La « pudeur » prononcée du lever du jour

Le jour se lève à Timimoun sans que l’on s’en rende compte. Aucun bruit ne vient perturber le calme absolu régnant. Après un petit déjeuner bien consistant, tout le monde se dit prêt à la découverte de cette perle du Sahara qui n’a pas encore révélé toutes ses merveilles. Diverses activités sportives et de voltige, dont le ‘’para-pente’’, sont au programme. Des professionnels de ce dernier sport sont au rendez-vous pour nous offrir un spectacle à faire monter

l’adrénaline. Le désert est immense. Il n’y a rien qui puisse gêner ces sportifs à planer au-dessus de dizaines de spectateurs fortement impressionnés. Puis vient l’un des moments les plus attendus de la journée : celui du coucher du soleil. Tout le monde attend ce moment avec impatience. La boule de feu descend doucement jusqu’à disparition totale derrière les dunes de sable, laissant une lueur orange s’attarder sur une partie du ciel. De quoi laisser l’observateur figé devant ce tableau divin. Des troupeaux de chameaux sont conduits par des Timimounais, chèche autour de la tête et un sourire permanent sur les lèvres. On a peine à croire que ce moment est réel, palpable, matériel… Le décor pourrait être perçu par plus d’un comme une vraie carte postale.

Des ksours, des histoires et des secrets…

Ouled Said, Tinerkouk, Aougrout… sont des ksours, certes partiellement conservés, mais les spécialistes n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme : « Il est impératif de lancer un vaste programme gouvernemental pour sauver ces joyaux architecturaux d’une disparition certaine », nous lance notre guide. La région compte des centaines de ksour à l’image de « Ighzer », construit sur une grosse roche, ce qui lui permet de dominer les alentours, sur 360°. On ne badine avec la sécurité de la tribu. On avait les yeux rivés sur tout ce qui bougeait. A l’instar des berbères de Kabylie et du pays chaoui, le village (ou ksar chez les gens du grand Sud) est édifié sur les sommets des collines. Ainsi, l’ennemi est vite intercepté, et la sécurité de la communauté sauvegardée. Rien qu’à traverser les ruelles du ksar « Ighzer », on ressent cette fraternité et cette chaleur humaine qui caractérisaient ce village aujourd’hui, hélas, en ruine. Vidé de ses habitants, « Ighzer » est l’exemple type du ksar du grand Sud algérien. Les maisons « collent » à d’autres comme les demeures de la Casbah d’Alger, ce qui leur permet de garantir les fortifications sans recourir à des assises telles que l’on en conçoit aujourd’hui. Construites avec de l’argile rouge et enduites du même matériau à l’intérieur, les demeures gardent la même température : 22 degrés, été comme hiver. C’est la maison climatique par excellence. Les habitants n’omettaient jamais de réserver une chambre, encore plus fraîche en été, au dessous, que l’on rejoignait par un escalier, nécessairement en toub. Il faut dire que la grotte sur laquelle est perché ce ksar sert d’endroit de répit, frais, sollicité surtout en période chaude. « Cette grotte est l’endroit idéal pour faire face aux températures très élevées en été », nous fait savoir notre guide, qui nous a accompagnés tout au long de notre séjour à Timimoun. Un peu plus en haut, sur notre droite, assis dans le coin ombrage d’une petite allée de Ighzer, un vieil homme portant une gandoura et un chèche immaculés, au regard empli de sagesse, nous invite à visiter la Zaouia. « Venez par là mes enfants, c’est là le lieu de sépulture d’un homme pieux et sage, qui jouait un grand rôle dans la société d’autrefois. Ne quittez pas Ighzer sans faire une halte à cette koubba (tombeau en dôme, qui est lieu de pèlerinage jusqu’à présent) ». Le sexagénaire n’entend pas aussi nous voir quitter ce lieu soufi sans goûter à ses dattes d’une saveur unique. Un délice pour le palais. Des dattes transparentes dont ont voyait le noyau, servies sur un plateau de cuivre. Le sage homme, notre hôte, nous dit que consommer quelques dattes « c’est bénéficier la baraka du saint homme ». Des visiteurs venus d’Allemagne admirent la splendeur de cet endroit, en silence. Peut-être qu’ils ne trouvent rien à dire tant le paysage est sublime. Contempler dans un silence religieux paraît être une forme d’expression.

Une fin d’année sous l’œil bienveillant de la Voie lactée

Le passage de l’année 2017 à celle de 2018 sort de l’ordinaire, pour cette fois, à Timimoun. Le 31 décembre, alors que l’aiguille n’indiquait que 17 h, des centaines de véhicules, bus transportant des touristes venus d’Algérie et de l’étranger défilaient dans la même direction, celle de l’Erg. Le but : admirer le dernier coucher du soleil de l’année. Le soleil est donc tombé sous les yeux émerveillés de centaines de touristes. L’Erg a aussi servi à des exhibitions mécaniques de 4X4 et motos qui surfaient sur une étendue infinie de dunes. A minuit pile, un feu d’artifice grandiose illumine un ciel étoilé. La Voie lactée semble dire à aux fêtards : Bonne année, meilleurs vœux, et n’oubliez surtout pas, chers touristes, de prendre soin de ces trésors, don du Créateur ».

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