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Nationale

Tiguentourine, trois ans après la prise d’otages

Tiguentourine, trois ans après la prise d’otages

Au moment où l’Algérie va rendre hommage, dans deux jours, aux victimes de la lâche attaque d’un commando d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) perpétrée le 16 janvier 2013 contre la base de vie de Tinguentourine à In Amenas, sept terroristes de nationalité libyenne, fortement armés, ont été arrêtés à la veille de cet événement. S’agit-il d’un autre attentat en préparation à In Amenas ?

Trois ans sont déjà passés depuis le triste 16 janvier 2013 qui a endeuillé tout le pays, suite à une prise d’otages sanguinaire planifiée et exécutée par un commando terroriste composé de 32 éléments affiliés à Aqmi et ayant visé la base de vie de Tinguentourine, en plein désert algérien.

Trois ans déjà et la machine criminelle tente toujours de rééditer le coup malgré les pertes colossales subies par la nébuleuse, notamment le groupe armé « El Mourabitoune », auteur de cette triste attaque terroriste.

Ce groupe armé, né en plein désert malien et dont le chef n’est autre que le tristement célèbre Mokhtar Belmokhtar, vient de subir un sévère coup par l’Armée nationale populaire (ANP) suite à l’arrestation, à la veille du troisième anniversaire de l’attaque contre Tiguentourine, de sept Libyens fortement armés. Ces derniers seraient des membres d’El Mourabitoune, selon nos sources sécuritaires.

Ils étaient là avant-hier, voire depuis quelques jours, à In Amenas, sûrement pour projeter un attentat contre une infrastructure pétrolière de la région. L’opération d’arrestation a été menée par le détachement relevant du secteur opérationnel d’In Amenas /4e Région militaire.

Les militaires algériens ont arrêté les sept terroristes suite à une embuscade tendue près de la localité de Hassi-Kiyout. Aussi, quatre pistolets-mitrailleurs de type kalachnikov, quatre fusils à pompe, un fusil à lunette, une paire de jumelles, une importante quantité de munitions et trois véhicules tout-terrain ont également été récupérés lors de cette opération.

Trois ans après la prise d’otages sanguinaire du site gazier de Tiguentourine à In Amenas, il est temps de récapituler et d’en tirer les leçons pour que ce genre d’attaques terroristes ne se reproduise plus sur le sol algérien. Tiguentourine, 16 janvier 2013 : Cette ville du sud du pays abritant un immense site gazier des plus importants est ciblée par une attaque de grande envergure ; par un commando terroriste composé de plus de 30 kamikazes affiliés aux « Signataires par le Sang » et dirigés par le tristement célèbre Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Abou El Abbés en encore Mokhtar « Marlboro ».

Les terroristes, après qu’ils eurent pris pour cible un bus transportant des employés étrangers de British Petrolium, ont fort heureusement été repoussés par les gendarmes d’intervention (SSI) ; ils se sont dirigés, par la suite, vers le site gazier de Tiguentourine. En enfonçant le grand portail, un agent de sécurité algérien a été tué par les assaillants des « Signataires par le Sang ».

C’est le début d’une prise d’otages spectaculaire. Des centaines d’employés de Sonatrach et de British Petrolium, des Algériens et des étrangers seront pris en otages. Très vite, le commando terroriste s’est éparpillé en petits groupes de 5 à 6 éléments.

Chaque groupe gardait des dizaines d’otages dans les chambres et dans les couloirs du site gazier. Munis de ceintures d’explosifs, de kalachnikovs et de roquettes ainsi que de grenades, les terroristes étaient déterminés à faire un véritable carnage qui restera gravé à jamais dans les annales des prises d’otages dans le monde.

Fort heureusement, les autorités militaires algériennes, très expérimentées dans la lutte contre le phénomène du terrorisme, ont traité cette prise d’otages avec une parfaite gestion.

D’ailleurs, l’intervention des forces d’élite de l’ANP, de la Gendarmerie nationale et des unités spéciales, par hélicoptères et sur terre, a été menée avec une parfaite maîtrise

. Durant 48 heures d’encerclement du site gazier, l’intervention des unités spéciales avait permis d’éviter le pire, d’éliminer le commando terroriste et de sauver plus de 700 employés (algériens et étrangers).

