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Culture

Tifi la femme courage

Tifi la femme courage

Mise en compétition à la dixième édition du Festival national du théâtre professionnel qui se sera clôturé le 2 juin, la pièce Tifi est présentée ce mardi 26 mai, au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi à Alger, mettant en évidence l’identité et la mémoire d’un peuple.

Ecrite et mise en scène par Mokrab Lyes et produite par le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou, la pièce Tifi relate la mythologie du dieu de la pluie, Anzar, un personnage incarné par Aouadia Makhlouf, épris follement d’une jolie femme,Tifi, rôle assuré par Abed Mezhoura. Cette œuvre relève d’un récit d’une femme courageuse qui s’est sacrifiée pour perpétuer l’identité et la mémoire d’un peuple éprouvé par l’oubli.

Dans une fontaine où Anzar a rencontré Tifi (diminutif de tifinagh signifie alphabet amazigh), cette dernière, insolente et effrontée, croit rebuter un dieu qui fait abattre sa vengeance et sa colère contre son peuple, éprouvé par la sécheresse dévastant champs et bêtes. Tiraillée entre le mythe d’Anzar et la réalité de son peuple, cette bonne femme assiste à ces événements dans toute leur rigueur et exaltation. En échange de l’eau, elle obtient du dieu de la pluie la vie éternelle à condition qu’elle perpétue à travers les temps le récit dont elle est témoin.

Perdue dans une grotte, Tifi est réduite, avec le temps, au dénuement et à l’oubli d’un peuple disloqué et amnésique de son passé. Elle se retrouve alors rejetée par un peuple qui malmène celle qui est témoin de sa mémoire.

Toujours est-il que Toudert (rôle incarné par Fellag Malik), intervient pour la protéger. Car il l’aime au point de s’opposer à son sacrifice, réclamé par Anzar en échange d’un peu de pluie. La colère d’Anzar finira par s’apaiser et sa malédiction s’achève. Le village retrouve la quiétude et Tifi et Tudert peuvent s’aimer en toute sérénité.

Assurée par treize comédiens, pour la plupart jeunes, la pièce comprend des sujets comme l’identité, l’amour, la jalousie, la haine, la mémoire et l’oubli qui s’entrechoquent. Ce spectacle est délivré dans un langage d’expression kabyle, loquace et métaphorique. Le metteur en scène Mokrab Lyes a expliqué que « le choix du kabyle comme langage théâtral était réfléchi. J’ai voulu justement perpétuer à travers cette pièce une langue ancestrale, témoin d’une mémoire et d’identité qui ont survécu grâce à l’oralité ».

Quant au décor, conçu par le scénographe Moussaoui Ferhat, il est unique, statique et classique d’autant que l’histoire se déroule en un seul lieu. Aussi, cette pièce repose sur une seule intrigue, l’unité d’action qui est nouée autour de la sécheresse et le sacrifice de Tifi. L’habillage musical, signé Kaloun Djamel, est constitué d’un arrière-plan sonore fait de chants traditionnels orchestrés par des danses folkloriques. Et la chorégraphie est l’œuvre de Namane Mohamed.

Ce 10e Festival du théâtre professionnel comprend 18 spectacles de 14 théâtres régionaux (Annaba, Sidi Bel Abbes, Tizi Ouzou, Constantine, Mascara, Béjaïa, Oran, Batna, Oum Bouagui, Skikda, Guelma, Souk Ahras, El Eulma, le Théâtre national), la coopérative Les amis de l’art de Chlef et l’association du Théâtre libre de Mila. Ils sont en compétition pour décrocher le Grand prix. Les huit spectacles en Off (hors compétition) sont programmés à la Salle El Mougar. 

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