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Nationale

Tension en mer Rouge: Les effets sur l’économie algérienne

Tension en mer Rouge: Les effets sur l’économie algérienne

Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, a mis en garde contre l’« émergence d’un conflit régional aux conséquences incontrôlables » en mer Rouge et a appelé à « éviter de prendre toute mesure susceptible d’aggraver la tension au Yémen ».

Dans la première déclaration de l’Algérie en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, au cours d’un briefing sur les récents développements en mer Rouge, M. Bendjama a souligné que « le contexte régional actuel est marqué par des risques d’escalade», appelant à « éviter de prendre toute mesure susceptible d’aggraver la tension au Yémen lui-même et de saper les grands efforts déployés par l’envoyé spécial de l’ONU, qui a reçu le soutien des parties locales et régionales ».

Après avoir souligné l’engagement de l’Algérie en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales, le diplomate algérien a déclaré que « les Etats côtiers sont les premiers responsables de la sécurité maritime en mer Rouge », avertissant que « tout effort collectif qui ne compterait pas sur la participation active de ces Etats est voué à l’échec ».

Il a estimé que ces développements en mer Rouge « ont des conséquences majeures sur la sécurité économique et maritime de la région », ajoutant que « la mer Rouge constitue un corridor essentiel pour le commerce mondial, est responsable d’environ 15 % des activités maritimes mondiales et protège la navigation maritime dans la région ».

Par ailleurs, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU a évoqué la création du Conseil des Etats du Golfe et d’Afrique sur la côte de la mer Rouge et le golfe d’Aden comme un « cadre au service de la sécurité et des intérêts économiques dans cette région maritime stratégique ». Il a appelé, à cet effet, à « remédier aux causes profondes des entraves à la liberté maritime afin d’aboutir à une réponse globale ».

Pour rappel, en réaction au carnage sioniste dans la bande de Gaza, les Houthis du Yémen attaquent depuis le 19 novembre dernier, en Mer Rouge et dans le golfe d’Aden, les navires ayant un lien avec Israël. Ces attaques ont contraint de nombreuses compagnies mondiales à suspendre le passage de leurs navires par le canal de Suez, optant pour un détour par l’Afrique du Sud. Cette situation a fait flamber les tarifs du fret maritime avec comme premier effet une poussée inflationniste mondiale. Selon des sources onusiennes, environ 18 transporteurs maritimes ont déjà décidé de dérouter leurs cargos autour de l’Afrique du Sud, pour éviter les risques d’attaque en mer Rouge.

L’économie algérienne impactée ?

Un mois plus tard, les Etats-Unis ont annoncé la mise en place d’une force multinationale composée d’une dizaine de pays pour sécuriser la navigation maritime en mer Rouge. Cette force militaire est d’ores et déjà opérationnelle, mais les armateurs restent prudents et évitent tout risque.

L’Algérie est concernée de près par ces tensions, avec l’importation de produits en provenance de la Chine, qui est son principal fournisseur. Cette situation risque d’impacter lourdement sur les prix des matières premières et des produits finis puisque tous les armateurs ont décidé de relever leurs tarifs pour les traversées entre les ports asiatiques et méditerranéens. En 2020, l’Algérie a vécu une situation identique avec les conséquences de la crise sanitaire due à l’épidémie du Covid-19.

Sur ces lignes, les tarifs ont doublé. Le transport d’un conteneur de 40 pieds entre l’Asie et la Méditerranée occidentale coûte désormais 6 000 dollars, alors qu’il coûtait 3 000 dollars avant les attaques des Houthis. Le conteneur de 40 pieds coûte 6 200 dollars au lieu de 3 200.

Le leader mondial du fret maritime de marchandises, l’italo-suisse MSC, a décidé d’appliquer un surcoût de 1 000 à 2 000 dollars par conteneur pour les traversées entre la Méditerranée et la péninsule Arabique, l’Afrique de l’Est ou le sous-continent indien. Une surcharge pour compenser les frais du long détour par l’Atlantique.



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