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Nationale

Tentatives avortées par les gendarmes : Les harraga commencent à larguer les amarres

Tentatives avortées par les gendarmes : Les harraga commencent  à larguer les amarres

Alors que la saison estivale tire à sa fin, les passeurs, eux, ont relancé leurs activités en organisant des « voyages » dans la clandestinité au profit de candidats à l’émigration qui rêvent de gagner l’Europe.

Au moins vingt-six candidats à l’émigration clandestine, qui avaient tenté, depuis le début du mois de septembre en cours, de quitter le pays pour les côtes espagnoles dans des embarcations de fortune ont été interpellés par les gendarmes de l’Ouest.

Avec plusieurs réseaux démantelés, des candidats arrêtés et des passeurs appréhendés, la lutte menée par les éléments de la Gendarmerie nationale pour contrer ce phénomène est implacable. Mais pourquoi ce retour en force à l’ouest du pays ? En effet, on enregistre des tentatives de départ en masse en ce début du mois.

Les réseaux qui contrôlent l’émigration clandestine semblent motivés cette année vu les moyens acquis par les passeurs. Selon des gendarmes enquêteurs, la multiplication des tentatives d’émigration clandestine dans les côtes oranaises et mostaganémoises est due à la stabilité du climat, très favorable pour l’organisation des voyages en clandestinité vers l’Europe.

D’autre part, il existe une forte collaboration entre les passeurs et quelques pêcheurs avides de gains faciles. Ces derniers n’hésitent pas à louer leurs embarcations pour transporter des centaines de candidats à l’émigration clandestine.

D’ailleurs, trois tentatives ont été avortées par les unités de la Gendarmerie nationale de Mostaganem en l’espace de trois jours seulement, au cours desquels 26 harraga, âgés entre 38 et 44 ans, ont été interpellés.

Le 3 septembre passé, agissant sur renseignements, les gendarmes de la compagnie territoriale de Mostaganem ont interpellé, à la plage Sonaktar, commune de Mostaganem, huit candidats à l’émigration clandestine qui s’apprêtaient à gagner les côtes espagnoles à bord d’une embarcation.

Le 4 septembre dernier, agissant également sur renseignements, les gendarmes de la section de sécurité et d’intervention (SSI) de Benabdelmalek-Ramdane ont interpellé, à hauteur de la plage El-Dekara, commune de Benabdelmalek-Ramdane, quinze personnes qui s’apprêtaient à gagner clandestinement les côtes espagnoles à bord d’une embarcation.

Quelques jours avant, plus exactement durant la nuit du 30 août passé, agissant toujours sur renseignements, les gendarmes de la brigade territoriale d’Ouled Boughalem ont récupéré trois embarcations à la plage Bahara et interpellé trois candidats à l’émigration clandestine, âgés de 38 ans, 39 et 44 ans.

Avisé, le procureur de la République près le tribunal de Sidi Ali a ordonné la mise en liberté des mis en cause après leur audition et le placement des embarcations à la fourrière municipale.

Septembre, mois de « harga » par excellence

Cap blanc, Chetaibou, La Madrague, les Sablettes, Bahara, El-Dekara, Sonaktar, voilà quelques noms de plages oranaises et mostaganémoises squattées par les nouveaux planificateurs de « harga », c’est-à-dire les jeunes chômeurs.

Agés entre 25 et 35 ans, ces derniers sont devenus les seuls maîtres à bord, voire de véritables pirates de la mer. Ils arrivent à organiser des départs illégaux vers l’Espagne et l’Italie pour les candidats à l’émigration clandestine. Jeunes, vieux, femmes et mineurs, tous souhaitent gagner le continent européen, avec la complicité de propriétaires de petits bateaux.

Chaque candidat à la « harga « doit, avant tout, payer comptant une somme allant de 6 à 14 millions de centimes, laquelle est encaissée par les passeurs, la plupart des jeunes sans emploi. Une somme qui sera partagée par la suite avec les passeurs, ceux qui organisent et planifient tout, et parfois les pêcheurs, les propriétaires de petits bateaux.

Comment les jeunes chômeurs sont-ils devenus de véritables planificateurs de « harga » dans ces villes côtières de l’ouest du pays ? Grâce aux enquêtes menées par les différentes brigades de la Gendarmerie nationale, les gendarmes ont localisé et identifié les cerveaux qui organisent l’émigration clandestine vers l’Europe avec des zodiacs ou autres embarcations de fortune.

Ces enquêtes ont montré que les vrais planificateurs sont presque tous de jeunes chômeurs. Ce sont eux qui organisent tout, à partir des plages d’Aïn Turk et de Mostaganem. Ils commencent par rassembler les candidats dans les quartiers populaires, une étape ultime qui permet de connaître leur nombre et leur âge.

Après cette étape, les passeurs collectent les millions de centimes payés par les candidats à l’émigration clandestine. Ces derniers seront entassés dans des embarcations de fortune pouvant contenir jusqu’à 10 personnes, et ce dans le but de rejoindre l’Europe.

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