Tebboune refuse de participer à un sommet au Caire sur la question palestinienne
Le président de la république Abdelmadjid Tebboune a refusé de participer à un sommet international sur la question palestinienne qui devrait se tenir samedi 21 octobre au Caire sur une initiative du président égyptien Abdelfatah Al-Sissi. C’est ce qu’a appris vendredi Le Jeune Indépendant de source bien informée.
La lettre d’’invitation a été transmise au président de la république via l’ambassadeur d’Egypte en Algérie M. Mokhtar Toufik Ourida. Le diplomate égyptien a été reçu lundi par le ministre des affaires étrangères Ahmed Attaf.
« L’Algérie à travers son Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu une invitation de Son Excellence le Président de la République Arabe d’Egypte, M. Abdel Fattah El-Sisi, à participer au « Sommet pour la paix » , prévu au Caire samedi 21 octobre 2023, avec la participation de certains pays arabes et occidentaux et ayant pour objet la situation en Palestine et précisément dans la bande de Ghaza, a précisé cette source
« Le Président Abdelmadjid Tebboune qui a remercié le Président égyptien pour cette invitation lui a communiqué sa décision de ne pas y participer, compte tenu de la situation humanitaire particulièrement critique dans la bande de Ghaza, déjà soumise à un blocus israélien et des attaques et agressions criminelles subies par nos frères et sœurs palestiniens dans une totale impunité », a fait observer la même source.
La même source a fait remarquer que le Président de la République a également souligné le rejet par l’Algérie de la politique du double standard, appliquée par la communauté internationale en ce qui concerne la cause palestinienne, en réaffirmant l’entière solidarité du gouvernement et du peuple algériens avec le peuple palestinien frère.
Des sources égyptiennes bien informées ont indiqué au Jeune Indépendant que « la présidence égyptienne a envoyé une invitation officielle à de nombreux pays concernés par la question palestinienne, notamment les États-Unis, la Chine, la Russie, la Turquie et l’Union européenne, en plus des pays arabes concernés par la question palestinienne », ajoutant s’attendre « à ce que de nombreuses personnalités participent au sommet du Caire »
Des dirigeants de pays arabes notamment de l’Algérie, la Jordanie, la Palestine, des États du Golfe, des représentants d’organisations internationales et régionales, dont les Nations Unie et la Ligue arabe ont également été conviés à cette rencontre au moment où les civils palestiniens dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie subissent un génocide depuis le 7 octobre 2023 qui a fait quelque 4000 morts et 13 000 blessés et un millier de disparus sous les décombres.
Selon une source algérienne de haut niveau, l’Algérie refuse de participer à ce sommet consacré à l’avenir de la question palestinienne parce qu’elle estime que l’urgence n’est pas de statuer ou de débattre sur le devenir de cette cause vieille de 76 ans. Pour l’Algérie l’urgence est d’abord dans l’arrêt immédiat de l’horrible agression israélienne contre les populations civiles de Ghaza, de garantir l’accès des aides humanitaires et la levée définitive du blocus israélien qui dure depuis 16 ans. Elle réclame l’approvisionnement en urgence des hôpitaux à Ghaza afin de leur permettre de fonctionner pleinement et sauver des vies humaines notamment les blessés graves menacés de mort.
Ces étapes urgentes doivent être suivies en parallèle par rétablissement de l’électricité et de l’approvisionnement en carburant de toute la bande de Ghaza. L’Algérie s’oppose aussi à l’idée avancée par Washington de déplacer quelque 1,2 millions d’habitants du Nord de Ghaza soit la moitié de la population estimée à 2,4 millions d’habitants vers le Sinaï égyptien encore moins souscrire à la proposition du président égyptien de les transférer vers le désert du Néguev dans les territoires occupés par Israël.
«La vraie question qui se pose à la communauté internationale est le rétablissement des palestiniens dans leurs droits inaliénables de vivre librement dans la terre qui est la leur dans les frontières d’avant juin 1967 avec comme capitale Al-Qods orientale », a ajouté la même source. Selon elle, l’Algérie « ne saurait s’engager dans des voies qui visent à contraindre les palestiniens à davantage de concessions injustes ou cautionner des solutions de replâtrages qui ne font qu’occulter le problème de l’occupation sioniste, qui est par essence le vrai danger pour la paix au Proche-Orient et dans le monde arabe ».
L’Algérie a été invitée à ce sommet compte tenu du fait que « l’Égypte et les puissances internationales considèrent qu’elle dispose d’une influence sur les factions palestiniennes suite à sa prouesse diplomatique d’avoir pu réunir, en octobre 2022 la totalité des mouvements palestiniens autour d’une plate-forme de réconciliation baptisée l’accord inter-palestinien d’Alger », poursuit le même haut responsable. Il s’agissait alors d’une première dans les annales des relations entre les factions palestiniennes d’une part notamment le Hamas, le Fatah et le Jihad islamique. et l’Algérie et les mouvements palestiniens d’autre part.
Pour ce responsable, l’Algérie s’en tient à sa position de principe répétée à plusieurs occasions et qui est également endossée par les mouvements de la résistance palestinienne et l’ensemble des palestiniens dans les territoires occupés et ceux de la diaspora.
Des sources diplomatiques arabes accordent peu de chances de réussite à ce sommet qui ne tient pas compte des revendications légitimes des palestiniens mais s’engage dans des arrangements qui contrarient la situation dans le monde arabe et prolonge le conflit.