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Tel Aviv cherche les alibis pour continuer son massacre

Tel Aviv cherche les alibis pour continuer son massacre

Palestiniens et Israéliens se sont mutuellement accusés d’avoir rompu une trêve d’une durée de sept heures censée permettre l’acheminement d’une aide humanitaire dans la bande de Gaza dès son entrée en vigueur hier.

Les autorités palestiniennes de Gaza ont accusé l’armée israélienne d’avoir bombardé un camp de réfugiés de la ville de Gaza, tuant une fillette de huit ans et blessant 29 personnes, tandis qu’Israël affirmait que quatre roquettes au moins avaient été tirées sur son territoire à partir de Gaza. Achraf al Kidra, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, a précisé que la frappe avait touché une maison du camp de réfugié de Chati et qu’elle s’était produite après le début de la trêve, qui a commencé à 10h00 (07h00 GMT).

Une porte-parole de l’armée d’occupation a indiqué que des vérifications étaient en cours. Une sorte de faut fuyant ! Elle a précisé que sur les quatre roquettes palestiniennes tirées après le début de la trêve, deux avaient touché le territoire israélien sans faire de victimes ni de dégâts. La «réponse» israélienne à ses prétendus tirs de roquettes est malgré tout, très disproportionnée et sans commune mesure avec l’effet quasi nul des tirs de roquettes.

La «soi-disant» pause annoncée par Israël vise à faciliter l’acheminement d’une aide humanitaire à la population de Gaza et permettre à une partie des dizaines de milliers d’habitants chassés par quatre semaines de combats de rentrer chez eux.
Cette trêve, accueillie avec scepticisme par le Hamas, intervient après les critiques sévères subies par Israël en raison du bombardement d’une école gérée par l’UNRWA, l’agence de l’Onu chargée de l’aide aux réfugiés palestiniens, qui a fait dix morts dimanche à Rafah.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dénoncé un acte criminel. Le département d’Etat américain s’est dit «horrifié». En France, François Hollande a dénoncé un «bombardement inadmissible». La France «exige» un cessez-le-feu réel entre Israël et le Hamas, a dit le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. L’armée israélienne a annoncé que la trêve courrait de 10h00 à 17h00 (07h00-14h00 GMT) mais qu’elle riposterait en cas d’attaque.

En outre, elle ne s’appliquera pas dans l’est de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, la seule zone urbaine de l’enclave où chars et soldats israéliens sont toujours présents, après s’être retirés ou redéployés vers les limites du territoire au cours du week-end. Par ailleurs, hier avant l’aube, un chef militaire du Djihad islamique, Danyal Mansour, est tombé en martyr dans le bombardement aérien de sa maison. De nombreux déplacés ont trouvé refuge dans les abris gérés par l’Onu, dont l’école de Rafah où dix personnes ont péri dimanche dans un bombardement. C’est la troisième attaque d’une école gérée par l’Onu en dix jours.

Tel Aviv a trouvé la parade pour excuser l’inexcusable. L’armée israélienne a annoncé avoir «visé trois terroristes djihadistes qui se trouvaient sur une moto aux abords d’une école de l’UNRWA à Rafah» (sic). Accusant de nouveau le Hamas d’avoir transformé les installations gérées par l’Onu en «foyers terroristes», le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dans un communiqué diffusé dans la nuit de dimanche à lundi que «le Hamas a intérêt à ce que les habitants de Gaza souffrent, pensant que le monde imputera leurs souffrances à Israël».

Le Hamas, dont des représentants sont en Egypte pour des négociations de cessez-le-feu bien compromises en l’absence d’Israël, a indiqué que la trêve d’hier était un coup médiatique. Son porte-parole Sami Abou Zouhri a appelé la population gazaouie à «rester prudente». Au Caire, une première réunion formelle s’est tenue hier avec les représentants du Hamas et du Djihad islamique. Les discussions ont porté sur les exigences posées dimanche par les groupes palestiniens. Outre l’assouplissement du blocus israélo-égyptien sur Gaza, ils réclament le départ des troupes israéliennes de la bande de Gaza, une aide à la reconstruction et la libération de prisonniers.

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