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Nationale

Tebboune et Benflis sur la même longueur d’ondes

Tebboune et Benflis sur la même longueur d’ondes

Les sujets du roi Mohamed VI scrutent avec une certaine nervosité la question de la réouverture des frontières avec l’Algérie et le débat sur ce sujet engagé par les cinq candidats à la magistrature suprême. Après avoir fait des choux gras des dernières déclarations de l’ex-SG du FLN, Amar Saâdani, sur cette question, ils seront très refroidis par les positions des deux grands favoris de la présidentielle qui ont, tous les deux, conditionné la réouverture des frontières par l’examen de tous les contentieux entre les deux parties depuis plus de vingt-cinq ans.

Les deux hyper favoris à la présidentielle, Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, continuent leur mano à mano médiatique en prévision du démarrage de la campagne électorale, qui s’ouvre dans quatre jours. Cette fois-ci il s’agit d’une affaire relevant de la politique étrangère d’une extrême importance dont traitent les deux ex-Premiers ministre de Bouteflika, l’ouverture des frontières avec le Maroc et en filigrane, la question sahraouie. Après Ali Benflis, qui s’est déjà prononcé sur ce sujet c’est au tour de Abdelmadjid Tebboune d’aborder les relations avec le Maroc. Tebboune a fermé la porte à toute réouverture des frontières avec le royaume en cas de victoire au scrutin du 12 décembre : « La question des frontières n’a aucun lien avec le Sahara occidental. Les frontières ont été fermées le jour où le peuple algérien a été humilié », a-t-il précisé dans une interview accordée à la chaîne El Bilad.

Sur le différend du Sahara occidental, Tebboune s’est montré très ferme : « C’est un dossier de décolonisation qui doit être réglé en accordant le droit à l’autodétermination » pour savoir si les sahraouis « veulent être des Marocains (…) ou libres », a-t-il estimé. Fidèle à la position défendue par l’Algérie depuis plus de quatre décennies, Tebboune a qualifié la présence du Maroc au Sahara occidental d’« occupation », pointant indirectement les accords de Madrid de novembre 1975 sur le partage du territoire entre Rabat et Nouakchott : « On ne partage pas sa patrie mais le butin. Et après le retrait de la Mauritanie, le Maroc a récupéré ce qu’on lui avait donné », a expliqué Tebboune. Pour rappel, Benflis a abordé avec une certaine prudence la problématique des frontières terrestres avec le Maroc, fermées depuis 1994 :« La question doit être posée dans le cadre d’un dossier complet » entre les deux pays, a répondu l’ancien chef de gouvernement, rappelant que les Algériens « ne sont ni les ennemis du Maroc, ni les adversaires du peuple marocain. Ce sont nos frères et nos voisins mais quand il y a des dossiers délicats et des divergences, il faut ouvrir le dialogue et se rencontrer en vue de trouver des solutions. Il faut se rapprocher du Maroc et de la Tunisie au lieu de les soupçonner d’être des ennemis » dit-il.

Les propos de Benflis sont conformes à la position défendue par l’Algérie, qui conditionne toujours le retour à l’ordre qui prévalait avant août 1994 à un fort engagement du royaume dans la lutte contre la contrebande et le trafic de drogue.

En attendant la position des autres candidats sur la question des frontières, qui ne devrait pas s’éloigner de celle des deux autres cités plus haut, celle-ci ne devrait pas prendre autant de place ou de temps dans la campagne électorale. Seul territoire du continent africain au statut postcolonial non réglé depuis le retrait de l’Espagne en 1975, il est contrôlé à 80 % par le Maroc, qui rejette toute autre solution que l’autonomie sous sa souveraineté, et à 20 % par le Polisario, qui revendique l’indépendance de la région. Alors que l’ONU préconise un référendum d’autodétermination.

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