Terrifiants incendies à Jijel: Des terres ravagées, des morts et des blessés
Le nord-est de l’Algérie notamment la wilaya de Jijel traverse de nouveau des heures sombres depuis trois jours. Une violente série d’incendies de forêt a provoqué la mort d’au moins douze personnes et fait des dizaines de blessés. Face à l’avancée rapide des flammes attisées par des conditions météorologiques extrêmes, de nombreux habitants ont dû être d’urgence évacués de leurs habitations pour échapper aux brasiers.
Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, dépêché sur place, a détaillé le bilan humain tragique enregistré dans plusieurs préfectures. Cinq décès ont été dénombrés dans la wilaya de Jijel, quatre autres dans celle de Béjaïa, et trois supplémentaires dans la wilaya de Tizi Ouzou. Par ailleurs, les structures hospitalières locales, à l’instar de l’hôpital de Souk El Tenine à Béjaïa, ont accueilli des dizaines de victimes souffrant de brûlures, dont plusieurs se trouvent dans un état critique nécessitant une prise en charge intensive.
Les équipes de la Protection civile sont mobilisées sans relâche sur le terrain pour tenter de maîtriser les fronts de feu dont sept sont encore allumées ce jeudi 27 août. Au plus fort de la crise, près de soixante-neuf incendies simultanés restaient actifs, mobilisant d’importants moyens matériels et humains. Les wilayas de Béjaïa, avec dix-huit feux recensés, et de Jijel, avec sept foyers principaux, constituent les zones les plus affectées par cette catastrophe. Les répercussions logistiques de ces sinistres touchent lourdement les infrastructures de transport de la région.
La gendarmerie nationale a ainsi procédé à la fermeture de plusieurs axes routiers névralgiques reliant les wilayas de l’est, notamment à proximité de Béjaïa, Jijel et Sétif, afin d’assurer la sécurité publique et de faciliter l’intervention des secours.

Les sapeurs pompiers en action
Dans le même temps, les ministres de l’Intérieur et de la Santé se sont rendus sur place à Béjaïa pour superviser les opérations de secours, évaluer l’efficacité des dispositifs d’extinction et s’enquérir personnellement de l’état de santé des blessés hospitalisés. Les images relayées par les médias locaux témoignent de la panique des populations locales, cherchant refuge dans des bâtiments publics au milieu d’épais nuages de fumée noire. Le gouvernement a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire afin de déterminer si ces départs de feu répétés revêtent une origine criminelle.
Ce drame relance le débat persistant sur la vulnérabilité environnementale de l’Algérie face aux canicules estivales. Chaque année, le littoral et le nord du pays subissent des vagues d’incendies dévastatrices, amplifiées de manière dramatique par des épisodes de sécheresse prolongée et des vents violents, des facteurs directement corrélés aux dérèglements climatiques globaux.
Les mémoires restent marquées par le traumatisme de juillet 2023, au cours duquel plus de trente personnes avaient péri dans la seule région de Béjaïa, consumant des milliers d’hectares de terres agricoles et de massifs forestiers ainsi que des centaines d’habitations. Cette année encore, le bilan provisoire fait état de près de deux mille feux enregistrés à travers l’ensemble du territoire national dès le mois de juillet, affectant également des régions comme Annaba où des dizaines de riverains avaient dû être relogés en urgence. Face à la recrudescence de ces sinistres, les autorités algériennes maintiennent une vigilance accrue, les enquêtes menées aboutissant régulièrement à l’interpellation de suspects pour incendie volontaire.