Toutefois, l’attaque terroriste a causé la mort de 37 employés, dont un Algérien et 36 étrangers. Deux ans après, les Algériens se souviennent toujours de cette triste attaque suivie par le monde entier.

Le grand travail des gendarmes experts de l’INCC

Les gendarmes experts ont expliqué, durant leurs interventions, comment les unités de l’INCC sont intervenues pour traiter les empreintes génétiques et identifier les cadavres des étrangers tués lors de l’attaque et aussi des terroristes.

En présence de spécialistes de nombreux pays, conviés à participer au séminaire organisé il y a un an de cela à Alger, par le commandement de la Gendarmerie nationale, les gendarmes experts de l’INCC ont expliqué le grand travail accompli par les spécialistes de l’Institut de Bouchaoui, notamment par l’unité de la gendarmerie spécialisée dans l’identification des cadavres.

Cette unité a eu à intervenir après l’attaque terroriste, où elle a procédé à l’identification de l’ensemble des victimes, mais aussi des terroristes dans des délais très courts et de manière telle que l’opération a suscité l’admiration des responsables et des experts étrangers.

Au lendemain de cet attentat, qui a fait 37 victimes dont 36 étrangers, alors que 32 terroristes ont été éliminés, l’unité de la Gendarmerie nationale spécialisée dans l’identification des cadavres, constituée de 18 spécialistes, est arrivée sur le lieu de la prise d’otages, le 18 janvier 2013, pour procéder aux opérations d’identification des cadavres, que ce soit ceux des victimes ou encore des terroristes.

Le même jour à 7h30, les 18 gendarmes experts se trouvaient déjà à l’aéroport d’In Amenas, et à 11h30, ils étaient à l’hôpital de la ville pour entamer les prélèvements génétiques sur les corps des étrangers tués lors de la prise d’otages et identifier les auteurs de l’attaque, notamment leur nationalité, leurs armes et leur âge.

Une mission délicate dans la mesure où c’est la première fois que les gendarmes experts de l’INCC procèdent à une opération d’identification aussi vaste. Sur place, ils se sont scindés en deux équipes, composées chacune de 9 spécialistes.

La première équipe s’est chargée de la mission dite « post-mortem », qui consistait à relever et à codifier les corps et les restes cadavériques, en plus de la description des vêtements et objets personnels des cadavres (tels que téléphones, documents, bijoux, montres…), de l’examen externe des corps, particularités morphologiques et anatomiques, et du prélèvement des empreintes digitales par live scan.

La deuxième équipe dépêchée à Tiguentourine s’est chargée, quant à elle, de récupérer les échantillons prélevés par la première équipe, mais aussi de recueillir des informations sur les otages tués et de prendre notamment contact avec leurs familles en vue d’obtenir des données qui serviront à la phase appelée « ante-mortem ».

L’équipe post-mortem, pour sa part, a été encadrée par deux gendarmes, des spécialistes en médecine légale, un odontologue, deux biologistes, deux spécialistes en empreintes digitales et, enfin, des gendarmes techniciens.

D’autre part, neuf autres gendarmes experts ont été mobilisés pour faire le reste du travail, entre autres, un gendarme gestionnaire de la scène du crime, deux spécialistes en incendie-explosion, deux autres en examen de véhicules, un gendarme spécialisé en biologie, deux spécialistes en balistique et enfin un gendarme expert en électronique-informatique. Rien n’a été laissé au hasard et tout a été passé au peigne fin sur le site gazier.

Autrement dit, les étrangers tués lors de cette attaque, revendiquée par le chef sanguinaire Mokhtar Belmokhtar, ont été tous identifiés par les gendarmes enquêteurs de l’INCC. Il en a été de même pour les terroristes ayant participé à l’attaque.

Leur nationalité, leur âge ainsi que leurs armes ont été identifiés par les gendarmes experts. D’ailleurs, certaines armes utilisées par les kamikazes ont été reconnues grâce à leur numéro et leur origine (leur provenance).

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