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Nationale

Terrorisme routier: une moyenne de 15 décès par jour

Terrorisme routier: une moyenne de 15 décès par jour

La route tue de plus en plus en Algérie. Si la moyenne quotidienne était de 10 morts il y a de cela quelques années, aujourd’hui elle est passée à 15 décès.

Une véritable hécatombe dénoncée pratiquement chaque jour par les médias et autres professionnels de la question. Mais rien n’y fait, elle persiste. Toutes les mesures prises par l’Etat pour freiner l’évolution inquiétante des accidents de la route se sont avérées inefficaces.

Chaque année, 40 000 accidents se produisent, engendrant plus de 4 000 morts et quelque 60 000 blessés. Des miraculés sont devenus handicapés, selon les chiffres du Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR). Aujourd’hui, prendre sa voiture ou un transport en commun est devenu aussi dangereux que la traversée d’un champ de mines antipersonnel.

Devant le nombre d’accidents de la circulation enregistrés au quotidien, il n’existe aucun mot ni aucune métaphore pour décrire la gravité d’un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Nos routes sont devenues une calamité. Pour essayer de comprendre ce qui se passe sur nos routes, le Jeune Indépendant a fait une virée à travers les routes les plus fréquentées de la capitale en utilisant le moyen de transport le plus usité : le bus. Ainsi, tôt le matin, direction la gare routière de transport urbain de Tafourah, à Alger-centre.

Une centaine de personnes étaient déjà présentes aux arrêts de bus et ce malgré le froid glacial de cette matinée d’hiver. La mauvaise gestion de cette infrastructure, en l’absence d’agents chargés de l’organisation des départs des bus, rend la situation des usagers plus difficile. Après plus de 15 minutes d’attente, le bus est enfin arrivé. Dès l’ouverture des portes, les gens commençaient à se bousculaient pour prendre une place assise. L’incivisme de fait que certains ne prêtent même pas attention aux femmes ou aux personnes âgées.

Hamid, un fonctionnaire, nous a fait savoir que souvent des femmes sont blessées à cause de ce genre de comportement. Enfin, nous sommes montés dans le bus bondé qui est resté une bonne dizaine de minutes à la station avant de démarrer.

Le chauffeur n’a même pas pris la peine de s’excuser du retard ou d’en donner des explications aux passagers. Durant le trajet d’environ 15 km d’Alger à Ouled Fayet, le bus a failli causer pas moins de 5 accidents qui pouvaient être fatals pour les usagers, sans compter les dégâts matériels. La cause reste souvent l’excès de vitesse et les dépassements dangereux.

D’autre part, les usagers du bus que nous avons entendus étaient unanimes pour dénoncer la surcharge du véhicule et le non-respect des horaires.

« Je ne comprends pas comment un bus qui compte seulement 10 places debout se retrouve avec pas moins de 20 personnes », a fait savoir Fayçal, étudiant à l’université. « Le plus hallucinant c’est que même quand le bus est plein le receveur continue de faire monter des gens », s’est étonné un autre étudiant. La gravité de la situation est telle que nous nous sentons tous interpellés : usagers et autorités.

Pour faire face à cette situation, un plan d’urgence doit être établi en concertation avec toutes les parties concernées afin d’établir une stratégie nationale visant à réduire le nombre d’accident et de victimes. Du permis à points aux textes de loi sous forme de code de la route, des mesures sont prises par les responsables du secteur pour réduire au maximum l’hécatombe sur les routes.

Des tentatives qui, jusque-là, sont restées vaines, puisque le nombre de victimes est loin d’être revu à la baisse. De plus, la solution à ce problème doit émaner en premier lieu du citoyen, lequel se doit de respecter le code de la route et les lois en vigueur. Ensuite, vient le rôle de l’Etat qui doit réhabiliter les routes en renforçant les mesures de sécurité.

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