Terrorisme : l’Algérie sonne la charge en Afrique
À l’occasion d’une réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le ministre d’État Ahmed Attaf a plaidé pour une refonte radicale de la riposte continentale face à l’expansion fulgurante du terrorisme. Portant la vision du président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie appelle à doter l’Afrique de moyens d’action à la hauteur de périls désormais comparables à de véritables armées.
Au cours de cette réunion ministérielle du CPS de l’Union africaine, tenue par visioconférence, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a vigoureusement défendu une approche articulée autour du renforcement des capacités africaines propres, de l’intensification de la coopération internationale et de la prise en charge résolue des causes profondes d’un extrémisme violent devenu bien plus complexe et redoutable. Cette démarche s’inscrit fidèlement dans la continuité des orientations portées par le président Abdelmadjid Tebboune auprès de l’organisation panafricaine.
Dès l’ouverture de ses interventions, M. Attaf a martelé que l’évolution constante de la menace impose un changement d’échelle immédiat, affirmant avec force que les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année, plus de 17 000 Africains perdent tragiquement la vie dans des attaques terroristes, ce qui représente une effroyable moyenne de 46 victimes par jour.
En rappelant que plus de 70 pour cent des décès liés au terrorisme dans le monde sont aujourd’hui enregistrés sur le sol africain, il a souligné l’urgence absolue de structurer une réponse continentale dotée d’une efficacité redoublée.
Le chef de la diplomatie algérienne a également mis en lumière la transformation structurelle et profonde des groupes terroristes à travers le continent. Selon lui, les nations africaines ne font plus face à de simples cellules clandestines et isolées, mais à des entités hautement organisées, lourdement armées et dotées de technologies sophistiquées, s’apparentant désormais à de véritables armées terroristes.
Il a ajouté que ces organisations criminelles exploitent habilement les nouvelles technologies, les plates-formes numériques, les réseaux financiers clandestins ainsi que leurs liaisons organiques avec la criminalité transfrontalière pour décupler leur capacité de nuisance.
Au-delà du strict plan sécuritaire, M. Attaf a émis de graves mises en garde concernant les répercussions politiques et sociales dévastatrices de ce fléau. Il a déploré que cette menace ne se limite plus à la sécurité des biens et des personnes, mais qu’elle fragilise durablement les institutions souveraines des États, s’empare de vastes territoires et contraint des populations civiles entières à un choix tragique entre la soumission aveugle ou l’exil forcé.
Fort de l’expérience historique et singulière de l’Algérie dans sa propre guerre contre ce fléau, le ministre s’est néanmoins voulu porteur d’un message d’espoir. En affirmant la conviction intime de l’Algérie selon laquelle le terrorisme peut être vaincu partout en Afrique, il a soutenu que cette bataille décisive ne pourra être remportée qu’au moyen d’une riposte souple, étroitement coordonnée et globale, rigoureusement adaptée aux métamorphoses de la menace.
Dans cette perspective, M. Attaf a réitéré le plein soutien d’Alger au projet de Stratégie continentale de lutte contre le terrorisme. Il a rappelé que les chefs d’État et de gouvernement africains avaient acté de s’appuyer sur les recommandations directes du président Abdelmadjid Tebboune pour bâtir les fondements de cette nouvelle feuille de route, conçue pour consolider la cohérence et l’impact opérationnel de l’action collective africaine.
Le ministre d’État a par ailleurs plaidé avec insistance pour un rehaussement significatif des capacités opérationnelles de l’Union africaine, en insistant sur le fait qu’il ne suffit pas que les institutions continentales disposent des mandats nécessaires sur le papier, mais qu’elles doivent impérativement être dotées des moyens matériels et financiers pour les exercer pleinement sur le terrain. Il a ainsi appelé de ses vœux une coordination accrue entre les différents mécanismes africains dédiés à la paix et à la sécurité, ainsi qu’un financement pérenne et durable des opérations de soutien à la paix.
Abordant le volet du développement, M. Attaf a réaffirmé la nécessité d’articuler étroitement sécurité et développement socio-économique. En faisant écho aux positions constantes du président Tebboune, il a rappelé que ce dernier qualifie le terrorisme de mal absolu et de fléau le plus dangereux, dans la mesure où il déstabilise la région, compromet les acquis du développement, fragilise les fondements de l’État et amplifie dramatiquement les crises humanitaires, une réalité particulièrement visible dans la région du Sahel.
Les mesures strictement militaires et sécuritaires demeurent indispensables, mais elles s’avèrent insuffisantes pour éradiquer les conditions permissives qui permettent au terrorisme de prospérer, a poursuivi le ministre. Il a ainsi exhorté les gouvernements à améliorer la gouvernance, à stimuler un développement inclusif, à ouvrir des perspectives d’avenir tangibles pour la jeunesse et à consolider la résilience des communautés locales, tout en réaffirmant que la sécurité et le développement doivent avancer de concert.
Dans cet esprit, il a plaidé pour l’établissement d’un partenariat renforcé et plus étroit entre l’Union africaine et les Nations unies afin de maximiser l’efficacité de la lutte antiterroriste.
En conclusion de son allocution sur une note résolument optimiste, M. Attaf a affirmé que l’Afrique n’acceptera jamais que son avenir demeure confisqué ou pris en otage par le terrorisme et l’extrémisme violent. Il a conclu en proclamant qu’en renforçant les institutions du continent, en les dotant des moyens requis, en s’attaquant aux racines profondes de la menace et en approfondissant les partenariats stratégiques, l’Afrique parviendra à inverser durablement le cours des choses et à remporter la victoire finale.