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Nationale

Tensions sur l’huile de table et la semoule  : Les ménages à rude épreuve  

Tensions sur l’huile de table et la semoule  : Les ménages à rude épreuve  

Les Algériens terminent l’année difficilement. Les ménages font face à des situations des plus intenables en faisant leur marché. Les prix des produits alimentaires de large consommation continuent à connaître une augmentation vertigineuse, mettant à rude épreuve leur pouvoir d’achat. C’est la flambée ! Des mesures « urgentes » s’imposent    

 Tout le monde l’a certainement constaté. Les prix de certaines denrées alimentaires de large consommation dans la majorité des supérettes, des marchés et des grandes surfaces commerciales ont fortement augmenté ces derniers jours. Deux produits sont particulièrement concernés par ces hausses : les pâtes, sous toutes leurs formes, et les légumes secs. D’autres, tels que la semoule et l’huile de table, très prisés par les consommateurs, ont carrément disparu des étals des magasins. 

Les Algériens, qui continuent à espérer un retour à une situation plus ou moins stable, se trouvent confrontés à une situation difficile pour leur pouvoir d’achat. Même les classes dites moyennes peinent à joindre les deux bouts. Ces hausses de prix intempestives mettent à mal les petits budgets. Où est passé le ministère du Commerce en tant qu’autorité de régulation et de contrôle ? Et qu’en est-il des promesses de protéger le pouvoir d’achat ? Ces augmentations ont un impact négatif sur le pouvoir d’achat des Algériens, qui ont vécu une année 2022 difficile et s’attendent à une année 2023 particulièrement délicate. 

En faisant un tour dans les différents commerces, le Jeune Indépendant a relevé des prix particulièrement exorbitants : pois chiches à 250 DA, pois cassés à 150 DA, haricots à 350 DA, lentilles à 260 DA et les spaghettis à 75 DA ! Une situation qui inquiète au plus haut point les consommateurs. La crise du sachet de lait persiste, alors que le manque et la pénurie de certains produits à base de blé, tels que la semoule, la farine et l’huile de table, ont été constatés à travers tout le territoire national, sans oublier le poulet qui a pris son envol en atteignant des prix inimaginables. 

Sur les réseaux sociaux, les internautes algériens prennent leur mal en patience. Ils optent pour la dérision afin de surmonter la cherté de la vie à laquelle ils font face. Cependant, une autre catégorie d’internautes prend les choses au sérieux. Ils veulent réagir et appellent à boycotter plusieurs produits. 

Contacté par le Jeune Indépendant, El-Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), a confirmé cette augmentation des prix qui a touché, ces dernières semaines, la majorité des produits alimentaires, notamment les pâtes et les légumes secs. Il estime que cette situation intenable n’est pas uniquement due à la spéculation. Plusieurs facteurs en sont à l’origine. Selon lui, les causes de ce phénomène sont multiples. Il cite la pandémie de la Covid-19, qui a eu des conséquences désastreuses sur l’économie de tous les pays du monde, ainsi que le conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui a fortement impacté les prix des différents produits. 

Boulenouar évoque également les raisons saisonnières liées aux habitudes ou traditions de consommation. « Il faut savoir que la demande sur les pâtes et les légumes secs baisse en début d’année. Elle connaît des pics en septembre et octobre. Ce qui explique la hausse des prix de ces denrées », explique-t-il.

Il juge, par ailleurs, nécessaire de mettre en place un plan national d’accompagnement des producteurs agricoles pour éviter la pénurie et la hausse des prix mais également de renforcer le contrôle des prix. « Pour stabiliser les prix, il est essentiel d’augmenter la production et d’inonder le marché par toutes sortes de produits dans tous les secteurs, particulièrement les produits agricoles », recommande-t-il.

Pour sa part, l’Organisation de protection du consommateur et son environnement (APOCE) n’a pas caché sa colère quant à la situation chaotique du marché des produits alimentaires. Elle propose de plafonner la marge bénéficiaire afin d’éviter les hausses inexpliquées des prix. 

Elle a réclamé, comme mesure supplémentaire, l’annulation de la TVA sur certains produits essentiels tels que la tomate en conserve, le café, les pâtes et les légumes secs. En ce qui concerne la pénurie de l’huile de table, l’APOCE avance trois principales raisons. Il s’agit avant tout de la contrebande. Ensuite, le fait que le produit n’arrive pas jusqu’au détaillant, ou que ce dernier refuse de l’acquérir à cause de la facturation. Enfin, l’APOCE évoque la question de la consommation et du stockage à outrance. 

Dans un post publié sur sa page Facebook, l’APOCE a fait savoir que les opérateurs rassurent sur la disponibilité de l’huile de table, faisant même état d’un surplus de production. Mais sur le terrain, les citoyens se plaignent de la pénurie de l’huile de table dans plusieurs régions du pays. 

Sur ce point, certains opérateurs avancent la thèse d’une augmentation subite de la demande sur ces produits, venant de la part de spéculateurs étrangers, notamment de Tunisie, de Libye, de Mauritanie ou des pays du Sahel. Ces opérateurs ont constaté, dans certaines régions proches des frontières, une véritable frénésie dans les achats et un épuisement des stocks sur certains produits de large consommation.   



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