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Nationale

Tebboune remanie le gouvernement: Un remodelage et des questions

Tebboune remanie le gouvernement:  Un remodelage et des questions

Il était dans l’air depuis quelques semaines. Les observateurs les plus avertis s’attendaient à un lifting ou remodelage de l’exécutif après quelques mois d’exercice. Les raisons évoquées étaient nombreuses, bien que cette équipe souffrait, depuis sa nomination en janvier dernier, d’handicaps majeurs, dont la plus importante est sans doute, son caractère d’urgence.

Ce gouvernement Djerad 1 est né, faut-il le rappeler, dans une conjoncture particulière, marquée par un hirak obstiné et des élections présidentielles tumultueuses.
De plus, la pandémie du coronavirus et ses répercussions économiques et sociales a mis cette équipe face à des réalités inattendues. 
Cependant, il faut dire que les spéculations sur les départs de certains ministres, très critiqués, ont été balayées avant hier par le président Abdelmadjid Tebboune. C’est son premier remaniement même s’il ne semble pas donner lieu, dans l’immédiat, à une lecture quant au recours à une stratégie nouvelle induite par la situation sanitaire qui aurait nécessité des portefeuilles et des hommes nouveaux.
Puisque, le seul départ majeur d’un ministre, est celui d’Abderrahmane Raouya, qui dirigeait le département des Finances.
Les autres ministères de souveraineté n’ont pas été touchés, comme les Affaires étrangères, la Justice ou l’intérieur. Ce qui donne à penser le président Tebboune maintient le cap.

Le limogeage de Raouya soulève des questions chez les économistes. Il semble que le président reproche à ce dernier son incapacité à sortir de l’orthodoxie financière et fiscale et à proposer une gestion plus souple et plus moderniste.
Son remplaçant Aymen Benabderhmane n’est autre que le gouverneur de la Banque d’Algérie, un jeune spécialiste des affaires monétaires, qui a eu à gérer la situation délicate de la monnaie nationale face à l’inflation et aux dérives de nos importations.

Autres départs marquants : De l’agriculture et du développement rural, Cherif Omari, qui avait été nommé déjà par l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui. Tout comme celui de Hacene Mermouri, un personnage des plus effacés dans le département de Tourisme et de l’artisanat. Le professeur Chameseddine Chitour quitte le portefeuille de l’Enseignement supérieur, au profit d’Abdelbaki Benziane, pour se voir proposer un nouveau département, celui de la transition énergétique et des Energies renouvelables, qui est son domaine de prédilection. Apparemment, son départ est lié à des pressions de la part des syndicats des enseignants.
Mohamed Arkab perd l’Energie, au profit d’un enfant du secteur, Abdelmadjid Attar, et se voit relégué au ministère des Mines, découplé des Industries, qui reste sous la coupe de Ferhat Ait Ali Braham.

Il est à noter que lors de ce remaniement, le président Tebboune a répondu aux souhaits de son Premier ministre, avec la création du portefeuille de ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la prospective, confié à l’économiste Mohamed Chérif Belmihoub, celui des micro- entreprises qui revient à Nassim Diafat et celui de l’économie de la Connaissance et des start-ups, affecté à Yacine El Mahdi Ouahid.
Ces secteurs devraient être le moteur de la croissance recherchée par les autorités selon un modèle libéré des schémas classiques. Il faut noter que ce gouvernement reste toujours marqué par son caractère pléthorique, avec 42 membres, un nombre qui tranche avec les discours de rigueur et de fermeté dans la gestion des ressources budgétaires du pays.

Cependant, il est évident que ce gouvernement risque de ne pas aller plus loin, étant donné qu’il va survivre probablement au référendum sur la révision constitutionnelle, mais sans doute pas aux prochaines élections législatives, attendues l’année prochaine. 

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