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Nationale

Terres agricoles, le grand conflit du foncier

Terres agricoles, le grand conflit du foncier

Partagé entre optimisme et pessimisme, le président de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Allioui, a longuement évoqué, hier à Alger, les défis qui attendent le secteur de l’agriculture lequel, selon lui, demeure la clé qui permet le sauvetage de l’économie nationale, dépendante à ce jour des hydrocarbures malgré une chute catastrophique des prix de l’or noir
sur le marché mondial.

Au moins 36 000 affaires liées à des différends et à des violations de terrains agricoles traînent depuis plus de dix ans dans les tribunaux du pays.

C’est ce qu’a dévoilé hier le président de l’UNPA lors de son intervention au Forum d’El Moudjahid : « Ces milliers d’affaires ont entraîné des résultats catastrophiques non seulement sur le plan de la productivité agricole du pays, mais aussi sur le nombre de décès lors des conflits, parfois armés, ayant opposé plusieurs parties antagonistes.

Les causes qui reviennent souvent dans ces affaires sont les différends entre deux ou plusieurs parties portant sur les terrains agricoles et sur l’acte de propriété », a précisé le porte-parole des agriculteurs algériens. La situation est grave, d’après lui. « Aujourd’hui, 30% des agriculteurs n’ont pas d’acte de propriété.

C’est un chiffre qui fait peur et l’avenir de l’agriculteur, est incertain. Notre souhait c’est de régler la situation de ces agriculteurs et j’ai eu l’occasion de l’expliquer au Premier ministre Abdelmalek Sellal lors d’une rencontre jeudi passé », a affirmé Mohamed Allioui. Abordant le sujet de l’autosuffisance sur le plan de l’agriculture, le président de l’UNPA a paru moins optimiste sur ce registre. « Nous avons un immense pays qui a, actuellement, exploité uniquement 5 millions d’hectares pour l’agriculture. Ce chiffre est appelé à s’accroître si nous voulons arriver à l’autosuffisance alimentaire.

Mais pour cela il faut que l’Etat mette le paquet du moment que nous vivons une double crise, financière et économique. D’ailleurs, l’agriculture c’est le cheval de bataille du Gouvernement, c’est même la bataille du siècle après la chute des prix du pétrole », a précisé hier Mohamed Allioui.

Le représentant des 4 millions d’agriculteurs algériens a déclaré que, jeudi dernier, il a été reçu par le Premier ministre Abdelmalek Sellal pour débattre des multiples problèmes qui planent sur le secteur de l’agriculture mais surtout pour parler des solutions à apporter en urgence pour y remédier, face à la crise économique et financière qui rouge le pays.

« Le Premier ministre a pris d’importantes décisions et pour la première fois ces décisions vont droit à l’amélioration de la vie des agriculteurs, au développement de l’agriculture et surtout pour nettoyer le secteur des parasites », a expliqué Mohamed Allioui.

Parmi ces décisions, celle destinée aux 48 walis qui sont appelés, dorénavant, à tenir deux rencontres mensuelles avec les représentants des agriculteurs de leur wilaya, de ceux des directions des domaines agricoles (PDA), afin de débattre des problèmes qui concernent le secteur.

Aussi, les agriculteurs ont, désormais, le droit à une assurance totale, y compris le droit d’obtention de la carte Chifa tout comme ils ont le droit, depuis hier, à un crédit octroyé par la BADR dans le cadre d’une nouvelle banque destinée spécialement aux agriculteurs, la Caisse Nationale de Mutualité Agricole (CNMA). 

Trois millions d’agriculteurs bénéficient enfin de la carte Chifa

Selon le président de l’UNPA, le gouvernement algérien a donné son feu vert et à partir d’aujourd’hui pour la mise en application de la nouvelle banque dédiée spécialement aux aides pour les agriculteurs, la Caisse Nationale de Mutualité Agricole (CNMA). « C’est à partir de ce jour (hier), que la BADR et la CNMA octroient des crédits à long terme au profit des petits agriculteurs. Le but étant de les aider face aux multiples difficultés qu’ils rencontrent.

Désormais, les agriculteurs peuvent se rapprocher de la BADR pour bénéficier des facilitations en matière de financement de leurs projets, entre autres l’octroi d’équipements et de matériels destinés à creuser des puits », a-t-il dévoilé. Il a ajouté aussi que dès aujourd’hui trois millions d’agriculteurs auront enfin le droit à la sécurité sociale.

« J’ai une très bonne nouvelle à annoncer aux agriculteurs. Dès aujourd’hui, plus de trois millions d’agriculteurs auront droit à la carte chifa. C’est une première depuis l’indépendance. Enfin, l’agriculteur algérien existe au pays. Il était privé de l’ensemble de ses droits, pourtant des milliers d’entre eux ont été assassinés par les hordes terroristes à l’époque où le terrorisme faisait sa loi dans les monts, les villages et les zones rurales ».

Effacement des dettes : les agriculteurs veulent plus

En mars 2009, et suite à un décret signé par le président Bouteflika, des millions d’agriculteurs et d’éleveurs ont bénéficié d’un effacement de leurs dettes qui dépassent les 3 000 milliards de DA.

Pour le président de l’UNPA, Mohamed Allioui, cette décision importante prise par le président de la République avait permis de sauver le secteur de l’agriculteur d’une véritable crise. « Par cette décision, à cette époque, l’Etat n’avait d’autres choix que retourner la page et ouvrir une autre pour tenter de relancer le moteur de l’économie. Il faut rappeler qu’avant que les agriculteurs ne bénéficient de cette décision, les industriels, comme c’est le cas de l’entreprise Cosider, avaient bénéficié de la même démarche, pourtant ces entreprises n’avaient pas besoin d’une telle action.

L’entreprise Cosider avait bénéficié d’un effacement des dettes de 3 000 milliards de centimes, pourtant elle se trouvait dans une position idéale et en bonne performance économique », a expliqué le président de l’UNPA.

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