Tebboune exige de la France un « respect total de l’Etat algérien »
Le président de la république Abdelmadjid Tebboune a exigé de de la France « un respect total de l’Etat algérien », soulignant à l’adresse de son homologue français Emmanuel Macron que « l’histoire ne peut pas être falsifiée ».
Au cours de la traditionnelle rencontre avec la presse, le président Tebboune diffusée dimanche que le retour de l’ambassadeur Antar Daoud à son poste à Paris « est conditionné au respect de l’Algérie, le respect total de l’Etat algérien ». français.
Interrogé pour savoir si la fermeture de l’espace aérien aux appareils militaires est « définitive », M. Tebboune a expliqué que « dans les relations diplomatiques, il n’y a rien d’irréversible ». Mais « actuellement nous sommes agressés dans notre chair, notre histoire, dans nos martyrs, nous nous défendons comme nous pouvons », a-t-il dit.
« Les relations avec la France relèvent de la responsabilité du peuple et de l’histoire. L’histoire ne peut pas être falsifiée », a continué M. Tebboune, en réaction aux propos du président français Emmanuel Macron.
« L’Etat est debout avec tous ses piliers, avec sa puissance, la puissance de son armée et son vaillant peuple », a poursuivi le président Tebboune, également chef suprême des forces armées et ministre de la Défense.
Pour « le reste, il s’agit de leurs affaires internes », a-t-il dit dans une allusion à de possibles visées « électoralistes » des propos critiques de M. Macron. « La France doit oublier que l’Algérie a été un jour une colonie française ».
« Mensonge du siècle »
S’agissant du chiffre fournis par le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal affirmant que seulement 22 obligations de quitter le territoire ont été effectivement appliquées par l’Algérie pour 7731 algériens ayant fait de décisions de la justice entre janvier et juillet 2021, Tebboune a affirmé qu’il s’agit « du mensonge du siècle » et que les chiffres réels ne dépassent pas la centaine.
M. Macron a déclenché la colère d’Alger après des propos, rapportés samedi 2 octobre par le journal français Le Monde, accusant le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » en servant à son peuple une « histoire officielle » qui « ne s’appuie pas sur des vérités ».
Dans la journée du 2 octobre, Alger a décidé le rappel « immédiat » de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, et, comme autre mesure de rétorsions, a interdit, dans la foulée, le survol de son territoire aux avions militaires français de l’opération Barkhane au Sahel.
Dans un communiqué la présidence de la république algérienne a exprimé son rejet « catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures ».
« Les propos en question portent une atteinte intolérable à la mémoire des 5.630.000 valeureux martyrs qui ont sacrifié leurs vies dans leur résistance héroïque à l’invasion coloniale française ainsi que dans la Glorieuse Révolution de libération nationale », ajoute la Présidence de la République, estimant que « les crimes de la France coloniale en Algérie sont innombrables et répondent aux définitions les plus exigeantes du génocide contre l’humanité. Ces crimes qui ne sont pas prescriptibles, ne sauraient faire l’objet d’une manipulation des faits et d’interprétations atténuantes ».
Le chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra, en déplacement au Mali mardi, a imputé à M. Macron une « faillite mémorielle », affirmant la nécessité pour certains dirigeants étrangers de « décoloniser leur propre histoire ».
En Algérie, beaucoup de commentateurs avaient interprété les propos de M. Macron comme ayant un objectif « électoraliste », à l’approche de la présidentielle d’avril 2022.
Cette question est soulevée, ces jours-ci, pour servir d’alibi politique et de carte électorale dans la course à la présidentielle de 2022 en France, a indiqué au Jeune Indépendant une source médiatique.
« Nos confrères français qu’ils soient dans les appareils judiciaires ou diplomatiques savent que l’établissement d’un laisser-passer consulaire au profit d’une personne expulsée doit d’abord faire l’objet d’une identification en respect de la réglementation au sein de l’Union européenne et les lois algérienne et également dans le cadre des accords bilatéraux entre Alger et Paris notamment les instruments d’extradition » a ajouté la même source.