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Nationale

Tebboune face à des défis structurels

Tebboune face  à des défis structurels

Pour sortir du populisme et de l’immobilisme, le nouveau gouvernement Tebboune, s’apprête à décliner les grands axes de son programme économique à vocation sociale. Le bâtiment, la santé et l’éducation nationale auront la part du lion.

Le plan d’action du Premier ministre, qu’il s’apprête à présenter devant la nouvelle Assemblée nationale le 18 juin prochain pour relancer une économie en panne et désarticulée, nécessite plus d’investissements étrangers (IDE) et plus de souplesse dans les lois du pays et moins de bureaucratie pour apporter un tant soit peu une éclaircie.

Or, l’Algérie n’a ni l’un ni l’autre. En 2016, les IDE en Algérie ont atteint 1, 6 milliards de dollars alors que l’Égypte, qui sort d’une terrible crise politique, a réussi à faire venir 8 milliards de dollars. Même le RND, connu pourtant pour ses prises de position parfois chauvines, appelle « à une accélération de la diversification de l’économie nationale et des exportations ».

Selon le parti de Ahmed Ouyahia, la concrétisation de cette diversification « passe par un allègement et une décentralisation des procédures liées à l’acte d’investissement dans tous les secteurs, ainsi que par une carte politique d’orientation spatiale et sectorielle pour garantir un développement harmonieux et bien réparti à travers tout le pays ».

Cette nouvelle approche économique du parti de l’orthodoxe Ouyahia repose sur un constant bien établi lequel se caractérise par une fuite successive et un populisme qui risquent à court terme de mettre à mal tous les efforts macroéconomiques entrepris jusque-là.

Le très célèbre think tank américain Global Risk Insights (GRI) indique même dans un récent rapport publié récemment que « l’Algérie a tardé » à faire des réformes énergétiques, ce qui va provoquer de graves troubles sociaux dans l’un des derniers bastions de stabilité en Afrique du Nord ».

Plus loin il ajouté que le principal obstacle à l’investissement étranger « reste l’exigence nationale d’actionnariat de l’Algérie », qui stipule que la Sonatrach doit détenir 51% de tous les projets dans le pays : « En 2014, seulement 4 des 31 blocs ont été décernés.

La vente aux enchères prévue pour la fin de 2015 a été annulée », dit-il. Enfin, les textes qui encadrent l’économie nationale sont aujourd’hui désuets ou repoussants comme la loi dite 51/49 sur l’investissement qui freine considérablement les porteurs de projets étrangers à venir investir en Algérie.

Et, faute d’investissements, « l’Algérie court vers la fin de sa production pétrolière, car le pétrole ne suffira même plus à la demande interne, ce qui provoquera l’effondrement de l’économie algérienne », ajoute Global Risk Insights. L’Algérie va elle-même manquer de pétrole dans un avenir proche, pour ses propres besoins internes, selon ce rapport. 

La preuve : la production du champ de Hassi Messaoud, ainsi que d’autres grands champs matures, a progressivement diminué, fait remarquer l’étude : « La production de pétrole et de gaz a commencé à stagner au début des années 2000, alors que la consommation intérieure a augmenté régulièrement », pouvait-on lire dans son analyse.

« Il faudrait 100 milliards de dollars pour moderniser et étendre sa vaste infrastructure énergétique, un montant que l’Algérie n’a pas ! « .

Selon cette étude le pouvoir algérien, faute de planification et de clairvoyance, n’a pas vu venir une situation pourtant bien prévisible.

La situation est telle que l’Algérie ne peut même plus investir dans l’exploitation d’autres gisements faute de moyens financiers : « Maintenant, le gouvernement dit que l’Algérie devra injecter plus de 100 milliards de dollars pour moderniser et étendre ses vastes infrastructures énergétiques, en affectant 46 milliards de dollars aux champs pétroliers existants. Ce qui est plus troublant dans ce plan, c’est que l’Algérie envisage de financer plus de 90% de ce plan » s’étonne cette ONG.

Même si aujourd’hui l’Algérie maîtrise tous les indicateurs macro-économiques, et ce, en dépit de la baisse des réserves de change (100 milliards de dollars), la dépendance persistante au pétrole qui représente 96 % des exportations de l’Algérie, 60 % des recettes budgétaires de l’État et près de la moitié du PIB du pays, la situation demeure toujours inquiétante si les pouvoirs publics ne prennent pas le taureau par les cornes.

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